Une récente étude montre qu'une loi visant les écoles peut améliorer la prise en charge de l'anaphylaxie et la conscientisation à ce sujet
EnglishAllergies Alimentaires Canada exhorte les provinces à suivre l'exemple de l'Alberta et à rendre obligatoire la constitution de réserves de dispositifs d'épinéphrine dans les établissements scolaires.
Une étude évaluée par des pairs montre que la loi historique adoptée par l'Alberta a presque doublé l'utilisation d'épinéphrine avant le transport à l'hôpital dans les cas d'anaphylaxie en milieu scolaire. Un nouveau sondage révèle que 9 Canadiens sur 10 souhaitent que les écoles aient des dispositifs d'épinéphrine en réserve.
TORONTO, le 26 août 2026 /CNW/ -- À l'aube de la rentrée scolaire au Canada, une nouvelle étude évaluée par des pairs montre comment une loi visant les écoles peut contribuer à combler d'importantes lacunes en matière de préparation à l'anaphylaxie, notamment en ce qui concerne l'accès à l'épinéphrine et la formation du personnel des écoles.
Cette étude, publiée dans la revue International Archives of Allergy and Immunology, portait sur la Protection of Students with Life-Threatening Allergies Act (loi sur la protection des élèves atteints d'allergies potentiellement mortelles), entrée en vigueur en 2020 et prévoyant l'entreposage de dispositifs d'épinéphrine dans les établissements scolaires. L'étude a noté que cette loi était associée à un quasi-doublement de l'utilisation de l'épinéphrine avant le transport à l'hôpital chez les enfants subissant des réactions allergiques graves (anaphylaxie) à l'école -- passant de 35,7 % avant l'entrée en vigueur de la loi à 64,5 % par après.
Disposer d'une réserve d'épinéphrine revient à disposer d'un défibrillateur externe automatisé (DEA) ou d'une trousse de premiers secours : cette épinéphrine n'est pas prescrite à une personne en particulier, mais est accessible en cas d'urgence à toute personne qui en a besoin. En cas d'anaphylaxie, l'administration rapide d'épinéphrine est cruciale, et le fait de disposer d'une réserve peut contribuer à garantir l'accès à un traitement pouvant sauver des vies dès que ce traitement s'avère nécessaire, comblant ainsi de graves lacunes en matière de sécurité.
Aucune hausse similaire de l'utilisation d'épinéphrine avant le transport vers l'hôpital n'a été observée au cours de la même période au Québec et en Ontario, où il n'existe pas d'exigences comparables en matière d'entreposage de dispositifs d'épinéphrine. L'étude souligne que l'Alberta a connu une montée spectaculaire de la conscientisation à l'anaphylaxie l'année où la loi a été adoptée. En effet, cette année-là, les taux de réussite du cours portant sur l'anaphylaxie offert par Allergies Alimentaires Canada à l'intention des enseignants et du personnel scolaire, sur le site connaitrelesallergies.ca, ont augmenté de 700 %, et ces taux élevés se sont maintenus au cours des années suivantes.
Depuis 2015, le cours sur l'anaphylaxie en milieu scolaire offert sur connaitrelesallergies.ca a été suivi plus de 375 000 fois aux quatre coins du pays. Ce cours en ligne gratuit à faire à son rythme offert par Allergies Alimentaires Canada enseigne au personnel scolaire à reconnaître l'anaphylaxie et à y réagir; plus de 95 % des participants déclarent qu'ils recommanderaient ce cours à d'autres.
Dans l'ensemble, ces résultats soulignent que la loi a le potentiel de favoriser à la fois l'accès à un traitement pouvant sauver des vies et la formation nécessaire à l'utilisation efficace de ce traitement.
« Ces résultats sont importants, car ils montrent qu'une loi peut influer non seulement sur l'accès à l'épinéphrine, mais aussi la capacité à reconnaître l'anaphylaxie et à y réagir », a déclaré le Dr Moshe Ben-Shoshan, allergologue et immunologue à l'Hôpital de Montréal pour enfants et auteur principal de l'étude. « Une approche globale peut améliorer concrètement la prise en charge de l'anaphylaxie dans les écoles. »
Une loi peut combler de graves lacunes
Allergies Alimentaires Canada estime que ces résultats renforcent la nécessité pour les provinces d'agir.
« Avoir une réserve de dispositifs d'épinéphrine ne constitue qu'une partie de la solution. Il faut aussi savoir reconnaître l'anaphylaxie, comprendre que l'épinéphrine doit être administrée sans délai et y avoir accès en cas d'urgence », a déclaré Jennifer Gerdts, directrice générale d'Allergies Alimentaires Canada. « Une loi peut mettre en place ces deux éléments : garantir que les écoles disposent de l'information, de cours et des protocoles nécessaires pour intervenir, tout en rendant l'épinéphrine facilement accessible en cas de besoin. »
L'Alberta est actuellement la seule province dotée d'une loi obligeant les écoles à disposer d'une réserve d'épinéphrine.
Les Canadiens soutiennent ces mesures
Un récent sondage Léger réalisé pour le compte d'Allergies Alimentaires Canada révèle un fort soutien de la population en faveur d'un accès plus large à l'épinéphrine et d'une meilleure conscientisation à l'anaphylaxie :
- 90 % des Canadiens estiment que les écoles devraient disposer d'épinéphrine en cas d'urgence.
- 83 % estiment que les traitements qui sauvent des vies en cas de réactions allergiques graves devraient être aussi accessibles dans les lieux publics qu'un DEA l'est en cas d'urgence cardiaque.
- Pourtant, seuls 63 % d'entre eux se disent capables de reconnaître les signes d'anaphylaxie chez une autre personne.
Ces résultats mettent en évidence un décalage entre le soutien du public et la politique actuelle, ainsi que la nécessité persistante de mener des actions de conscientisation parallèlement à l'accroissement de l'accès à l'épinéphrine.
Un moment crucial : la rentrée scolaire
L'allergie alimentaire touche plus de 600 000 enfants canadiens, soit environ trois élèves par classe de 30. En cette période de rentrée scolaire, Allergies Alimentaires Canada exhorte :
- les gouvernements provinciaux à suivre l'exemple de l'Alberta et rendre obligatoire la constitution de réserves d'épinéphrine dans les écoles ainsi que la conscientisation sur l'anaphylaxie;
- les commissions scolaires et les éducateurs à suivre le cours offert sur connaitrelesallergies.ca avant le début de l'année scolaire;
- les enseignants à utiliser le programme intitulé Tout sur l'allergie alimentaire, une initiative destinée aux élèves offerte gratuitement par Allergies Alimentaires Canada et conforme au programme scolaire, afin d'aider les élèves à mieux comprendre ce sujet, à gagner en confiance et à favoriser l'inclusion.
« Une loi peut contribuer à garantir que chaque établissement scolaire dispose à la fois des outils et des connaissances nécessaires pour réagir à l'anaphylaxie, a ajouté M. Gerdts. Accumulation de données probantes, appui des Canadiens envers cette initiative et rentrée scolaire : le moment est propice pour que chaque province passe à l'action. »
Référence
- Étude : Effectiveness of a Provincial Law to Improve Epinephrine Use for Anaphylaxis in Schools in Alberta, Canada: A Pre-Post Study (en anglais seulement)
- Les données citées dans ce communiqué proviennent d'une enquête en ligne menée par Léger du 24 au 26 avril 2026 auprès de 1 521 résidents canadiens âgés de 18 ans et plus. Un échantillon aléatoire de cette taille donnerait lieu à une marge d'erreur ne dépassant pas ± 2,5 %, 19 fois sur 20.
À propos d'Allergies Alimentaires Canada
Allergies Alimentaires Canada est un organisme national sans but lucratif et la principale organisation de patients au Canada, vouée à l'éducation, au soutien et à la défense des intérêts des plus de trois millions de Canadiennes et de Canadiens touchés par l'allergie alimentaire.
SOURCE Food Allergy Canada

Personne-ressource pour les médias: Beatrice Povolo, Allergies Alimentaires Canada, [email protected]
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