Drôle de dépense chez Hydro-Québec = Possibilités de 1 200 emplois permanents
MONTRÉAL, le 4 juin 2026 /CNW/ - Devant la multiplication des reportages portant sur les heures supplémentaires, les primes versées aux cadres, la sous-traitance, le climat de travail et les décisions arbitrales récentes, le président provincial du Syndicat des technologues d'Hydro-Québec (STHQ‑SCFP957), Robert Claveau, estime nécessaire de partager certaines réflexions sur les orientations de gestion qui semblent se dessiner au sein de notre société d'État.
« Lorsque l'on additionne les sommes consacrées aux heures supplémentaires et les primes versées aux cadres et au personnel non syndiqué, on parle de montants qui dépassent régulièrement le quart de milliard de dollars par année. Les chiffres publiés font état d'environ 267 millions de dollars en 2025, 255 millions en 2024 et 268 millions en 2023. »
« Si l'on traduit ces montants en emplois permanents, cela représente plus de 2 000 postes potentiels par année. Même en reconnaissant qu'une partie importante des heures supplémentaires demeure nécessaire pour assurer la continuité des opérations, nous arrivons tout de même à un potentiel dépassant 1 200 emplois permanents. »
Selon M. Claveau, cette réflexion mérite d'être posée dans le contexte où Hydro-Québec poursuit des objectifs de croissance sans précédent.
« Nous parlons du Plan stratégique 2035, du développement de nouveaux projets énergétiques, du renforcement des réseaux de production, de transport et de distribution, de l'électrification de l'économie ainsi que des ambitions énergétiques canadiennes visant à favoriser les échanges d'énergie d'est en ouest. Dans un tel contexte, il est légitime de se demander si l'investissement dans l'expertise interne ne devrait pas constituer une priorité encore plus importante. »
Le président du STHQ souligne également les préoccupations concernant l'augmentation du recours à la sous-traitance.
« De toute évidence, pour M. Claveau, qui ne cumule pas moins de 39 années d'expérience chez Hydro‑Québec, lorsque des compétences existent déjà à l'interne, le recours accru à la sous-traitance peut devenir une source de démotivation pour les travailleur(euse)s spécialisé(e)s qui consacrent leur carrière à Hydro‑Québec. L'expertise développée au fil des décennies par les employé(e)s constitue l'une des grandes forces de notre société d'État et mérite d'être valorisée, puisqu'elle bénéficie d'une reconnaissance internationale depuis fort longtemps. »
Concernant les primes spéciales de 1 000 $ versées à certain(e)s gestionnaires, le président du STHQ estime que plusieurs questions demeurent sans réponse.
« Les explications fournies publiquement soulèvent des interrogations légitimes sur les motifs ayant conduit à l'adoption de telles mesures. Les citoyen(e)s, tout comme les employé(e)s, sont en droit de comprendre les objectifs réels et factuels poursuivis par la direction lorsque des sommes additionnelles sont accordées à certains groupes de gestionnaires, alors qu'il ne semblait exister aucune justification évidente au moment de l'attribution de ces primes. »
Malgré les préoccupations soulevées, le président du STHQ affirme conserver sa confiance envers l'avenir d'Hydro-Québec.
« Hydro-Québec demeure l'un des plus grands fleurons du Québec. Son succès repose avant tout sur les femmes et les hommes qui assurent quotidiennement son fonctionnement. Je demeure convaincu, et je souhaite plus que tout, que la direction actuelle devra revoir certaines pratiques et orientations afin de se donner l'occasion de renforcer les liens avec ses employé(e)s, de valoriser davantage l'expertise interne et de raviver ce sentiment d'appartenance qui a longtemps constitué l'une des plus grandes forces de notre organisation. »
« Les défis énergétiques qui attendent le Québec sont immenses. Pour les relever avec succès, Hydro‑Québec aura besoin de technologies, d'investissements et d'infrastructures, mais surtout de la mobilisation et de la confiance de celles et ceux qui en sont le cœur depuis des générations. »
Le STHQ-SCFP 957 représente 2 700 salarié(e)s chez Hydro-Québec. Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP représente près de 16 500 membres dans le secteur énergie. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs suivants : les affaires sociales, les communications, l'éducation, les universités, les municipalités, les sociétés d'État et organismes publics, les transports aérien et terrestre, le secteur mixte, le transport maritime ainsi que le secteur incendie. Il est le plus grand syndicat affilié à la FTQ.
SOURCE Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)

Renseignements : Lisa Djevahirdjian, Service des communications : 514 831-3815, [email protected]
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