BLAINVILLE, QC, le 19 mars 2026 /CNW/ - Le Réseau québécois des aéroports (RQA) exprime sa vive déception à la suite du budget 2026-2027 déposé par le ministre des Finances, Éric Girard, qui ne prévoit aucun soutien pour des infrastructures aéroportuaires pourtant en situation critique. Alors que les besoins sont clairement documentés et que le gouvernement avait lui-même reconnu le rôle stratégique de ces infrastructures en 2018, il laisse aujourd'hui tomber les aéroports et les régions du Québec.
Concrètement, cette décision risque d'accentuer les défis liés à l'accès aux soins d'urgence, à la mobilité et à l'activité économique dans plusieurs régions à travers la province.
Un réseau sous pression, des infrastructures qui se dégradent
Les besoins du réseau aéroportuaire régional sont aujourd'hui bien établis, documentés et chiffrés. En 2024, le RQA a mené un sondage rigoureux auprès des aéroports locaux et régionaux du Québec. Les résultats, transmis au gouvernement, évaluaient ces besoins à plus de 815 M$.
Malgré ce constat clair, la décision du ministère des Finances vient aggraver une situation déjà préoccupante : des pistes en fin de vie, des aérogares vieillissantes et des équipements de sécurité désuets, dans des communautés qui, bien souvent, dépendent de leur aéroport comme seul lien fonctionnel avec le reste du Québec.
« Le gouvernement reconnaît l'importance du transport aérien pour le dynamisme de nos régions en annonçant 18 M$ pour en améliorer l'accès. Mais cette position est paradoxale : à quoi sert de financer l'accès si les infrastructures aéroportuaires ne sont plus en état de suivre ? », s'interroge Serge Côté, directeur général du RQA.
Une cohérence politique rompue
En 2018, à la suite du Sommet sur le transport aérien régional, le gouvernement du Québec avait reconnu le caractère stratégique des aéroports régionaux en mettant en place un programme d'aide de 100 M$. Celui-ci avait permis la réfection de pistes, la mise à niveau d'équipements critiques et le maintien d'infrastructures essentielles à la sécurité, notamment pour les évacuations aéromédicales et les interventions d'urgence.
Depuis 2022, le gouvernement a choisi de ne pas reconduire ce programme, malgré des responsabilités inchangées et des besoins en forte croissance. Aujourd'hui, il fait le choix de maintenir ce désengagement, envoyant un signal préoccupant quant à la place accordée aux régions dans ses priorités.
« Alors que le débat politique se concentre sur la création d'un troisième lien à Québec, on oublie que, dans plusieurs régions, l'aéroport est le seul lien stratégique avec les grands centres. Aujourd'hui, ce lien est fragilisé, et certaines communautés pourraient en perdre l'accès si le gouvernement n'intervient pas rapidement », déplore Serge Côté.
Des impacts concrets, immédiats et parfois irréversibles
Le choix du gouvernement aura des conséquences mesurables :
- Des pistes continueront de se dégrader, augmentant les risques d'incidents et les coûts futurs de réfection ;
- Des équipements de sécurité ne seront pas remplacés à temps, compromettant la conformité réglementaire ;
- Les évacuations aéromédicales et les interventions en cas de sinistre seront plus difficiles et plus risquées ;
- Des régions deviendront moins attractives pour les entreprises et les travailleurs qualifiés, aggravant la pénurie de main-d'œuvre ;
- La chaîne d'approvisionnement en biens essentiels et en pièces spécialisées sera fragilisée pour des secteurs critiques comme la santé, l'énergie et les ressources naturelles.
« Le financement des aéroports n'est pas un luxe : c'est une question de sécurité, d'accès aux services essentiels et d'équité pour les régions. En continuant de reporter les investissements, le gouvernement fait le choix d'accentuer les risques, d'alourdir la facture et de fragiliser des infrastructures de transport critiques », ajoute Serge Côté.
Un appel à la cohérence et à l'action rapide
Le RQA invite le gouvernement du Québec à agir rapidement en créant une enveloppe dédiée d'au moins 100 M$, sous la forme d'un programme pluriannuel, stable, récurrent et prévisible. Il s'agit d'un plancher minimal pour éviter des bris de service et soutenir durablement le réseau aéroportuaire québécois.
« Les aéroports régionaux doivent être reconnus comme des infrastructures publiques essentielles, au même titre que le réseau de transport routier. Le gouvernement a déjà reconnu l'importance d'agir en 2018 : il est urgent de le faire de nouveau, avant qu'il ne soit trop tard », conclut Serge Côté.
À propos
Le Réseau québécois des aéroports est une association regroupant les propriétaires et exploitants des principaux aéroports au Québec et favorisant le rayonnement d'entreprises de l'industrie. Il contribue notamment à la viabilité, au développement et à la sécurité des aéroports.
www.reseauquebecoisdesaeroports.ca
SOURCE Réseau québécois des aéroports (RQA)

Renseignements : Elisabeth Larocque-de Freitas, (514) 652-6887, [email protected]
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