Contrat à Amazon Web Services : Québec doit faire marche arrière
MONTRÉAL, le 30 mars 2026 /CNW/ - C'est avec stupéfaction que la CSN a appris ce matin que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec a accordé un contrat nuagique à la multinationale Amazon Web Services au cours des dernières semaines. Pour la centrale syndicale, cette décision contrevient directement à la directive lancée par le Conseil du trésor il y a à peine un an, dans la foulée de la fermeture des sept entrepôts d'Amazon situés au Québec et la perte de plus de 4500 emplois.
« Le gouvernement de la CAQ nous avait donné l'assurance qu'une compagnie qui ne respectait pas le cadre légal du Québec ne devrait pas pouvoir faire des affaires au Québec », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Le Conseil du trésor avait également mis en place une procédure d'exception pour empêcher l'administration québécoise de s'approvisionner auprès d'Amazon. La décision du ministère des Ressources naturelles et des Forêts contrevient directement à cette politique et doit être annulée. »
Dans la foulée de la fermeture sans préavis des sept entrepôts d'Amazon, le 21 janvier 2024, la CSN avait lancé une campagne de boycottage de la multinationale américaine en invitant la population et les différents paliers de gouvernement à cesser tout achat et à rompre tout contrat avec Amazon. Québec, Ottawa et de nombreuses municipalités avaient joint le mouvement.
« La décision du gouvernement est une claque au visage des 4500 personnes qui ont perdu leur emploi à la suite d'une décision profondément antisyndicale et contraire à nos chartes des droits et libertés. Nous demandons au gouvernement de faire marche arrière et de privilégier des entreprises québécoises ou, à défaut, des compagnies qui respectent le droit à la syndicalisation au Québec », de poursuivre la présidente de la CSN.
Le procès intenté par la CSN au lendemain de ces fermetures se poursuit au Tribunal administratif du travail (TAT). La décision d'Amazon de fermer ses entrepôts au Québec constitue un « vaste subterfuge » visant à se soustraire de ses obligations prévues à la loi et à éradiquer toute présence syndicale au sein de l'entreprise, soutient la centrale dans sa plainte déposée le 20 février 2025. « La multinationale ne cesse pas ses activités de vente en ligne sur le territoire. Elle choisit de réorganiser ses activités dans le but d'éluder ses obligations d'employeur en vertu du Code du travail », précise la requête déposée en vertu des articles 12, 13, 14 et 53 du Code. « Illégale à plusieurs égards », la décision d'Amazon doit être infirmée par le tribunal, demande la CSN au nom de nombreux plaignants.
À propos
Le 19 avril dernier, la CSN déposait une requête au TAT pour représenter les 230 salarié-es de l'entrepôt DXT4 d'Amazon, rue Ernest-Cormier à Laval. Au cours des semaines précédentes, un grand nombre de salarié-es avaient rallié leur syndicat. Le 10 mai suivant, le TAT accréditait officiellement le syndicat, reconnaissant qu'une majorité d'employé-es y avaient adhéré.
La négociation en vue d'établir une première convention collective a débuté en juillet. Le 22 janvier 2025, Amazon annonçait son intention de fermer ses sept entrepôts au Québec et de céder l'ensemble de ses opérations à la sous-traitance.
Rappelons qu'Amazon a été condamnée par le TAT, en juillet 2024, pour ingérence et entraves antisyndicales à l'entrepôt YUL2 à Lachine.
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l'ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Pour renseignements : François L'Écuyer, Service des communications de la CSN, Cell. : 514 949-8973, [email protected]
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