MONTRÉAL, le 10 sept. 2026 /CNW/ -- Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, et la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), Anne-Marie Bellerose, ont tenu une première conférence de presse commune aujourd'hui, le 10 septembre 2026, à l'occasion de la nouvelle année éducative en petite enfance.
« Les intervenantes ne veulent plus de promesses. Elles veulent savoir quel gouvernement choisira de renforcer le réseau public, d'améliorer leurs conditions de travail et d'assurer une place de qualité à chaque enfant. Le réseau se fragilise et le gouvernement poursuit son ouverture à la privatisation. À quelques semaines des élections provinciales, les partis politiques devront répondre à une question simple : veulent-ils investir dans un réseau public de centres de la petite enfance (CPE) et de milieux familiaux régis et subventionnés, ou continuer à favoriser une privatisation qui nuit aux enfants et aux familles du Québec? », déclarent d'une même voix les leaders syndicaux.
Une perte de 244 M$
« J'invite les partis à se positionner sur la privatisation du réseau des services éducatifs à la petite enfance. En refusant de prioriser la conversion des garderies subventionnées en CPE, le gouvernement sortant a renoncé à 244 millions de dollars. C'est un non-sens dans le contexte économique actuel », explique Éric Gingras, président de la CSQ.
En effet, convertir les garderies non subventionnées en CPE implique de payer un peu plus maintenant, mais permettra de récupérer beaucoup plus sur le long terme. Pour 12 515 places converties, l'État renonce à 244 M$. En travaillant à partir du cadre de James Heckman, prix Nobel en économie, qui prend en compte le développement de l'enfant, le rendement sur une carrière et les coûts évités dans les services publics, on conclut que les CPE génèrent davantage grâce à une qualité éducative supérieure par rapport aux garderies subventionnées.
Les CPE coûtent à l'État environ 800 $ de plus par place, alors que leur retour sur investissement, en comptant les gains de productivité et les retombées sur le long terme, surpasse celui des garderies subventionnées d'environ 19 000 $.
Une consultation terrain qui place la petite enfance au cœur des priorités
De son côté, la présidente de la FIPEQ-CSQ, Anne-Marie Bellerose, dévoile les résultats d'une consultation menée au printemps dernier dans le cadre de la tournée de la présidente 2026. Au cours de cette tournée, des centaines d'intervenantes en petite enfance ont été rencontrées dans les 14 régions du Québec afin de faire le point sur les réalités vécues sur le terrain et sur leurs principales préoccupations en vue des élections provinciales 2026.
« Pour la FIPEQ-CSQ, il est essentiel d'aller à la rencontre de nos membres. Les besoins et les solutions partent du terrain et notre rôle est d'écouter nos intervenantes, qui sont les expertes de leur milieu. C'est donc ce que nous avons fait ce printemps, dans le cadre de cette tournée. Nous avons posé les vraies questions, mais surtout, nous avons pris le temps d'écouter celles qui portent notre réseau à bout de bras. Malheureusement, c'est encore trop souvent ce que le gouvernement néglige de faire », affirme Anne-Marie Bellerose.
Des résultats sans appel
Les résultats de la consultation sont sans équivoque : 85 % des intervenantes sondées considèrent que l'amélioration des conditions de travail constitue une priorité pour assurer la pérennité du réseau des services éducatifs à l'enfance. « Les intervenantes sont claires, elles aiment leur travail et elles souhaitent continuer de l'exercer, mais pas à n'importe quel prix. Elles veulent travailler dans un environnement qui leur permet d'offrir des services de qualité aux enfants et aux familles, tout en se sentant soutenues et valorisées », explique la présidente de la FIPEQ-CSQ.
Alors que la privatisation gagne du terrain, les effets sur le réseau se font sentir. Plus d'une intervenante sur trois estime qu'il faut rapidement mettre un frein au définancement des services éducatifs à l'enfance. « Nous sommes face à une situation qui se dégrade : la pénurie de main-d'œuvre continue de fragiliser les milieux et l'accès à une place est loin d'être assuré pour chaque enfant. On ne peut pas prétendre vouloir assurer la pérennité du réseau sans s'attaquer de front aux conditions de travail. Pendant que le gouvernement multiplie les ouvertures à la privatisation, les intervenantes, elles, nous demandent de renforcer le réseau public et de soutenir celles qui le font vivre », poursuit Anne-Marie Bellerose.
À l'approche des élections provinciales du 5 octobre, les enjeux de la petite enfance pourraient également jouer un rôle important dans les intentions de vote des intervenantes. Près de 80 % d'entre elles affirment que les engagements des partis politiques en matière de petite enfance influenceront leur vote. « La petite enfance doit être une priorité électorale. Le gouvernement n'a pas accordé suffisamment d'importance à notre réseau et nous en voyons aujourd'hui les conséquences : des milieux fragilisés, des intervenantes qui peinent à subsister et des familles qui attendent toujours une place. Pourtant, notre réseau est une fierté québécoise et une référence internationale. »
Pour la CSQ et la FIPEQ-CSQ, le prochain gouvernement devrait s'engager à mettre un terme à la privatisation qui menace l'équilibre du réseau des services éducatifs à l'enfance, à assurer l'accès à une place en CPE ou en milieu familial régi et subventionné pour chaque enfant et à améliorer de façon importante les conditions de travail des intervenantes, afin de stabiliser les milieux. « Bien sûr, plusieurs enjeux seront au cœur de cette campagne électorale, mais l'éducation et le développement de nos tout-petits ne peuvent pas être relégués au second plan. Investir en petite enfance, c'est investir dans l'avenir de nos enfants, de nos familles et du Québec », concluent les leaders syndicaux.
Profil de la FIPEQ-CSQ
La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) est l'organisation syndicale la plus représentative en petite enfance. Elle représente plus de 12 000 membres à travers le Québec travaillant dans les centres de la petite enfance (CPE) ou comme responsables en services éducatifs (RSE) en milieu familial régi et subventionné.
X : FIPEQ_CSQ
Profil de la CSQ
La CSQ est la plus importante organisation syndicale en éducation au Québec. Elle représente des membres dans toutes les catégories d'emplois, de la petite enfance à l'enseignement supérieur, en passant par tout le réseau scolaire.
La Centrale rassemble 235 000 membres; elle compte 11 fédérations qui regroupent quelque 240 syndicats affiliés, auxquels s'ajoute l'AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ. Elle est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
X : CSQ_Centrale
SOURCE Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Renseignements : Maude Messier, Conseillère aux communications et aux relations de presse, Cellulaire : 514 213-0770, Courriel : [email protected]; Laurianne Veilleux, Conseillère aux communications et aux relations gouvernementales FIPEQ-CSQ, Cellulaire : 514 264-6793, Courriel : [email protected]
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