Après 16 mois sans aborder le salaire et 28 mois sans augmentation - Siemens déclenche un lockout à Trois-Rivières
TROIS-RIVIÈRES, QC, le 15 avril 2026 /CNW/ - À 5h30 ce matin, Siemens Canada a décrété un lockout à ses deux usines de Trois-Rivières, où travaillent 105 membres de la section locale 8396 du Syndicat des Métallos. À leur arrivée sur leur quart de travail, les salariés se sont fait interdire d'entrer par des agents de sécurité.
Ce lockout survient alors que les négociations pour le renouvellement de leur convention collective étaient pourtant toujours en cours. Depuis l'ouverture des négociations il y a 16 mois (janvier 2024), les parties n'ont toujours pas abordé les questions salariales. Ainsi, les travailleurs n'ont reçu aucune augmentation de salaire depuis 28 mois.
Le syndicat avait convoqué une assemblée générale pour le samedi 18 avril afin d'obtenir auprès de ses membres un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève. Ils avaient préalablement informé le conciliateur qu'ils n'entendaient pas déclencher une grève avant les prochaines dates de négociation fixées au 1er mai, laissant ainsi délibérément la porte ouverte à un règlement.
« Siemens préfère fermer ses portes plutôt que de s'asseoir à la table. Un lockout préventif, ça envoie le message aux travailleurs que leurs droits s'arrêtent là où les intérêts des patrons commencent. On ne l'acceptera pas », lance Luc Laberge, représentant syndical des Métallos.
L'entreprise fabrique des transformateurs électriques essentiels à l'infrastructure énergétique du Québec. « Siemens choisit de mettre ses travailleurs en lockout plutôt que de négocier », reprend Luc Laberge. « C'est une décision cynique et nos membres la vivent comme un affront. »
Ce lockout survient alors que la Loi 14, qui modifie en profondeur le cadre des relations de travail au Québec, fait l'objet de contestations judiciaires de la part de plusieurs organisations syndicales. La décision de Siemens de recourir au lockout au moment même où le syndicat s'apprêtait à exercer ses droits légaux soulève des questions fondamentales sur l'équilibre des rapports de force au travail, des questions que les Métallos entendent porter bien au-delà de la table de négociation.
Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le plus important syndicat du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques.
SOURCE Syndicat des Métallos (FTQ)

Renseignements : Jocelyn Desjardins, 514 604-6273, [email protected]
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