Nouvelle offensive pour empêcher la disparition de l'Association internationale des études québécoises (AIEQ) English
MONTRÉAL, le 19 mai 2026 /CNW/ - La Société royale du Canada et les milieux universitaires de la recherche font front commun pour réclamer le maintien et le refinancement de l'Association internationale des études québécoises (AIEQ). Il s'agit aujourd'hui de protéger tout un écosystème au sein duquel le Québec occupe, grâce au soutien continue de l'AIEQ, une place enviable en recherche, en formation universitaire et en production des savoirs scientifiques. Ce qui est mis à mal, c'est le Québec à la fois comme sujet politique et comme objet d'étude alors que les nations minoritaires sont menacées d'effacement et que leur espace de liberté se rétrécit sans cesse. La disparition de l'AIEQ conduirait entre autres à l'abandon de programmes d'études, de bourses de recherche, de tournées d'auteurs et d'autrices, de chaires de recherche sur le Québec tant au Canada qu'à l'étranger et affaiblirait la production, la diffusion et l'impact des travaux en études sur le Québec. Cela va complètement à l'encontre des propos de la première ministre du Québec, Christine Fréchette, dans son discours à la tribune de l'UNESCO à Paris au cours duquel elle affirmait que la culture québécoise et francophone se doit d'être bien présente sur la scène internationale.
La présente pétition rassemble tant des responsables de centres et d'instituts de recherche, de regroupements stratégiques, de dirigeants de presses universitaires que des universitaires chevronnés ayant inscrit le Québec au cœur de leur parcours scientifique.
Déclaration de Trois-Rivières
- en vue de sauver l'AIEQ de sa disparition -
Réunis à l'occasion du 93e Congrès de l'ACFAS à Trois-Rivières le 15 mai 2026, les soussignés ont appris lors du Colloque consacré à la « découvrabilité des contenus culturels, médiatiques, et scientifiques » organisé par la Société royale du Canada la situation critique dans laquelle se trouve actuellement l'Association internationale des études québécoises (AIEQ). Le risque est réel de voir disparaître l'AIEQ à la suite des décisions successives du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) de couper la moitié de son budget de fonctionnement pour l'année 2025-2026 en décembre dernier et, le 13 avril 2026, de résilier unilatéralement sa Convention d'aide financière qui le liait à l'AIEQ selon une entente tripartite (avec également le Fonds de recherche du Québec) et triennale depuis le 5 juillet 2024.
Choqués par cette décision du MRIF qui leur apparaît à la fois brutale et incompréhensible, condamnant pratiquement cette association qui œuvre depuis près de trois décennies à la promotion des études québécoises à l'étranger et à la découvrabilité des contenus culturels, scientifiques et médiatiques qu'elle relaie dans près de 40 pays du monde au travers de son réseau, les participant.e.s au Colloque mentionné ont décidé, à l'instigation du président de séance le professeur Alain-G. Gagnon, de signer cette déclaration commune, dite « Déclaration de Trois-Rivières », pour affirmer leur soutien à l'AIEQ et demander le maintien de ses activités. D'autres participant.e.s éminents au Congrès et aux activités de l'ACFAS, émus pareillement par cette décision incompréhensible et injuste du MRIF, ont tenu à affirmer leur solidarité avec l'AIEQ en signant également cette Déclaration en leurs titres et qualités.
Ainsi, par ce manifeste qu'ils souhaitent rendre public, les soussigné.e.s enjoignent aux responsables en charge du MRIF de revenir sur leur décision, et font appel avec vigueur et conviction à la première ministre du Québec, madame Christine Fréchette, pour qu'elle prenne les mesures indispensables à la poursuite des activités de l'Association internationale des études québécoises, dans les meilleures conditions possibles. Ceci ne pourra se faire qu'en renouvelant la dernière entente conclue avec le MRIF, ou en mettant sur pied, en concertation avec les dirigeant.e.s de l'AIEQ et ses principaux partenaires, une nouvelle entente triennale que les signataires appellent de leurs vœux.
Ont signé :
Isabelle Archambault, secrétaire du Collège de la Société Royale du Canada, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'école, le bien-être et la réussite éducative des jeunes, Université de Montréal
Françoise Baylis, présidente, Société royale du Canada
Daniel Béland, directeur, Institut d'études canadiennes (MISC) et directeur du Programme d'études sur le Québec (PEQ), Université McGill
Éric Bélanger, co-titulaire de la Chaire de recherche du Québec sur la démocratie, le vivre-ensemble et les valeurs communes, Université McGill
Harold Bérubé, cotitulaire de la Chaire de recherche en histoire contemporaine du Québec, Université de Sherbrooke
Linda Cardinal, professeur émérite, et secrétaire internationale, Société royale du Canada, Université d'Ottawa
Aline Charles, directrice, Centre interuniversitaires d'études québécoises à l'Université Laval (CIEQ-Laval).
Marc-André Éthier, professeur de didactique à l'Université de Montréal et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.
Éric Forgues, directeur général, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, Université de Moncton
Alain-G. Gagnon, président sortant, Société royale du Canada, et directeur du Centre d'analyse politique : constitution-fédéralisme, Université du Québec à Montréal
Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques et directeur de l'Observatoire sur les États-Unis, Université du Québec à Montréal
Stéphanie Gaudet, directrice, Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM), Université d'Ottawa
Dominic Hardy, codirecteur du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ), Université du Québec à Montréal.
Claude Hauser : président de l'AIEQ, co-directeur du Centre suisse d'études sur le Québec et la Francophonie (CEQF) et professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg (Suisse)
Mahdi Khelfaoui : co-directeur du Centre interuniversitaire d'études québécoises (CIEQ), et professeur au département des sciences humaines à l'Université du Québec à Trois-Rivières
Sylvie Lacombe : directrice et rédactrice de la revue Recherches sociographiques et professeure titulaire au département de sociologie de l'Université Laval
Mireille Lalancette, co-titulaire de la Chaire de recherche du Québec sur la démocratie, le vivre-ensemble et les valeurs communes, Université du Québec à Trois-Rivières
Simon Langlois, professeur émérite, département de sociologie, Université Laval, et ancien président de l'Académie des sciences sociales de la Société royale du Canada
Vincent Larivière, Titulaire de la Chaire UNESCO sur la science ouverte, co-titulaire de la chaire de recherche du Québec sur la découvrabilité des contenus scientifiques en français, Université de Montréal
Claire Legendre, directrice, Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ), Université de Montréal
Martin Maltais : président de l'Acfas et professeur en financement et politiques d'éducation, Université du Québec à Rimouski
Carmen Mata Barreiro : professeure de philologie française à l'Universidad Autónoma de Madrid (Espagne)
Mireille Mathieu : membre émérite de l'Acfas et professeure émérite de psychologie à l'Université de Montréal
Geneviève Motard, faculté de droit de l'Université Laval, et directrice du Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIERA)
Geneviève Nootens, professeur titulaire en science politique, Université du Québec à Chicoutimi
Pierre Noreau : président de l'Institut québécois de réforme du droit et de la justice (IQRDJ), membre émérite de l'Acfas et professeur à la Faculté de droit de l'Université de Montréal
Martin Pâquet: vice-président aux affaires administratives et financières de l'AIEQ, professeur d'histoire à l'Université Laval
Jonathan Paquin : directeur de l'École supérieure d'études internationales (ESEI) et professeur titulaire de science politique à l'Université Laval
Stéphane Paquin, titulaire de la Chaire Jarislowsky sur la confiance et le leadership politique (École nationale d'administration publique/Université du Québec à Trois-Rivières)
Michèle Rioux, directrice, Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l'ère du commerce électronique (LATICCE), Université du Québec à Montréal
Stéphane Savard, cotitulaire de la Chaire de recherche en histoire contemporaine du Québec, Université du Québec à Montréal
María-Sierra Córdoba Serrano, professeure agrégée en communication numérique multilingue, Université McGill
Myriam Suchet, directrice du Centre d'Études Québécoises (CEQ), Sorbonne nouvelle - Paris 3
Destiny Tchehouali, titulaire de la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement, Université du Québec à Montréal
Stéphanie Tremblay, directrice, Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ), Université du Québec à Montréal
Nathalie Watteyne : directrice du Centre Anne-Hébert et professeure de littératures en langue française à l'Université de Sherbrooke
Thomas Wien, président de l'Institut d'histoire de l'Amérique française, Université de Montréal
SOURCE Association internationale des études québécoises

Vous pouvez rejoindre par courriel Alain-G. Gagnon, [email protected], Claude Hauser, [email protected] ou Martin Pâquet, [email protected] et cell. : 581-849-1627 pour toute demande d'informations complémentaires.
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