Budget provincial : la Chambre tire la sonnette d'alarme sur l'état des infrastructures publiques stratégiques
MONTRÉAL, le 24 févr. 2026 /CNW/ - La Chambre de commerce du Montréal métropolitain présente ses recommandations au ministre des Finances, Eric Girard, en prévision du dépôt du budget 2026-2027 du gouvernement du Québec.
« Dans un contexte de bouleversements géopolitiques, économiques et technologiques, le Québec doit faire des choix clairs. Pour renforcer durablement notre compétitivité, le prochain budget doit miser sur trois priorités très concrètes : accélérer l'innovation pour stimuler la productivité de nos entreprises, créer les conditions pour retenir et attirer les talents, et investir massivement dans le maintien et la modernisation de nos infrastructures, qu'il s'agisse de transport, d'équipements publics ou d'actifs stratégiques. On ne peut plus se limiter à colmater les brèches. Le gouvernement doit agir comme un véritable partenaire de croissance, avec des engagements prévisibles, innovants et structurants qui donnent aux entreprises la confiance nécessaire pour investir et se développer », a déclaré Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
En ce sens, la Chambre dénonce le climat d'incertitude intenable qui paralyse actuellement le financement du transport collectif. À la STM, le besoin criant de 15 G$ pour le seul maintien des actifs illustre l'ampleur de la crise. Sans une intervention immédiate et un cadre financier stable, la métropole s'expose à une dégradation de sa mobilité.
« On ne construit pas l'économie du futur sur des fondations qui s'effritent. Le Québec est face à une échéance critique : nous ne pouvons plus nous permettre de laisser l'argent sur la table à Ottawa pendant que nos réseaux de transport collectif menacent de tomber en rupture de service. Il est minuit moins une pour sécuriser les milliards nécessaires pour la fiabilité de notre mobilité », a indiqué Isabelle Dessureault.
« Le gouvernement doit sortir de la culture du "ruban rouge", qui privilégie le prestige du neuf au détriment de la survie de l'existant. Investir dans le maintien des actifs de la STM, ce n'est pas une dépense, c'est une police d'assurance contre la paralysie de la métropole », a poursuivi Mme Dessureault.
Au-delà de l'urgence du maintien des infrastructures, la Chambre articule ses recommandations autour de deux autres axes stratégiques :
Soutenir la compétitivité et accélérer l'adoption des innovations : La Chambre invite le ministère des Finances à poursuivre ses efforts d'allègement fiscal et réglementaire et à accélérer l'adoption de l'IA. L'État doit devenir le « premier client » de l'innovation québécoise pour propulser nos entreprises sur les marchés mondiaux, notamment dans les secteurs de la défense et des technologies à double usage.
Mieux répondre aux besoins de main-d'œuvre : L'abolition du PEQ sans mesure de transition crée un climat d'incertitude préjudiciable à la rétention des talents. La Chambre exige une clause de droits acquis pour protéger les travailleurs déjà intégrés, tout en réclamant des investissements pérennes dans la francisation, le logement et l'intégration professionnelle pour bâtir une réelle expertise d'accueil au Québec.
« Le budget 2026-2027 doit être celui de la cohérence stratégique. Qu'il s'agisse de nos infrastructures ou de nos talents, le Québec doit sécuriser ses acquis avant qu'ils ne deviennent des passifs irrécupérables », a conclu Isabelle Dessureault.
Pour prendre connaissance du mémoire de la Chambre sur le budget 2026 du Québec, veuillez consulter le site Web de la Chambre.
Synthèse des recommandations :
Recommandation 1 : Poursuivre les efforts visant à rehausser la productivité de l'économie québécoise et à stimuler l'innovation en misant sur cinq leviers :
- Poursuivre l'allègement fiscal et réglementaire en réduisant les coûts de conformité, en simplifiant davantage les démarches administratives et en assurant la mise en œuvre intégrale du PL-11 pour diminuer la charge réglementaire des entreprises.
- Soutenir la commercialisation de la recherche et l'adoption de technologies innovantes, notamment en accélérant l'intégration de l'intelligence artificielle et des technologies numériques par les entreprises, en appuyant le rehaussement des compétences et en renforçant le rôle du gouvernement comme « premier client ».
- Sortir de la règle du plus bas soumissionnaire dans les mécanismes d'approvisionnement public pour favoriser les solutions locales, innovantes et durables.
- Soutenir la diversification des entreprises vers la défense et les technologies à double usage en mettant à disposition un accompagnement spécialisé, en facilitant l'accès aux chaînes d'approvisionnement et en appuyant les créneaux où le Québec dispose d'avantages stratégiques (aérospatiale, IA, quantique, sciences de la vie…).
Recommandation 2 : Agir rapidement pour mieux répondre aux besoins de main-d'œuvre des entreprises en :
- Instaurant sans délai une clause de droits acquis pour les travailleurs étrangers déjà présents au Québec et intégrés à la société, et en rétablissant le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) afin d'assurer la rétention des talents dont les entreprises ont besoin;
- Se dotant, à moyen terme, d'une véritable expertise en matière d'accueil et d'intégration des immigrants, notamment en investissant de façon pérenne dans la francisation, le logement et les services d'accompagnement, sans traitement défavorable pour la métropole.
Recommandation 3 : Faire des infrastructures une priorité nationale en :
- Augmentant la part des investissements consacrés à l'entretien des actifs publics, afin d'assurer la fiabilité des infrastructures essentielles;
- Adoptant une approche ciblée pour le développement de projets essentiels et structurants, en misant sur des mécanismes innovants de financement, notamment des partenariats public-privé porteurs;
- Lançant un chantier national sur le financement des infrastructures, afin d'identifier les meilleures pratiques, de diversifier les sources de financement et d'assurer une planification prévisible et durable des investissements à long terme;
- Soutenant financièrement les municipalités dans la réalisation des infrastructures urbaines nécessaires au développement des quartiers à fort potentiel, notamment par un décaissement rapide des sommes octroyées au Québec dans le cadre du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, afin d'accroître l'offre de logements et de permettre la concrétisation de projets structurants.
À propos de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM)
Forte d'un réseau de près de 8 000 membres, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (ci-après « la Chambre ») agit sur trois fronts : elle porte la voix du milieu des affaires de la métropole, offre des services spécialisés aux entreprises et à leurs employés et mène des initiatives d'impact pour renforcer l'environnement d'affaires. Depuis plus de 200 ans, elle intervient dans des dossiers déterminants pour la prospérité des entreprises et de la métropole. Avec l'appui de ses spécialistes, la Chambre vise à accélérer la création et la croissance des entreprises de toutes tailles, ici et à l'international.
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SOURCE Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Source : Ariane Joazard-Bélizaire, Stratège, relations médias et communications numériques, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, T. 514 669-6768, [email protected]
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