La privatisation des aéroports coûterait davantage au personnel et au public voyageur, selon le CTC
EnglishOTTAWA, ON, le 11 sept. 2026 /CNW/ -- La privatisation des aéroports du Canada ferait augmenter le coût des vols et mettrait en péril le personnel aéroportuaire, d'après un nouveau rapport du Congrès du travail du Canada publié avant le Sommet canadien de l'investissement qui aura lieu la semaine prochaine.
Le rapport intitulé Public Runways, Private Profits: Why Airport Privatization Would Be Risky and Costly for Canadians (pistes publiques mais profits privés : raisons pour lesquelles la privatisation des aéroports serait risquée et coûteuse pour la population canadienne) porte sur la privatisation des aéroports en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Ce rapport conclut qu'elle a tendance à hausser les frais, à imposer des contraintes aux travailleuses et travailleurs et à faire baisser la valeur publique à long terme.
« Les Canadiennes et Canadiens paient déjà beaucoup trop cher leurs voyages en avion. La privatisation de nos aéroports risquerait d'aggraver le problème », déclare Lily Chang, secrétaire-trésorière du Congrès du travail du Canada. « Les investisseurs privés cherchent à réaliser des profits, et les fonds nécessaires pour les leur assurer doivent venir de quelque part. Nous disposons de preuves qu'ils sont tirés de la hausse des prix imposés aux passagères et passagers, de la réduction des frais de main-d'œuvre et de la dotation en personnel, ou de revenus qui autrement demeureraient publics. »
Selon le rapport, les investisseurs privés nécessiteraient que les aéroports accroissent leurs revenus de 15 % à 20 % par rapport à ceux du modèle actuel afin d'assurer des rendements concurrentiels.
Après la privatisation des aéroports en Australie, le public voyageur et les lignes aériennes ont dû payer davantage pendant que les profits des aéroports augmentaient. À l'aéroport de Perth, les recettes par passagère ou passager tirées des lignes aériennes ont augmenté de plus de 60 % en une décennie. L'aéroport de Sydney a réduit ses effectifs de 40 % une fois que la protection des emplois consécutive à la vente a expiré.
« Le personnel des aéroports du Canada doit déjà composer avec le transfert abusif de contrat, l'externalisation et les pressions visant à réduire les salaires et les effectifs », ajoute madame Chang. « Nous devrions rendre les emplois aéroportuaires meilleurs et plus stables plutôt que de créer une incitation supplémentaire à réduire les frais de main-d'œuvre et à assurer des rendements aux investisseurs. »
Actuellement, les administrations aéroportuaires du Canada sont des organismes sans but lucratif qui réinvestissent les excédents dans les aéroports, et les loyers des aéroports rapportent environ 525 millions de dollars par année au gouvernement fédéral.
Bien que la privatisation des aéroports ne soit pas à l'ordre du jour du Sommet canadien de l'investissement de la semaine prochaine, le sujet n'est pas exclu des discussions. Le gouvernement fédéral a indiqué à maintes reprises qu'il examine des modèles de privatisation et de propriété alternative.
« Nous voulons que l'investissement serve à renforcer nos infrastructures, à accroître notre capacité de production et à créer de bons emplois syndiqués. Le Sommet de l'investissement devrait porter sur les moyens de renforcer le Canada plutôt que la vente de nos infrastructures publiques », précise madame Chang.
Le CTC incite le gouvernement fédéral à rejeter la privatisation des aéroports et à se concentrer plutôt sur les déplacements aériens abordables, l'amélioration des infrastructures et des services, et les bons emplois syndiqués.
SOURCE Congrès du travail du Canada (CTC)

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