Rapport Planète vivante du WWF : la taille des populations d'espèces a chuté de 73 % en moyenne à l'échelle mondiale
EnglishAlors que les espèces canadiennes continuent de décliner, les gouvernements doivent faire preuve de la même urgence et de la même ambition pour accélérer le rétablissement de la nature que celles dont ils font preuve pour accélérer le développement.
TORONTO, le 7 oct. 2026 /CNW/ -- La taille moyenne des populations d'espèces surveillées à l'échelle mondiale a diminué de 73 % depuis 1970, selon le Rapport Planète vivante (RPV) 2026 du Fonds mondial pour la nature (WWF). Ce constat souligne l'ampleur et la gravité persistantes du déclin mondial des espèces, ainsi que les pressions soutenues exercées sur les écosystèmes dont dépendent tant les humains que les espèces.
Le Canada contribue à cette tendance mondiale. Du saumon au caribou, les populations d'espèces de l'ensemble du pays déclinent de façon constante depuis des décennies, malgré les vastes écosystèmes terrestres, océaniques et d'eau douce que compte notre pays.
Ces nouvelles données mondiales rejoignent les déclins documentés dans le Rapport Planète vivante Canada 2025 du WWF-Canada, selon lequel plus de la moitié (52 %) des espèces de vertébrés surveillées voient leur abondance diminuer. En moyenne, chacun des groupes d'espèces étudiés - oiseaux, poissons, mammifères, reptiles et amphibiens - tendent vers la mauvaise direction. Partout au Canada, les espèces préoccupantes à l'échelle mondiale sur le plan de la conservation, soit celles inscrites sur la Liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ont vu leurs populations diminuer de 43 % en moyenne.
Les conclusions du RPV mondial surviennent alors que des gouvernements partout au pays privilégient un développement plus rapide et de nouveaux projets d'infrastructure susceptibles d'accentuer la pression sur les habitats des espèces, tout en prévoyant de vastes exemptions aux mesures de protection de l'environnement, notamment par l'entremise de lois comme le projet de loi C-5 (la Loi visant à bâtir le Canada) et le projet de loi C-39 proposé (la Loi visant à bâtir un Canada fort). Ces choix pourraient accélérer la perte d'habitat et rapprocher de l'extinction des espèces vulnérables, comme les épaulards résidents du Sud, qui sont en voie de disparition.
La perte et la dégradation de l'habitat constituent les menaces la plus fréquemment signalées pour les populations d'espèces surveillées, suivies de la surexploitation, des changements climatiques, de la pollution, des espèces envahissantes et des maladies.
« Le Rapport Planète vivante montre que le déclin marqué des espèces demeure une tendance mondiale déterminante, et que le Canada fait partie de cette histoire. Même dans un pays riche en nature comme le Canada, les espèces déclinent, car la perte d'habitat, la pollution et d'autres pressions menacent les écosystèmes dont dépendent aussi les collectivités et notre économie », a déclaré James Snider, Vice-président, Science, savoir et innovation au WWF-Canada. « Le Canada doit renforcer, et non affaiblir, les mesures de protection des espèces et investir dans des initiatives visant à restaurer, à protéger et à gérer les habitats dont les espèces ont besoin pour survivre et se rétablir. »
Une occasion d'agir
Bien que la tendance globale soit négative, environ la moitié des populations d'espèces suivies par l'Indice Planète vivante sont stables ou en croissance.
La science démontre que les espèces peuvent récupérer et même se rétablir grâce à une action soutenue. Par exemple, les populations de tigres ont augmenté de 70 % entre 2010 et 2025, et l'an dernier, la tortue verte est devenue la première tortue marine à passer de la catégorie « en voie de disparition » à celle de « préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l'UICN. Au Canada, nous avons vu comment des efforts locaux de restauration peuvent aider des espèces comme le saumon atlantique à accéder à leurs frayères.
Ces réussites témoignent de ce que permettent des années de travail concerté, d'investissements à long terme et d'actions collectives menées par les gouvernements, les peuples autochtones, les communautés locales, les ONG, les donateur.rice.s et d'autres partenaires.
« La biodiversité continue de se dégrader à un rythme alarmant. Pourtant, malgré ces déclins prononcés, il y a des raisons d'espérer. Le Rapport Planète vivante 2026 met en évidence que de nombreuses populations d'espèces sont stables ou en rétablissement, et présente des histoires inspirantes qui montrent que la nature peut rebondir et que le changement est possible. Le rétablissement des populations d'espèces comme les tigres, les thons rouges et les tortues vertes illustre ce que des années d'efforts de conservation collectifs et soutenus peuvent accomplir », a déclaré la Dre Kirsten Schuijt, directrice générale du WWF International.
« Pour poursuivre et élargir ces réussites en matière de conservation, les industries et les systèmes qui causent la perte de nature doivent être transformés. Des progrès sont déjà en cours. Pas partout, et pas encore à l'échelle nécessaire, mais suffisamment pour démontrer que le changement est possible. Il est temps d'accélérer l'ampleur des changements systémiques déjà amorcés et de travailler en harmonie avec la nature pour bâtir un monde plus durable, plus équitable et plus résilient. Ensemble, nous pouvons restaurer notre planète vivante. »
Le défi consiste maintenant à conjuguer le potentiel de rétablissement avec des mesures prises à la vitesse et à l'échelle qu'exige la crise de la biodiversité.
À moins de quatre ans de l'échéance de 2030 pour atteindre les cibles du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal visant à mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité et à l'inverser, les décisions prises dès maintenant détermineront si le Canada contribue à accélérer le rétablissement de la nature ou son déclin.
Ressources
Le Rapport Planète vivante 2026 complet, une version abrégée, des images d'archives (B-roll) et des photos sont disponibles ICI.
Le Rapport Planète vivante Canada 2025 complet et son sommaire sont disponibles à l'adresse wwf.ca/fr/rpvc2025
Notes à l'intention des rédactions
- L'Indice Planète vivante (IPV) montre un déclin moyen de 73 % de la taille des populations d'espèces. Le déclin le plus important touche les écosystèmes d'eau douce (-85 %), suivis des écosystèmes terrestres (-69 %) puis marins (-59 %).
- Les variations en pourcentage des indices reflètent la variation proportionnelle moyenne cumulative de la taille des populations animales surveillées à des sites du monde entier depuis 1970, et non le nombre d'individus perdus ni le nombre de populations disparues.
- Bien qu'environ la moitié (50 %) des populations incluses dans l'IPV soient stables (7 %) ou en croissance (43 %), l'ampleur des tendances à la baisse dépasse celle des tendances à la hausse, ce qui donne une tendance globale négative.
- L'IPV mis à jour, produit par la ZSL (Société zoologique de Londres), comprend 35 803 tendances de populations de 5 790 espèces de vertébrés (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons) recueillies à des sites de surveillance du monde entier.
- Veuillez noter que les versions successives de l'IPV ne sont pas directement comparables, puisqu'elles contiennent des ensembles de données supplémentaires (967 populations et 295 espèces de plus ont été ajoutées depuis le RPV 2024) et couvrent chaque fois une période plus longue.
- Il est également important de souligner la portée de l'année de référence 1970. Dans certaines régions, y compris au Canada, des répercussions à grande échelle sur la nature et les espèces étaient déjà manifestes avant le début de l'indice, ce qui explique pourquoi les tendances peuvent s'écarter des attentes.
- La tendance nord-américaine comprend les ensembles de données sur les populations d'espèces du Canada, des États-Unis et du Groenland. Dans l'édition précédente du Rapport Planète vivante, la tendance nord-américaine incluait aussi le Mexique.
- Le plus récent et le plus important ensemble de données de l'Indice Planète vivante canadien s'appuie sur 5 099 relevés de populations pour 910 espèces et montre que les populations de vertébrés surveillées ont décliné de 10 % en moyenne - le déclin moyen le plus marqué depuis que le WWF-Canada a commencé à produire des rapports il y a deux décennies. Les déclins les plus prononcés touchent les prairies (-62 %), les milieux rocheux (-31 %) et les paysages dominés par l'humain (-17 %), suivis des forêts (-6 %) et des écosystèmes marins (-4 %).
À propos du WWF-Canada
Le WWF-Canada s'engage à mener des actions de conservation équitables et efficaces qui restaurent la nature, inversent le déclin des espèces et luttent contre les changements climatiques. Nous nous appuyons sur l'analyse scientifique et sur les orientations autochtones pour que tous nos efforts convergent vers un seul objectif : un avenir où les espèces, la nature et les gens s'épanouissent. Pour en savoir plus, visitez https://wwf.ca/fr/
À propos du WWF
Le WWF est une organisation indépendante de conservation qui compte plus de 40 millions d'abonné.es et un réseau mondial actif grâce à un leadership local dans plus de 100 pays. Sa mission est de mettre fin à la dégradation de l'environnement naturel de la planète et de bâtir un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en veillant à ce que l'utilisation des ressources naturelles renouvelables soit durable et en favorisant la réduction de la pollution et de la consommation excessive. Pour en savoir plus, visitez panda.org.
À propos de la ZSL (Société zoologique de Londres)
La ZSL est un organisme de bienfaisance de conservation fondé sur la science, qui œuvre au rétablissement des espèces au Royaume-Uni et dans le monde. Nous aidons les espèces et les gens à s'épanouir ensemble. Guidés par une approche scientifique et par notre passion pour la nature, nous dirigeons des initiatives de conservation, façonnons les priorités et influençons le changement pour protéger et restaurer la nature. Nous sommes déterminé.es à protéger les espèces, à restaurer les habitats, à former des spécialistes de la conservation et à susciter le changement pour la nature. Visitez www.zsl.org pour en savoir plus.
SOURCE Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada)

COORDONNÉES: WWF-Canada : Laurence C. Desrosiers, Gestionnaire séniore des Communications, [email protected]
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