Les Premières Nations Anishinabeg dénoncent le double standard d'Hydro-Québec et réclament une véritable réconciliation fondée sur l'égalité des droits
EnglishLAC-SIMON, QC, le 22 juill. 2026 /CNW/ -- Les chefs des Premières Nations Anishinabeg d'Abitibiwinni, Lac Simon, Kitcisakik et Kitigan Zibi dénoncent aujourd'hui l'approche sélective adoptée par Hydro-Québec à l'égard des Premières Nations touchées par le développement hydroélectrique.
Le 15 juillet 2024, nos quatre Premières Nations ont signé une entente de principe avec Hydro-Québec afin de conclure un règlement des préjudices historiques causés par les aménagements hydroélectriques sur nos territoires. Toutefois, dès que les discussions ont porté sur les aspects financiers, Hydro-Québec s'est progressivement désengagée avant de mettre unilatéralement fin aux négociations en juillet 2026.
Nous constatons un contraste saisissant avec l'attitude adoptée envers différentes Premières Nations. Une question fondamentale se pose : pourquoi certaines Premières Nations bénéficient-elles d'une volonté manifeste de dialogue alors que d'autres sont cavalièrement mises de côté?
Depuis 1915, nos territoires contribuent au potentiel énergétique du Québec. Nos communautés ont subi des conséquences irréversibles de décisions prises sans leur consentement. Neuf (9) centrales hydroélectriques, les réservoirs attenants ainsi que des réservoirs d'emmagasinement aménagés loin en amont des centrales ont lourdement transformé notre milieu de vie. Dans ce dernier cas, il s'agit des réservoirs Cabonga, Baskatong, Dozois, Decelles et Grand Lac-Victoria. Ainsi harnaché, le bassin hydrographique de la rivière des Outaouais qui est au cœur de notre territoire est le plus artificialisé du Québec.
« L'affirmation des droits des Anishnabeg n'est pas sous-jacente aux intérêts d'Hydro-Québec. Elle a comme assise l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Cette loi transcende les lois provinciales et à plus forte raison les politiques corporatives qui de facto hiérarchisent les différentes Premières Nations » a déclaré le Chef Lucien Wabanonik de la Première Nation de Lac Simon.
« Les obligations constitutionnelles de la Couronne, tout comme le devoir de consultation et l'obligation d'agir honorablement envers les peuples autochtones, s'appliquent à toutes les Premières Nations sans distinction », a ajouté le Chef Édouard Brazeau de la Première Nation de Kitcisakik.
« Nous sommes profondément préoccupés de constater qu'Hydro-Québec semble réserver ses efforts de dialogue aux communautés dont les territoires présentent un intérêt stratégique pour ses futurs projets énergétiques, alors que les communautés ayant subi des impacts historiques, mais présentant moins de potentiel énergétique à court terme, sont écartées de toute démarche sérieuse. Une telle approche est incompatible avec la bonne foi et l'Honneur de la Couronne, » a déclaré le Chef Jean-Guy Whiteduck de Kitigan Zibi Anishinabeg.
« La décision d'Hydro-Québec de couper toute discussion avec les Anishnabeg contraste avec l'ouverture dont la Société d'État fait preuve dans d'autres dossiers lorsqu'elle juge économiquement opportun de poursuivre le dialogue. Ce traitement différencié soulève de sérieuses questions quant aux fondements et à l'équité de l'approche d'Hydro-Québec envers les Premières Nations », a conclu la cheffe Chantal Kistabish de la Première Nation Abitibiwinni.
Nous demandons à Hydro-Québec d'appliquer les mêmes principes d'équité à l'ensemble des Premières Nations.
Nous demandons également au gouvernement du Québec d'assumer pleinement son rôle afin que toutes les nations touchées par les développements hydroélectriques puissent bénéficier d'un processus de dialogue juste, transparent et respectueux.
La réconciliation ne peut être sélective ni constamment reportée dans le temps. Rappelons qu'en 1996, la Cour suprême du Canada a rejeté la prétention du Québec selon laquelle les Premières Nations ne détenaient aucun droit ancestral sur le territoire québécois. Pourtant, les Anishnabeg constatent qu'aucune véritable démarche n'a été entreprise pour donner pleinement effet à cette décision. Trente ans plus tard, les principes reconnus par la plus haute cour du pays tardent toujours à se traduire en actions concrètes.
Les droits des Premières Nations ne sont pas fonction du nombre de mégawatts additionnels qu'elles peuvent offrir. Ils découlent de la Constitution, des traités qui existent, des droits ancestraux et de l'honneur de la Couronne.
Les Anishnabeg comptent défendre ces principes avec tous les moyens à leur disposition.
SOURCE Conseil de la Première Nation de Lac Simon

Renseignements : Saku Niquay, attaché politique, Conseil de la Première Nation de Lac Simon, [email protected], 819-431-4820
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