Séparation des familles: nous exigeons une politique d'arrêt des renvois par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) impliquant une séparation familiale
MONTRÉAL, le 25 mai 2026 /CNW/ - Dans un contexte d'accélération des renvois au Québec, plusieurs acteur-trices constatent une hausse très préoccupante des mesures de renvoi émises par l'ASFC conduisant à des séparations familiales.
Le Collectif Bienvenue et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), accompagnés de plusieurs avocates et figures politiques, demandent que l'ASFC adopte de toute urgence une politique officielle de mettre fin aux mesures de renvoi entraînant la séparation des familles, et ce, afin de protéger l'unité familiale, l'intérêt supérieur des enfants et le respect des droits fondamentaux.
«Le Collectif Bienvenue a été interpellé dans les dernières semaines pour des situations absolument inacceptables de séparations familiales que nous n'avions jamais vu: de nombreuses familles ou un parent fait face à un renvoi vers son pays d'origine alors que l'autre parent est toujours en demande de protection ou est réfugié accepté. Nous avons été en contact avec 8 familles dont un parent était menacé de renvoi et de séparation indéfinie avec son enfant durant les deux derniers mois, c'est du jamais vu. L'ASFC procède à des séparations parents-enfants qui ont des impacts incalculables. selon Maryse Poisson, directrice de l'intervention sociale au Collectif Bienvenue.
«Ces dernières années, les personnes en quête de refuge ont été à ce point déshumanisées par les discours publics qu'elles figurent maintenant tout en haut de la liste de priorités en matière de renvois. La région du Québec de l'ASFC est tristement devenue, dans ce contexte, la championne des déportations au Canada. Tout cela occasionne les drames humains inimaginables que l'on dénonce aujourd'hui; il est plus qu'urgent d'y mettre fin », selon Louis-Philippe Jannard, de la TCRI
«L'ASFC avait ordonné le renvoi de mon conjoint Miguel le 5 mai 2026 et avait refusé tout sursis, alors que je suis moi-même toujours en attente d'une réponse pour mon statut et que notre enfant canadien était malade : sans l'intervention à la dernière minute d'une organisation communautaire et d'une avocate, mon conjoint aurait été déporté au Mexique et notre famille séparée indéfiniment», selon Madame Andrea, dont le conjoint a évité de peu le renvoi le 5 mai 2026 et est toujours à risque de renvoi.
«L'ASFC a voulu me renvoyer deux fois vers mon pays, en février 2026, et en mai 2026, alors même que je venais d'avoir un bébé canadien en octobre 2025. Sans l'intervention en urgence de ma nouvelle avocate, on m'aurait séparée indéfiniment de mon conjoint qui habite au Québec et de mon enfant, c'était d'une tristesse infinie.», selon Madame Aminata, qui a évité de peu le renvoi en février 2026 et en mai 2026, et est toujours à risque de renvoi.
«Le Canada doit respecter ses obligations légales en vertu du droit international et interne. La réunification familiale est d'ailleurs l'un des objectifs de la Loi sur l'Immigration et la Protection des Réfugiés. Tous les jours, nous constatons de manière directe les effets concrets et dévastateurs des séparations familiales chez nos clients.» selon Me Khouri-Raphael et Me Marie-Odile Marcotte, avocates spécialisées en droit de l'immigration
Deux représentants politiques ont uni leurs voix pour soutenir ces revendications:
« En ce moment, la vérité, c'est qu'on sépare des familles et on crée des drames qui sont facilement évitables. Les politiques migratoires fédérales actuelles expulsent plus de familles que sous le gouvernement consrevateur de Harper ! C'est une détérioration complète du système de protection des réfugiés. Il faut absolument que le ministre se mette au travail et instaure une politique d'intérêt public pour éviter les renvois inhumains qu'on observe chez nous. » selon Alexandre Boulerice, député fédéral de Rosemont-La Petite-Patrie.
«On ne peut pas accepter que des familles soient brisées par des déportations. Je m'inquiète du fait que cette pratique inhumaine de l'ASFC semble frapper particulièrement les personnes installées au Québec. J'exhorte le gouvernement du Québec à intervenir auprès du gouvernement fédéral afin de rappeler que nos valeurs passent par la protection de l'intérêt supérieur des enfants et le maintien des familles unies.» selon Andrés Fontecilla, député provincial de Laurier-Dorion,
SOURCE Ligue des droits et libertés

Renseignements : Louis-Philippe Jannard, Coordonnateur - Volet protection, TCRI, (438) 868-5837 ou [email protected]; Maryse Poisson, Directrice de l'intervention sociale, Collectif Bienvenue, (438) 939-3770 ou [email protected]
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