Les syndicats de l'audiovisuel québécois demandent à tous les partis de prendre un engagement électoral formel pour l'avenir du secteur et de garantir la poursuite de la Stratégie au-delà du prochain examen.
Montréal, le 8 sept. 2026 /CNW/ -- À l'approche des élections québécoises et à la veille du débat sur la culture, alors que l'industrie audiovisuelle demeure aux prises avec une crise sans précédent qui ébranle ses fondements et menace particulièrement la production francophone, l'ensemble des syndicats du secteur appelle les partis politiques à s'engager à mettre en action les initiatives proposées par la Stratégie québécoise de l'audiovisuel 2026-2031 et à inscrire clairement cet engagement dans leur plateforme électorale.
Lancé cette année après un vaste chantier de consultation du milieu, ce premier plan consacré à l'industrie de l'audiovisuel en 30 ans s'inscrit dans une période critique pour notre écosystème culturel, alors que nos écrans sont envahis par les plateformes étrangères et que la Loi sur la découvrabilité des contenus francophones a été directement ciblée par les négociateurs américains. Il doit maintenant être porté au-delà du calendrier électoral, avec une vision durable et des engagements clairs.
L'audiovisuel est une industrie stratégique
Le gouvernement du Québec intervient lorsque des secteurs économiques stratégiques sont confrontés à des bouleversements qui menacent leurs emplois, leurs capacités de production et leur capacité de production. L'industrie audiovisuelle doit bénéficier de la même considération.
Le parallèle avec la sidérurgie est révélateur : l'industrie canadienne de l'acier génère environ 4,2 milliards de dollars de PIB direct et compte quelque 23 000 emplois directs au pays. Selon les données rassemblées par la Fédération nationale des communications et de la culture-CSN (FNCC-CSN), au Québec seulement, l'audiovisuel génère 3,9 milliards de dollars de PIB et soutient environ 50 000 emplois directs et indirects en plus de produire 1,86$ de valeur ajoutée dans l'économie québécoise par dollar investi.
Lorsque l'industrie de l'acier a été frappée par les tarifs américains, les gouvernements ont reconnu qu'il était dans l'intérêt économique du Canada de protéger sa capacité industrielle et les milliers d'emplois qui en dépendent.
Pourtant, l'intervention de l'État en audiovisuel est encore trop souvent vue comme une dépense culturelle plutôt que comme un investissement stratégique. Cette perspective est réductrice : soutenir l'audiovisuel, c'est protéger une capacité de production québécoise, des dizaines de milliers d'emplois spécialisés, un réseau d'entreprises et un pilier incontournable de notre identité culturelle.
La production francophone est particulièrement vulnérable
La production québécoise ne traverse pas une simple période d'ajustement. Elle est en crise.
Les productions de langue française disposant de budgets nettement inférieurs à leurs équivalents anglophones : en dramatique télévisuelle, le devis moyen atteint 2,47 millions de dollars par heure en anglais, contre 595 000 $ en français.
Cette vulnérabilité est d'autant plus préoccupante qu'elle s'inscrit dans une tendance amorcée bien avant les compressions actuelles : depuis plusieurs années, la production québécoise indépendante, en cinéma comme en télévision, recule et fragilise progressivement tout son écosystème. Les plus récentes données de l'Institut de la statistique du Québec confirment cette tendance : en 2024-2025, la valeur de la production cinématographique et télévisuelle québécoise indépendante a diminué de 2 %, tandis que la production télévisuelle indépendante reculait à elle seule de 8 %. Or, le sous-financement de la production francophone oblige l'industrie à produire plus vite avec des moyens de plus en plus limités, dans des conditions de travail toujours plus précaires. À terme, cette réalité compromet la qualité et la compétitivité des œuvres québécoises, tout en transférant une partie de la pression budgétaire aux artistes et aux équipes. Pour rayonner ici comme à l'international et assurer la vitalité de notre culture, nos productions doivent pouvoir compter sur des investissements à la hauteur de leurs ambitions. À défaut d'agir, ce sont des emplois, des entreprises et la capacité même du Québec de produire ses propres contenus en français qui sont menacés.
Faire de la Stratégie un engagement qui dépasse les partis
La Stratégie québécoise de l'audiovisuel 2026-2031 a amorcé un changement de cap attendu par le milieu, mais une stratégie qui porte sur cinq ans ne peut produire ses effets si sa pérennité dépend du résultat d'une élection.
Les syndicats de l'audiovisuel québécois demandent donc aux partis politiques de s'engager formellement, dans leur plateforme électorale, à maintenir, pérenniser et renforcer la Stratégie, ainsi qu'à assurer les investissements nécessaires à sa pleine mise en œuvre. Le prochain gouvernement devra poursuivre le travail avec le milieu afin d'adapter les mesures aux besoins d'une industrie en transformation rapide et veiller à ce que la Stratégie demeure adaptée à cette réalité.
Le Québec a fait le choix de soutenir une industrie capable à la fois de créer de la richesse et de raconter nos histoires. À quelques semaines du examen - et à la veille du débat sur la culture - les partis doivent maintenant dire clairement s'ils comptent préserver notre identité culturelle. Pour que demain encore, ce soit le Québec sur nos écrans.
SOURCE AQTIS-ARRQ-FNCC-GCR QUÉBEC-GMMQ-SARTEC-UDA

Pour plus d'informations : AQTIS 514 IATSE, Marie-Josée Rivard, Cheffe des communications, m [email protected], 514-773-3351; Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), Charles Brière-Garneau, Conseiller aux communications et aux relations publiques, [email protected]; 450-822-5656; Conseil du Québec de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR- Québec), Michelle D. Arvisais, Chargée des communications, [email protected], 514-844-4084, poste 106; Fédération Nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN), Julie-Lampron-Lemire, [email protected], 514 966-0710; Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), Éric Lefebvre, secrétaire-trésorier, [email protected], 514 842-2866, poste 230; Société des auteur.e.trice.s de radio, télévision et cinéma (SARTEC), Isabelle Desmarais, Conseillère aux communications, [email protected], 514 526-9196, poste 204; Union des artistes (UDA), Mélodie Roy, Directrice, relations publiques et service aux membres, [email protected], 514 887-9356
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