Des organisations de la société civile du Québec s'inquiètent des raisons sous-jacentes à la décision de bloquer la venue au Canada de Rima Hassan, eurodéputée, juriste et défenseure des droits de la personne
MONTRÉAL, le 30 mars 2026 /CNW/ - Rima Hassan est l'une des panélistes invitées à une grande conférence qui se tiendra le mardi 31 mars à la salle Pierre-Mercure de l'UQAM portant sur les résistances à l'extrême droite et au fascisme. Survenue dans un contexte de pressions politiques, la révocation de son autorisation d'entrée, même si elle avait déjà été accordée, suscite une vive inquiétude parmi les groupes organisateurs de l'événement. Ceux-ci y voient une tentative préoccupante de restreindre les voix dissidentes et de freiner les élans de solidarité envers le peuple palestinien.
Cette situation soulève des enjeux plus sérieux quant aux conditions nécessaires pour préserver nos espaces de dialogue ouverts dans un contexte où des manifestations de solidarité envers le peuple palestinien font systématiquement l'objet de pressions, de tentatives de délégitimation et de menaces. Même si ce type d'attaque n'est pas nouveau, il produit un effet dissuasif sur la liberté d'expression et le débat public, fragilise la participation démocratique des groupes marginalisés et affaiblit, par le fait même, la santé de nos démocraties.
« La situation devrait toutes et tous nous préoccuper, affirme Marc-Édouard Joubert, coprésident d'Alternatives, un groupe de solidarité internationale qui participe à l'organisation de l'événement. Dans un contexte mondial marqué par la montée de l'autoritarisme et la multiplication des atteintes aux droits fondamentaux, il est plus que jamais essentiel de protéger nos espaces démocratiques et la liberté de nos débats publics. »
« Nous affirmons qu'il est nécessaire et essentiel de lutter contre toutes les formes de racisme. Refuser la destruction du peuple palestinien et défendre le droit international n'est ni du terrorisme ni une position extrême. C'est une exigence minimale », insiste Fabienne Presentey, co-coordinatrice du pôle francophone des Voix juives indépendantes.
« Nous dénonçons vivement la décision de refuser l'entrée au Canada à l'eurodéputée Rima Hassan. Alors que nous subissons une répression politique croissante liée à la montée de l'autoritarisme, ainsi qu'une normalisation des discours d'extrême droite, les voix comme celle de Rima Hassan doivent être entendues. Museler des prises de parole en défense des droits du peuple palestinien est un important signal d'alarme quant à l'état de notre démocratie », martèle Bertrand Guibord, président du Conseil central du Montréal métropolitain -- CSN.
« Les institutions éducatives doivent demeurer des espaces où il est possible de débattre librement, sans crainte de censure ni d'ingérence politique. Empêcher la participation de Rima Hassan à notre événement envoie un signal inquiétant quant aux limites imposées à la circulation des idées, et fragilise les espaces de réflexion critique, » renchérit Rafaëlle Sinave, enseignante du Cégep du Vieux Montréal impliquée dans l'organisation de l'événement.
« Bloquer soudainement le visa d'une députée européenne 24 h avant son arrivée est une décision inacceptable, honteuse et couarde de la part du Canada. C'est un autre exemple de censure et de racisme antipalestiniens. Ceux qui font l'apologie du terrorisme sont l'État génocidaire d'Israël et ses complices, pas Rima Hassan, » s'insurge Sophie Zhang des Médecins du Québec contre le génocide à Gaza.
Les groupes organisateurs expriment leur solidarité avec Rima Hassan, ainsi qu'avec toutes les personnes visées par toute forme d'intimidation et de censure en raison de leur engagement en faveur de la justice sociale et des droits de la personne. Ils tiennent également à rappeler que la conférence se tiendra, comme prévu, le 31 mars à partir de 19 h. Si la suspension de son entrée n'est pas levée dans des délais raisonnables, Rima Hassan y participera à distance en visioconférence.
SOURCE Alternatives

Information : Yasmina Moudda, directrice générale d'Alternatives, au 514 577-3468.
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