Adoption du PL23 - L'AMPQ lance un dernier appel aux parlementaires : en santé mentale, intervenir à temps peut sauver des vies
MONTRÉAL, le 11 juin 2026 /CNW/ - À l'approche de la fin des travaux parlementaires, l'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) lance un ultime appel à l'ensemble des parlementaires afin que le projet de loi 23 soit adopté avant l'ajournement des travaux.
Pour l'AMPQ et ses partenaires, cette réforme représente une occasion attendue depuis plus de 30 ans de moderniser un cadre législatif qui ne reflète plus adéquatement les réalités actuelles de la santé mentale. Les consultations particulières ont permis d'entendre des patients, des proches, des cliniciens, des juristes et de nombreux experts qui ont rappelé la nécessité de mieux intervenir lorsque la maladie altère la capacité d'une personne à reconnaître son besoin de soins.
Le projet de loi 23, rappelons-le, est l'aboutissement d'un long processus de réflexion et de consultation. Au fil des ans, plusieurs enquêtes de coroners, notamment celles portant sur les décès de Maureen Breau, d'Isaac Brouillard Lessard, de Jacques Côté et de Lysane Gendron, ont mis en lumière les limites du cadre actuel et la nécessité de mieux intervenir auprès de certaines personnes vivant avec des troubles mentaux graves. Le gouvernement a également confié à l'Institut québécois de réforme du droit et de la justice un important mandat de réflexion ayant donné lieu à un rapport nourri par les mémoires et les contributions d'une vaste diversité d'acteurs du milieu. Le projet de loi soumis aux parlementaires aujourd'hui est le fruit de ce travail collectif rigoureux et d'une volonté partagée de mieux protéger les personnes les plus vulnérables, tout en respectant leurs droits fondamentaux.
Au-delà des débats techniques, l'enjeu est profondément humain. Chaque jour, des personnes vivant avec des troubles mentaux graves et leurs proches sont confrontés aux limites du système actuel. Lorsque les troubles mentaux graves s'installent et que le jugement est affecté, attendre que la situation se détériore davantage n'est pas toujours synonyme de respect des droits : cela peut aussi signifier davantage de souffrance, d'itinérance, de judiciarisation, de risques pour la sécurité ou de ruptures familiales.
« Le projet de loi 23 ne vise pas à retirer des droits, mais à permettre une intervention plus précoce, plus humaine et mieux adaptée aux réalités cliniques d'aujourd'hui. Derrière cette réforme se trouvent des personnes, des familles et des proches qui espèrent pouvoir obtenir de l'aide avant que la crise ne fasse davantage de dommages. Nous invitons l'ensemble des parlementaires à saisir cette occasion de faire avancer le Québec avec humanité et sérénité. » -- Claire Gamache, présidente de l'Association des médecins psychiatres du Québec
« La schizophrénie m'a fait perdre près de vingt ans de ma vie. Si des personnes n'étaient pas intervenues au moment où je n'étais plus en mesure de reconnaître mon besoin de soins, je ne serais probablement pas ici aujourd'hui. C'est pourquoi cette réforme représente avant tout un message d'espoir pour les personnes vivant avec des troubles mentaux graves et leurs proches. Nous souhaitons une réforme de la loi P-38 qui permette d'intervenir plus tôt, avec respect, bienveillance et humanité. J'invite les parlementaires à entendre les nombreux témoignages de patients, de familles et de proches qui se sont exprimés au cours des dernières semaines et à placer l'intérêt des personnes les plus vulnérables au-dessus des considérations partisanes. Il faut le rappeler : en psychiatrie comme ailleurs, soigner, c'est sauver des vies. » -- Luc Vigneault, pair aidant, auteur et expert en rétablissement et organisation des soins en santé mentale
L'AMPQ rappelle que la réforme proposée vise à mieux concilier le respect des droits fondamentaux et l'accès aux soins pour les personnes les plus vulnérables. Elle invite les parlementaires de toutes les formations politiques à faire preuve de leadership afin de permettre l'adoption de cette réforme attendue par de nombreux acteurs du milieu de la santé mentale.
Rappelons que plusieurs acteurs du milieu, dont l'AMPQ, ont récemment exposé la nécessité d'avancer avec l'adoption du PL23 dans une lettre ouverte intitulée Le Québec doit avancer avec humanité et sérénité, publiée dans La Presse.
SOURCE Association des médecins psychiatres du Québec

Source : Martine Dériger, Directrice générale, Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ), (514) 515-4304
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