Le prix de l'or atteint des sommets historiques - L'Abitibi-Témiscamingue interpelle les chefs de partis afin qu'ils s'engagent à ce qu'une partie des redevances sur l'or revienne dans les régions ressources
QUÉBEC, le 25 févr. 2026 /CNW/ - À l'aube des élections générales d'octobre 2026, le député indépendant d'Abitibi-Est, Pierre Dufour, appuyé par plusieurs des acteurs économiques de l'Abitibi-Témiscamingue, demande formellement aux chefs de partis de s'engager à mettre en place un mécanisme de partage des redevances minières lorsque le prix de l'or dépasse 2 000 $ l'once.
« Lorsque le prix de l'or atteint des sommets historiques, les revenus de l'État augmentent de façon mécanique. La hausse historique du prix de l'or dans les dernières années s'est donc traduite par des bénéfices tout autant historiques pour l'État québécois. La région de l'Abitibi-Témiscamingue juge tout simplement normal que les territoires qui contribuent à cette création de richesse, et qui en assument pleinement les impacts, bénéficient eux aussi de ces immenses retombées. Malheureusement, ce n'est actuellement pas le cas.
Ainsi, nous exigeons à ce que 35 % des redevances minières perçues par l'État québécois, sur tout surplus générés au-delà du seuil de 2 000 $ l'once, soit retourné aux territoires d'où ces ressources sont extraites » affirme Pierre Dufour.
Une richesse exceptionnelle, centralisée à Québec
Berceau de l'industrie minière québécoise, l'Abitibi-Témiscamingue occupe une place centrale dans l'économie du Québec. Avec huit mines d'or en production et une expertise reconnue en matière d'exploration et de restauration des sites miniers, la région exporte également son savoir-faire à l'échelle internationale.
Le régime fiscal minier québécois prévoit que les entreprises paient soit une redevance minimale sur la valeur brute de production, soit un impôt minier progressif sur les profits -- le montant le plus élevé des deux étant versé au gouvernement. Ces revenus sont centralisés au Fonds consolidé du Québec. Or, lorsque le prix de l'once augmente, la valeur brute et les profits augmentent également, ce qui bonifie directement les revenus de l'État québécois.
Entre 2020 et 2023, le gouvernement du Québec a perçu en moyenne 638 M$ par année en redevances minières, avec un sommet de 926 M$ en 2021. En 2022 et 2023, les montants se sont établis respectivement à 562 M$ et 431 M$.
Pendant ce temps, les MRC se partagent annuellement une enveloppe de 38 M$ issue des revenus des ressources naturelles, soit en moyenne 5,9 % des redevances minières perçues par Québec, toutes régions confondues.
Ainsi, considérant les impacts que l'exploitation minière entraîne sur le territoire : transformation durable des paysages, gestion de résidus miniers, pressions sur les infrastructures municipales, besoins accrus en logements et en services publics, ainsi que la gestion des conséquences environnementales, il est difficilement concevable qu'une proportion de cette richesse exceptionnelle ne revienne pas davantage dans les collectivités qui accueillent ces activités et celles qui envisagent s'installer en territoire témiscabitibien.
D'autant plus qu'un précédent existe dans plusieurs autres industries énergétiques, notamment éolienne, où les territoires d'accueil bénéficient de retombées structurelles et récurrentes.
Un déséquilibre documenté
La hausse marquée du prix de l'or au cours des dernières années a accentué encore davantage l'apport du secteur minier à l'enrichissement de l'État québécois. Parallèlement, la région contribue grandement à la transition énergétique et à la souveraineté économique du Québec.
Pourtant, malgré cette contribution significative, les investissements publics ne suivent pas.
En effet, une étude indépendante commandée par les préfets de l'Abitibi-Témiscamingue et réalisée par Aviseo met en évidence un écart croissant entre la contribution de la région au PIB québécois et les investissements publics qui y sont consacrés.
Le rapport d'avril 2025 estime le déficit fiscal annuel de la région envers Québec à jusqu'à 822 M$, soit près de 6,7 milliards sur dix ans.
Encore une fois, ce déficit d'investissements entraîne son lot d'impacts tangibles, autant pour les populations allochtones que autochtones : infrastructures vieillissantes, pénurie de logements, contraintes énergétiques limitant de nouveaux projets industriels, pression accrue sur les services essentiels et difficultés d'attraction de la main-d'œuvre.
Un appel aux chefs de partis
Pierre Dufour demande à Paul St-Pierre Plamondon, Charles Milliard, Ruba Ghazal, Éric Duhaime, Christine Fréchette et Bernard Drainville de s'engager formellement à instaurer ce mécanisme de partage des surplus liés au prix de l'or.
« Le gouvernement en place, les chef de partis de l'opposition ainsi que les deux candidats à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, n'hésitent pas à s'auto-proclamer « régionalistes ». Alors que l'Abitibi-Témiscamingue subit un déséquilibre structurel et historique d'investissements publics, c'est aujourd'hui l'occasion pour eux de démontrer que le régionalisme n'est pas uniquement un slogan vide et de s'engager concrètement envers l'un des principaux poumons économiques du Québec. Notre proposition est mesurée, responsable et facilement implantable. Elle ne pénalise pas l'industrie mais reconnaît simplement que lorsque la richesse collective explose, le territoire qui la génère doit en bénéficier », déclare finalement Pierre Dufour.
Faits saillants
- Le secteur aurifère est particulièrement présent dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue, avec huit des onze mines d'or au Québec. La mine Complexe Lithium Amérique du Nord est la seule qui n'est pas une mine d'or en Abitibi-Témiscamingue.
- Le prix de l'or est passé d'environ 1 200 $US l'once en 2019 à plus de 5 000 $US l'once en 2025, atteignant des sommets historiques.
- Cette hausse spectaculaire du prix de l'or représente des centaines de millions de dollars supplémentaires pour les mines québécoises et donc une bonification significative des revenus fiscaux de l'État.
- Aussi, la région ne se limite plus à l'extraction, elle est devenue un territoire de connaissances, de culture et de recherche, appuyé notamment par l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, reconnue pour l'intensité de sa recherche et ses partenariats industriels.
Liens connexes :
Étude sur la contribution économique de l'Abitibi-Témiscamingue par Aviseo
SOURCE Pierre Dufour, député d'Abitibi-Est

Source : Lambert Drainville, Conseiller spécial, [email protected], 418 264-4146
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