Insécurité alimentaire étudiante : des chiffres inquiétants révélés par Équiterre
MONTRÉAL, le 31 mars 2026 /CNW/ - On sous-estime l'ampleur de la crise alimentaire qui sévit au sein de la population étudiante québécoise, selon un nouveau sondage mené par Équiterre, en collaboration avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l'Union étudiante du Québec (UEQ).
Les résultats dévoilés aujourd'hui sont issus d'une vaste consultation sur l'alimentation étudiante au postsecondaire auprès de 667 personnes inscrites dans des cégeps et universités à l'automne 2025.
Des jeunes qui se privent de manger
Les résultats sont sans équivoque : parmi les étudiant(e)s en situation d'insécurité alimentaire (qui manquent souvent ou parfois de nourriture), 20 % déclarent sauter régulièrement des repas. Plus préoccupant encore, la moitié des jeunes qui manquent parfois ou souvent de nourriture n'ont jamais eu recours à l'aide alimentaire disponible sur leur campus.
Rappelons qu'en février 2025, une enquête menée dans six institutions collégiales québécoises révélait que 44 % des élèves vivaient une forme d'insécurité alimentaire grave, modérée ou légère.
« Avec l'augmentation du coût des aliments, la tendance ne s'inversera pas de sitôt et risque fort d'empirer », affirme Adeline Cohen, qui a piloté la consultation chez Équiterre.
Les principaux obstacles identifiés par les étudiant(e)s pour se nourrir adéquatement sont :
- Le coût élevé de la nourriture (première barrière citée);
- Le manque de temps entre les cours, les stages et les emplois;
- La stigmatisation liée à la précarité, qui freine le recours aux aides disponibles;
- Le manque de connaissances culinaires et de littératie alimentaire;
- L'absence d'équipements pour cuisiner : seulement 24 % des étudiant(e)s en manque de nourriture disposent du matériel nécessaire.
Des solutions adaptées sur les campus
« Les étudiant(e)s consultés ne veulent pas la charité. Ils réclament des solutions concrètes, accessibles et respectueuses de leur réalité. Dans une phase critique aussi importante de leur vie, se nourrir ne devrait pas être une source majeure d'anxiété », Lyanna Toupin, responsable de la Commission des affaires sociopolitiques, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
Lors de la consultation, les mesures les plus populaires étaient :
- Une offre alimentaire plus abordable sur les campus et hors campus;
- Des frigos et garde-manger communautaires mieux approvisionnés;
- Des cafés et épiceries à tarification solidaire;
- Des repas gratuits à l'occasion et des rabais étudiants universels.
- Une meilleure communication sur les aides disponibles
Renforcer la capacité des jeunes à se nourrir
« La résolution de ce problème ne peut reposer que sur les personnes étudiantes. Il nous faut aussi l'engagement des établissements d'enseignement supérieur et des décisionnaires politiques », explique Mégane Larochelle, Coordonnatrice aux affaires académiques, Union étudiante du Québec (UEQ).
Pour Équiterre et ses partenaires, cette consultation marque le lancement du projet Mobilisation étudiante pour bien manger bon marché, qui vise à renforcer la capacité des jeunes à se nourrir de façon nutritive, abordable et écoresponsable.
« Les questions d'abordabilité, de santé, de justice sociale et les enjeux environnementaux peuvent toutes être adressées ensemble, en particulier sur nos campus. Ce sont des endroits où on a des leviers incroyables pour changer les choses et on va travailler en ce sens », conclut Adeline Cohen.
Partenaires :
Mobilisation étudiante pour Bien manger, bon marché est un projet d'Équiterre, en collaboration avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l'Union étudiante du Québec (UEQ).
Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier de la Fondation Dufresne & Gauthier ainsi que du gouvernement du Québec dans le cadre du Plan d'action jeunesse 2025-2030, coordonné par le Secrétariat à la Jeunesse.
SOURCE Équiterre

Pour plus d'information: 514-605-2000; [email protected]
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