Un sondage Léger révèle que 87 % des Québécois•es reconnaissent que les personnes vivant avec l'obésité font face à des préjugés ou à de la discrimination
EnglishPourtant, seulement 55 % estiment qu'ils ont un impact négatif sur la qualité des soins de santé reçus
MONTRÉAL, le 16 juin 2026 /CNW/ - Les préjugés liés à l'obésité demeurent largement répandus au Québec. Selon un récent sondage Léger réalisé pour Parlons Obésité, 87 % des Québécois•es estiment que les personnes vivant avec l'obésité font face à des préjugés ou à de la discrimination au moins à l'occasion, dont 52 % estiment que cette situation survient souvent.
Cette reconnaissance est importante, mais elle révèle aussi un angle mort majeur. Alors que 93 % des répondants du sondage Léger considèrent que les préjugés liés à l'obésité affectent la santé mentale et l'estime de soi des personnes concernées, 55 % estiment que ces préjugés ont aussi un impact négatif sur la qualité des soins de santé reçus. Au total, 63 % croient que les préjugés influencent les soins, mais 18 % estiment qu'ils n'ont aucun impact et 20 % ne sont pas en mesure de se prononcer.
« Dans ma pratique et dans mes échanges quotidiens avec des personnes vivant avec l'obésité, j'entends encore trop souvent des récits de honte, de malaise et de consultations où elles ne se sentent pas pleinement comprises. Il faut voir là une lacune systémique : sans repères clairs, sans formation suffisante et sans cadre adapté, même les meilleures intentions peuvent peiner à se traduire en soins réellement adaptés. Le sondage montre que la population reconnaît les préjugés, mais sur le terrain, on voit tous les jours à quel point cette stigmatisation peut fragiliser la relation de soins et décourager des personnes de demander de l'aide », affirme Tammy Cadieux, infirmière clinicienne et présidente de Parlons Obésité.
Une meilleure reconnaissance de l'obésité comme maladie chronique, mais une compréhension encore incomplète
Le sondage Léger montre qu'une majorité de Québécois•es (59 %) considère l'obésité comme une maladie chronique. Toutefois, près d'un tiers (29 %) ne partage toujours pas cette perception. Cette compréhension influence directement les attitudes à l'égard des soins : 68 % des Québécois•es estiment que les personnes vivant avec l'obésité devraient bénéficier d'un niveau de soins comparable à celui offert pour d'autres maladies chroniques. Cette proportion grimpe à 83 % chez les répondants qui reconnaissent l'obésité comme une maladie chronique, mais chute à 48 % chez ceux qui ne la considèrent pas ainsi.
« Les résultats du sondage renforcent ce que l'on constate en pratique clinique : la façon dont on comprend l'obésité a un impact direct sur la manière dont les personnes vivant avec cette maladie sont traitées et soutenues. L'obésité est une maladie chronique complexe influencée par une combinaison de facteurs biologiques, environnementaux, psychologiques et sociaux. Reconnaître l'obésité comme une maladie chronique permet de déplacer la conversation du blâme et de la stigmatisation vers des soins fondés sur des données probantes, ce qui aide les patients à accéder au soutien, aux ressources et aux traitements dont ils ont besoin pour améliorer leur santé et leur bien-être », souligne le Dr Alexandro Zarruk, interniste et spécialiste en dysrégulation métabolique.
Le système de santé : un angle mort important dans la perception du public
Les répondants du sondage Léger identifient plusieurs milieux où les personnes vivant avec l'obésité sont susceptibles d'être jugées ou discriminées, notamment : les réseaux sociaux (67 %), les établissements d'enseignement (62 %), les activités sportives et centres d'entraînement (58 %), les milieux de travail (55 %) et les relations personnelles ou familiales (41 %).
De plus, 38 % des répondants du sondage Léger estiment que ces préjugés sont susceptibles de se manifester dans le système de santé, et 41 % dans les relations personnelles ou familiales. C'est précisément dans ces milieux que l'écart entre la perception du public et le vécu des personnes vivant avec la maladie apparaît le plus marqué.
En mettant en parallèle les données du sondage Léger, qui mesure la perception du grand public québécois, et sa consultation communautaire « Vivre avec l'obésité au Québec » auprès de personnes vivant avec l'obésité, l'organisation Parlons Obésité a également souhaité donner la parole aux Québécois•es vivant avec l'obésité afin de mieux comprendre leur réalité au quotidien.
Ensemble, ces deux démarches permettent de comparer ce que le public perçoit de la stigmatisation liée à l'obésité et ce que les personnes concernées disent vivre concrètement.
Ce que les personnes vivant avec l'obésité vivent concrètement au quotidien
La consultation communautaire dessine un portrait un peu différent de celui que la population générale perçoit.
En effet, les contextes les plus souvent mentionnés où les personnes vivant avec l'obésité disent avoir subi du jugement ou de la discrimination sont les espaces publics (59 %), la famille (59 %), le milieu de la santé (57 %), le travail (43 %), les amis et proches (43 %) et les réseaux sociaux (40 %).
Également, 63 % rapportent qu'un médecin a déjà attribué un problème de santé à leur poids sans autre vérification et 44 % disent avoir évité ou reporté un rendez-vous médical par crainte d'être jugées. De plus, 41 % des personnes vivant avec l'obésité affirment que la stigmatisation anticipée rend difficile l'accès aux soins de santé.
« Les données montrent une chose importante : le public reconnaît les préjugés, mais pour les personnes qui vivent avec l'obésité, leurs effets sont souvent beaucoup plus profonds. En tant que personne concernée, je sais qu'une meilleure compréhension de la maladie peut aider à se sentir moins coupable, moins seule et à entreprendre son parcours de soins avec davantage de confiance. La population est prête : il faut maintenant transformer cette prise de conscience en gestes concrets pour mieux outiller les personnes concernées et poursuivre la déstigmatisation », affirme Maude Picotte, personne vivant avec l'obésité et directrice des communications et de la mobilisation communautaire de Parlons Obésité.
D'autres écarts importants dans la perception
Les impacts psychologiques des préjugés font l'objet d'un large consensus : 93 % des Québécois•es estiment qu'ils nuisent à la santé mentale et à l'estime de soi. Le vécu documenté par Parlons Obésité montre que ces effets se traduisent concrètement par de l'évitement d'activités (80 %), de l'anxiété (58 %), de l'isolement social (54 %) et de la dépression (38 %).
Les deux démarches convergent vers un même constat : la population québécoise reconnaît majoritairement l'obésité comme une maladie chronique et admet largement l'existence de préjugés, mais elle sous-estime encore la manière dont la stigmatisation se manifeste dans le système de santé et affecte concrètement la qualité des soins reçus. Ce qui est souhaité, c'est un changement sociétal qui mise à la fois sur l'éducation, sur la lutte contre les préjugés et sur une meilleure capacité des personnes vivant avec l'obésité à demander de l'aide plus tôt et à cheminer avec confiance dans le système de santé.
À propos du sondage Léger
Ce sondage Omnibus, réalisé par Léger, pour le compte de Parlons Obésité, a été mené auprès d'un échantillon représentatif de 1 052 Québécois•es âgés de 18 ans et plus, capables de s'exprimer en français ou en anglais. Les données ont été collectées du 29 au 31 mai 2026. À titre indicatif, la marge d'erreur maximale d'un échantillon probabiliste de cette taille serait de ± 3,0 %, 19 fois sur 20.
À propos de la consultation communautaire « Vivre avec l'obésité au Québec »
La consultation communautaire a été menée dans le cadre de la campagne québécoise de sensibilisation et de plaidoyer « 3 millions de raisons », qui représente le nombre de Québécois•es vivant avec un surplus de poids ou avec l'obésité. Réalisée en ligne du 17 février au 2 juin 2026, elle a recueilli les réponses de 528 personnes vivant avec un surpoids ou l'obésité au Québec. Il s'agit de données de terrain issues d'une participation volontaire, non pondérées, qui documentent le vécu des personnes concernées.
À propos de Parlons Obésité
Parlons Obésité, le pendant francophone d'Obesity Matters, est une organisation de défense qui s'engage à responsabiliser les individus et les communautés par l'éducation, le soutien et la défense des droits. Grâce à ses initiatives, telles que les Ateliers Santé & Bien-Être, l'organisation travaille à faire tomber les barrières, à promouvoir des changements de mode de vie durables et à inspirer un avenir où chacun pourra mener une vie plus saine et plus heureuse. Suivez Parlons Obésité sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, LinkedIn et X. Pour plus de détails, visitez obesity-matters.com/fr.
SOURCE Parlons Obésité

Personne-ressource pour les médias : Marie-Philippe Busque, Capital-Image, [email protected]
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