Quand les actions contredisent la mission - Le syndicat de l'AFIO dépose une demande de conciliation
GATINEAU, QC, le 19 août 2026 /CNW/ -- Après neuf séances de négociation sans percée, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de l'Accompagnement des femmes immigrantes de l'Outaouais (STT-AFIO-CSN) dépose aujourd'hui une demande de conciliation auprès du ministère du Travail pour faciliter la poursuite des négociations de la première convention collective.
Mission contredite
Plusieurs enjeux demeurent sans règlement malgré les échanges. Les travailleuses soutiennent que certaines positions de l'employeur sont difficiles à concilier avec la mission d'un organisme voué à l'accueil et à l'intégration des femmes immigrantes. « Nous avons nous-mêmes déjà eu à surmonter les défis que rencontrent les femmes que nous accompagnons au quotidien », explique la représentante syndicale Michelle Makoko. « Nous les informons de leurs droits et les encourageons à les faire respecter. Nous demandons simplement que les valeurs que porte l'organisme s'appliquent aussi à celles qui remplissent la mission », poursuit-elle.
« Le climat de travail s'est nettement détérioré depuis l'accréditation », dénonce par ailleurs la déléguée syndicale Aïcha Koné. « Les employées sentent qu'elles doivent se taire pour ne pas être mises à l'écart. Ce n'est plus seulement un enjeu de négociation, c'est un enjeu de santé et de sécurité au travail », ajoute-t-elle.
Des pratiques contestées
Depuis l'accréditation syndicale, deux postes de cadre ont été créés, portant à quatre le nombre de cadres pour une équipe de seize personnes. La direction dit vouloir ainsi accompagner les employées « de manière sereine et pacifique ». Le syndicat a déposé plusieurs plaintes en vertu de l'article 59 du Code du travail, qui interdit à un employeur de modifier les conditions de travail en cours de négociation sans le consentement du syndicat. « On nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour améliorer les conditions de travail, mais visiblement il y en a pour ajouter des postes de gestion », affirme le vice-président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais-CSN, Mickaël Lavoie.
Des problèmes non résolus
Aucune avancée n'a été possible sur plusieurs enjeux centraux. L'employeur refuse notamment :
- de consentir à des augmentations salariales;
- de reconnaître tout principe de rétroactivité;
- d'encadrer le télétravail, une pratique pourtant déjà en vigueur dans l'organisation;
- de reconnaître l'expérience de certaines employées;
- d'appliquer à l'ensemble des employées la nouvelle structure salariale qu'il a lui-même déposée à la suite d'un audit des ressources humaines.
La conciliation, seule avenue
« Nous aurions préféré régler ce dossier à la table, mais après neuf séances et un refus obstiné de bouger sur les questions monétaires, la conciliation devient la seule avenue responsable pour faire progresser ce dossier », affirme le vice-président de la Fédération des professionnèles-CSN, Ryan W. Moon.
À propos
Le Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais (CCSNO-CSN) regroupe plus de 70 syndicats représentant, sur une base régionale, quelque 12 000 membres dans tous les secteurs d'activité, publics et privés. La Fédération des professionnèles (FP-CSN) rassemble 53 syndicats et plus de 12 000 membres, qui œuvrent dans les secteurs public et privé et qui occupent un large éventail de disciplines et de professions dans les milieux de la santé et des services sociaux, de l'éducation, de l'économie sociale et de l'action communautaire. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) rassemble plus de 1600 syndicats et quelque 350 000 travailleuses et travailleurs au Québec et au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Renseignements : Valérie Gilker Létourneau, Service des communications de la CSN, Cellulaire : 514 588-1654, Courriel : [email protected]
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