Mort programmée du métier de sylviculteur au Québec
RIMOUSKI, QC, le 26 mars 2026 /CNW/ - Le secteur sylvicole est laissé pour compte. Le maintien des sommes allouées aux travaux sylvicoles dans le dernier budget du Québec et la récente baisse des droits de coupe - lesquels profitent aux industriels - n'y changent rien. Pire encore, les taux offerts par le gouvernement pour les différents travaux sylvicoles sont en baisse cette année - entre 2 et 5 %, selon le type d'intervention.
L'argent octroyé aux entreprises et aux groupements forestiers qui effectuent le travail de sylviculture stagne depuis des années, et ce, malgré l'inflation liée au prix du carburant et à celui de l'équipement. Sans surprise, cette situation a des répercussions négatives sur la rémunération des travailleuses et des travailleurs.
« Tout le monde s'en va. Il n'y a plus de relève », affirme Serge Desrosiers, président du Syndicat national de la sylviculture (SNS-CSN). De fait, le nombre de membres de ce syndicat a diminué d'environ 80 % en dix ans et ils ne sont désormais qu'un peu plus de 200.
Des budgets qui ne se rendent pas jusqu'aux salarié-es
La CSN estime qu'avec le budget actuel alloué à la sylviculture, il faudrait 33 ans pour que l'ensemble du territoire compris dans les zones prioritaires soit entretenu.
« Une hausse significative du budget consacré à la sylviculture est essentielle si on veut conserver ce maillon indispensable de notre foresterie au Québec. Il faut aussi absolument que l'argent ne reste pas dans les poches des entrepreneurs, mais qu'il se rende jusqu'à celles et ceux qui effectuent le travail sylvicole sur le terrain », affirme Kevin Gagnon, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN).
Pour ce faire, la FIM-CSN rappelle qu'un projet pilote de rémunération horaire des sylvicultrices et sylviculteurs avait démontré un potentiel certain par rapport aux conditions archaïques qui ont cours actuellement. Pour le moment, les travailleuses et les travailleurs reçoivent un forfait par parcelle et doivent payer leurs déplacements, leur équipement et le carburant pour les débrousailleuses.
Québec de nouveau interpellé
« Les élu-es à Québec ont une responsabilité historique d'agir pour sauver le métier de sylviculteur et l'échec de la réforme du régime forestier ne doit pas en dissuader le prochain gouvernement. Il faut arrêter de reporter ce problème à plus tard », ajoute Kevin Gagnon.
SOURCE Fédération de l'industrie manufacturière (FIM–CSN)

Pour plus d'informations : Thierry Larivière, Service des communications de la CSN, Cellulaire : 514 704-3297 ; bureau : 514 598-2159, [email protected]
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