Fermeture du dernier Renaud-Bray syndiqué à Québec - Le gouvernement de la CAQ encourage les patrons délinquants
QUÉBEC, le 27 juin 2026 /CNW/ - Après dix-huit mois de grève, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray-CSN tiennent leur dernière journée de piquetage aujourd'hui. Rappelons que dans ce conflit, Renaud-Bray a notamment été reconnu coupable par le Tribunal administratif du travail de négociation de mauvaise foi, d'entrave aux activités syndicales et d'utilisation de briseurs de grève.
« Cette grève n'aurait jamais dû se solder par une fermeture. Nous demandions simplement des conditions décentes et un salaire qui dépasse d'un dollar le salaire minimum. Mais plutôt que de négocier sérieusement, l'employeur a choisi de fermer ses portes et de sacrifier des dizaines d'emplois. Et s'il peut faire cela impunément, c'est bien parce que le gouvernement de la CAQ est un gouvernement de patrons », déclare le président du syndicat, Jimmy Demers.
Pour la CSN, cette affaire illustre à merveille le parti pris de la CAQ envers les patrons.
« Ce conflit est révélateur d'un choix politique. Depuis plusieurs années, le gouvernement favorise les demandes patronales tout en affaiblissant les contrepouvoirs qui permettent aux salarié-es de défendre leurs droits. Le résultat est clair : des employeurs condamnés par les tribunaux comme Blaise Renaud peuvent multiplier les manœuvres antisyndicales et bafouer les droits des travailleuses et des travailleurs sans craindre de véritables conséquences », poursuit Katia Lelièvre, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Pour Serge Monette, président de la Fédération du commerce, le message envoyé est extrêmement inquiétant. « Quel signal envoie-t-on aux travailleuses et aux travailleurs lorsqu'un employeur reconnu coupable d'entrave syndicale, de négociation de mauvaise foi et d'utilisation de briseurs de grève peut tout simplement fermer boutique ? On normalise l'idée qu'il est plus avantageux de contourner les droits fondamentaux que de négocier une convention collective. C'est extrêmement préoccupant pour l'ensemble du monde du travail », s'indigne-t-il.
Malgré cette issue malheureuse, la CSN réaffirme son engagement envers les membres touchés.
« Cette conclusion amère n'affecte en rien notre solidarité et nous demeurerons aux côtés des salarié-es bafoués. Nous allons les soutenir dans leur transition professionnelle et poursuivre les recours encore disponibles. Leur courage et leur persévérance tout au long de ce conflit imposent le respect et témoignent de la force de la solidarité syndicale », conclut Pierre Émond, vice-président du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches-CSN.
À propos
Les 60 employé-es des librairies Renaud-Bray de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale étaient en grève depuis le 22 novembre 2024. Au déclenchement du conflit, ils étaient tous payés à 15 cents au-dessus du salaire minimum, alors que plusieurs cumulaient plus de 20 ans d'ancienneté. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre 2023. Depuis juillet 2025, Renaud-Bray n'a donné aucun signe de vie à la table de négociation.
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray-CSN est affilié à la Fédération du commerce-CSN et au Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches-CSN. Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux est présente dans l'ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Renseignements : Eve-Marie Lacasse, Confédération des syndicats nationaux (CSN), 514 809-7940, [email protected]
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