Le Québec comptera plus d'un million de personnes de 75 ans et plus en 2030 - Âgisme et indifférence : les personnes aînées veulent être reconnues et participer davantage au sein de la société
MONTRÉAL, le 11 mars 2026 /CNW/ - S'appuyant sur les résultats d'une étude en plusieurs volets réalisé par la firme Léger, l'organisme Les Petits Frères publie aujourd'hui un portrait du grand âge qui met en lumière le manque de préparation de la société québécoise face au vieillissement de sa population.
En 2030, le nombre de personnes de 75 ans et plus dépassera le cap du million, dont plus de 200 000 seront affectées par la solitude et l'isolement social. Dans ce contexte, il devient de plus en plus urgent de se mobiliser collectivement pour contrer l'âgisme et l'indifférence qui alimentent une perception erronée des réalités vécues par ces personnes, dont la voix demeure trop peu entendue.
Des constats évocateurs
Parmi les principales problématiques soulevées dans ce portrait du grand âge figurent le manque de valorisation, la solitude et l'isolement social, l'individualisme et le durcissement du regard de la société, la perte de dignité ainsi que l'effritement des échanges intergénérationnels.
Lors d'un premier sondage adressé à la population générale à la fin 2025, plus des deux tiers (67 %) des Québécois•es sont d'avis que la solitude vécue par les personnes âgées de 75 ans et plus a augmenté au fil des dernières années (1073 répondant•es).
Le coup de sonde réalisé dans un second volet de l'étude - effectuée principalement auprès de personnes de 55 ans et plus - a révélé pour sa part que 85 % des répondant•es sont d'avis que les personnes âgées de 75 ans et plus ne sont pas valorisées par la population québécoise (2688 répondant•es).
Un enjeu trop souvent ignoré
« Les années de pandémie ont certainement sensibilisé davantage la population à la précarité des situations vécues par un trop grand nombre de personnes aînées, mais cet élan semble s'être essoufflé au fil des ans. Actuellement, on entend beaucoup moins parler de cet enjeu clé pour l'avenir de notre société. », souligne Catherine Harel Bourdon, présidente-directrice générale des Petits Frères.
En revanche, les résultats obtenus lors des sondages réalisés dans le cadre de ce portrait démontrent clairement que la population en est bien consciente, une vaste majorité de répondant•es estimant que les personnes du grand âge sont peu valorisées et que nous devons en faire davantage pour les soutenir.
« Les gériatres constatent tous les jours à quel point les personnes âgées sont de véritables mines d'or en histoires; ils incarnent l'évolution de la société québécoise. Devant cette richesse, il faut leur accorder des soins à la hauteur de leur dignité et veiller à adapter le système de santé à leurs besoins », affirme Dre Julia Chabot, présidente de l'Association des médecins gériatres du Québec.
Martine Lagacé, PHD, Professeure titulaire à l'Université d'Ottawa et spécialiste du vieillissement, livre pour sa part le commentaire suivant : « Les résultats de la présente étude corroborent les conclusions des recherches menées par notre équipe au cours des dernières années : l'âgisme ressenti par les personnes âgées demeure un enjeu de société dont l'importance ne cesse de croître. Bien que cette forme de discrimination prenne parfois des allures sournoises, telles l'invisibilisation et l'indifférence, ses effets n'en sont pas moins considérables sur leur bien-être. Fondamentalement, l'âgisme occulte le regard de bienveillance et la valeur accordée aux personnes âgées, celles d'aujourd'hui et de demain. Il interpelle chacun de nous sur la question à savoir comment nous voulons vieillir. ».
Une vision pour l'avenir
Au-delà de l'accompagnement bénévole au cœur de sa mission, l'organisme Les Petits Frères souhaite affirmer encore davantage son rôle de porte-voix des personnes du grand âge vivant en situation d'isolement social. Cette orientation passe plus que jamais par des prises de parole publiques et des initiatives de sensibilisation menées en concertation avec d'autres acteurs du milieu, afin de mobiliser l'ensemble de la société autour de ces enjeux.
À propos des Petits Frères
Depuis 1962, Les Petits Frères ont pour mission de briser l'isolement des personnes seules du grand âge en créant autour d'elles une famille engagée et fidèle. Actif dans 12 régions du Québec, l'organisme est le seul à accompagner les personnes aînées jusqu'à la fin de leur vie, peu importe leur condition. Âgés en moyenne de 85 ans, ces « Grandes Amies » et « Grands Amis », comme les surnomment affectueusement les bénévoles, bénéficient d'un réseau de soutien pendant une moyenne de quatre ans, mais parfois jusqu'à plus de dix ans.
SOURCE Les Petits Frères

Renseignements : Paul Gilbert, Conseiller principal, communications et relations publiques, Tél. : (514) 969-3633, [email protected]
Partager cet article