Réforme de l'assurance-emploi - Les élus des régions pressent le fédéral de corriger le tir

QUÉBEC, le 5 déc. 2012 /CNW Telbec/ - Préoccupés par les éventuels impacts dévastateurs de la réforme de l'assurance-emploi sur l'économie de leur région, des élus locaux des quatre coins du Québec s'unissent pour demander au gouvernement fédéral le retrait de la réforme du régime de l'assurance-emploi. De la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine au Témiscamingue, en passant par la Basse-Côte-Nord et les Laurentides, c'est tout le Québec des régions que le projet de réforme fédérale risque d'ébranler, d'appauvrir et de vider de ses compétences.

En marge de l'assemblée des MRC, tenue à Québec les 5 et 6 décembre, plusieurs préfets ont manifesté leurs craintes face aux perspectives sombres que laisse entrevoir la réforme incluse au projet de loi C-38 dans les régions où des milliers de travailleurs inquiets occupent des emplois saisonniers dans la forêt, l'agriculture, les pêches et le tourisme, notamment.

« On est persuadé que les modifications proposées auront des impacts négatifs sur la structure économique de nos régions, que plusieurs travailleurs et employeurs vont en souffrir et que la rétention de la population sera plus difficile que jamais », estime le préfet d'Avignon et président de la CRÉ Gaspésie-Les Îles, Bertrand Berger. L'obligation pour les prestataires dits « fréquents » d'accepter un emploi convenable jusqu'à 100 km à l'extérieur de leur région et à 70 % du salaire antérieur constitue d'ailleurs les deux principaux irritants de la réforme fédérale. De plus, l'abandon d'une mesure destinée à prolonger la période de prestation dans les régions à fort taux de chômage risque de précipiter des milliers de familles sur l'aide sociale pendant 5 à 10 semaines où elles se retrouveront désormais sans emploi et sans revenu.

La réforme fédérale crée trois catégories de chômeurs, les travailleurs saisonniers étant particulièrement visés par les mesures contraignantes. Il s'installe un climat de méfiance et d'insécurité qui nuira inévitablement aux économies locales.

« Le fédéral vise la mauvaise cible, déplore le préfet de la MRC d'Antoine-Labelle, Roger Lapointe. L'inquiétude est grande chez nos travailleurs, ils ont le sentiment qu'on s'attaque à eux, plutôt que de s'attaquer au chômage saisonnier et de nous aider à stimuler le développement économique de nos régions ».

Les employeurs craignent pour leur part de perdre leurs travailleurs compétents, mais saisonniers, quand ils auront été forcés de quitter la région. On anticipe déjà une pénurie de main-d'œuvre saisonnière dans les entreprises des régions. La spirale inquiète : moins de travailleurs, moins de familles, moins de clientèle locale et donc moins de revenus pour les entreprises d'une économie locale déjà fragilisée.

« La réforme fédérale deviendra une raison de plus à l'exode des familles, un appel à abandonner les régions », se désole pour sa part le préfet de Témiscamingue, Arnaud Warolin. « Le fédéral fait fi de la réalité économique de nos régions où dominent les activités saisonnières qui, pourtant, contribuent à l'économie du pays ».

Pour les élus locaux comme pour la Fédération québécoise des municipalités qui les représente et les appuie, l'approche fédérale actuelle nie les principes d'occupation dynamique et de vitalité des territoires, désormais reconnus partout au Québec. Pour le président de la FQM, Bernard Généreux, qui a déjà transmis une lettre sur le sujet à la ministre Finlay, « le gouvernement fédéral doit à tout prix moduler son approche et ses programmes en fonction de nos réalités régionales, reconnaître la spécificité des régions, la complémentarité des territoires et des économies régionales et intervenir en soutien aux élus locaux ».

Les élus rappellent enfin que le gouvernement Harper risque de provoquer des crises de toutes pièces, sans étude ou analyse préalable de la situation et des impacts de sa réforme, alors qu'il ne met plus un sou dans la caisse de l'assurance-emploi et qu'il n'a mené aucune consultation auprès des seuls contributeurs, employeurs et travailleurs. À cela s'ajoutent les nouvelles dispositions sur le traitement des plaintes, de plus en plus éloignées de notre population régionale, plus centralisées et déshumanisées.

Les élus en appellent à la formation d'une coalition des régions sur la base de la reconnaissance des principes d'occupation dynamique et de vitalité des territoires. Déjà, des tables de concertation ont été formées en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, regroupant des élus, des groupes sociaux et communautaires, des gens d'affaires, des syndicats et des travailleurs afin de mieux coordonner leurs actions d'information, de sensibilisation et de mobilisation.

SOURCE : FEDERATION QUEBECOISE DES MUNICIPALITES (FQM)

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