Sortir le privé de la santé : et si on osait pour vrai? L'APTS appelle à cesser le gaspillage de fonds publics
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Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)07 avr, 2026, 06:00 ET
LONGUEUIL, QC, le 7 avril 2026 /CNW/ - Dans le cadre de l'édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai?, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son thème du mois d'avril : « Sortir le privé de la santé : et si on osait pour vrai? ». Après avoir proposé en mars de nouvelles sources de revenus pour financer un bouclier budgétaire qui protégerait le financement du réseau public, l'APTS rappelle qu'il est tout aussi essentiel de mettre fin au gaspillage de fonds publics causé par le recours croissant au secteur privé.
Le Québec poursuit un mouvement de libéralisation du système de santé depuis des décennies, notamment en créant des groupes de médecine familiale (GMF) à statut privé et en augmentant le recours à des fournisseurs privés. Loin de régler les problèmes du réseau, cette orientation contribue à affaiblir le système public.
« On nous présente souvent le privé comme une solution pragmatique aux difficultés du réseau public mais la réalité, c'est qu'il fragilise le système en siphonnant ses ressources financières et sa main-d'œuvre. Si on veut être en mesure de protéger notre réseau à l'aide d'un bouclier budgétaire, il faut absolument cesser d'envoyer des milliards de dollars vers le privé », affirme Robert Comeau, président de l'APTS.
5 milliards $ qui échappent au réseau public
Contrairement à l'idée reçue - selon laquelle le privé permettrait de faire des économies - les données montrent qu'il nous coûte souvent plus cher collectivement, notamment parce qu'une part croissante de ses services est financée par l'argent public. Entre 2014 et 2024, les dépenses liées aux agences privées ont ainsi été multipliées par six, alors que le nombre d'heures travaillées n'a même pas triplé. Si l'on ajoute les services achetés comme la sous-traitance d'analyses de laboratoire et d'examens d'imagerie médicale ou l'envoi de chirurgies en cliniques privées -- dont les coûts ont eux aussi fortement augmenté -- la facture totale atteint 5 milliards $ en 2024.
« Cet argent pourrait plutôt servir à embaucher du personnel, à moderniser les équipements et à améliorer l'accès aux services dans le réseau public, explique Émilie Charbonneau, vice-présidente de l'APTS. Quand l'État finance le privé en santé, il paie les services… et les profits. Et jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas la mission que les Québécois•es lui ont donné. ».
En avril : rapatrier les ressources vers le public
Pour améliorer l'accès aux services tout en maîtrisant les coûts du système, l'APTS propose de réorienter les ressources vers le réseau public en réduisant progressivement la place du secteur privé en santé. Les priorités proposées sont de :
- rapatrier les fonds dépensés en main-d'œuvre indépendante et en services achetés;
- rapatrier progressivement les GMF;
- mettre fin à l'incorporation des médecins;
- instaurer un régime public et universel d'assurance médicaments.
« Protéger durablement le réseau exige à la fois de nouveaux revenus et une meilleure utilisation des fonds publics. Réduire la place du privé en santé, c'est donc une étape essentielle pour renforcer le réseau public et garantir des services accessibles à toute la population », conclut Robert Comeau.
À propos de l'APTS
L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) regroupe et représente plus de 68 000 membres qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d'intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s'adressent à l'ensemble de la population.
SOURCE Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

Pour renseignements : Maxime Clément, Conseiller en communication et relations publiques, Cell. : 514 792-0481
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