La Commission de la santé mentale du Canada lance un projet de recherche
national visant à trouver des solutions pour aider les personnes itinérantes
touchées par la maladie mentale

Le projet pilote réalisé à Winnipeg examinera les avantages potentiels du modèle "Le logement d'abord" chez les personnes autochtones itinérantes ayant des problèmes de santé mentale

WINNIPEG, le 23 nov. /CNW Telbec/ - Winnipeg est l'une des cinq villes choisies par la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) pour la mise en œuvre d'un projet de recherche national tout à fait innovateur dont le but est de cerner les meilleurs moyens pour offrir un logement et des services aux personnes itinérantes vivant avec une maladie mentale. Prenant appui sur le modèle Housing First (Le logement d'abord), le projet vise d'abord à loger les personnes sans-abri, puis à leur fournir les services et le soutien dont elles ont besoin. À Winnipeg, le but sera de vérifier si les Autochtones itinérants pourraient bénéficier d'une telle formule.

Quelque 550 itinérants de Winnipeg atteints de maladie mentale figureront parmi les 2 225 participants à l'échelle du pays. De ce nombre, non moins de 300 participants sans-abri seront logés et recevront toute une gamme de services de soutien, par exemple de l'aide pour faire leur épicerie ou obtenir un rendez-vous chez le médecin, pendant toute la durée de l'étude. Les autres participants (groupe repère) recevront les services habituellement offerts dans les cinq villes ciblées. Les deux groupes seront ensuite comparés afin de déterminer quelle formule donne les meilleurs résultats.

"L'état de santé mentale global des personnes autochtones au Canada laisse beaucoup à désirer par rapport à celui du reste de la population, et ce, quel que soit le critère qu'on utilise", a affirmé Marcia Thomson, coordonnatrice du projet à Winnipeg. "De plus, les Autochtones sont beaucoup plus guettés par l'itinérance en raison de plusieurs facteurs combinés, dont la migration des gens vers les centres urbains, l'offre inadéquate de logements dans les réserves, la difficulté d'accès à l'habitation en milieu urbain, et le manque de services de soutien au logement adaptés à la culture autochtone."

Le projet Chez Soi (At Home en anglais) est la plus vaste initiative de son genre au pays, et permettra au Canada de s'afficher en tant que chef de file en matière de prestation de services améliorée aux sans-abri atteints de maladie mentale. Chacun des cinq sites où sera déployé le projet ciblera une population particulière parmi la clientèle visée par l'étude.

À Winnipeg, la ville qui compte la plus forte population autochtone au pays, le projet portera sur les besoins des Autochtones en milieu urbain. À Moncton, l'étude visera plutôt à examiner les lacunes en matière de services aux anglophones et aux francophones, tandis qu'à Montréal on apprendra davantage au sujet des résultats reliés au logement social tout en aidant les gens à retourner au travail. À Toronto, on concentra sur les besoins de divers groupes ethnoculturels. Enfin, l'étude de Vancouver ciblera les gens touchés par la dépendance et la toxicomanie.

La CSMC collabore avec de nombreux partenaires à la réalisation de ce projet, y compris les gouvernements provinciaux et municipaux, des chercheurs, plusieurs prestataires de services locaux ainsi que des particuliers ayant vécu l'itinérance et la maladie mentale. "Cette initiative de recherche nous permettra de faire un pas important vers la compréhension et la réduction de l'itinérance au Canada", a affirmé l'honorable Michael Kirby, président de la CSMC.

Les participants du groupe de Winnipeg seront logés à divers endroits dans la ville, notamment dans des appartements et des logements collectifs, et pourront conserver ces logis pendant toute la durée du projet. De plus, des services de soutien en matière de stabilité du logement, d'entretien ménager et de tâches quotidiennes (épicerie, rendez-vous, etc.) seront offerts de façon continue, selon la volonté des participants.

Les participants qui seront logés selon le modèle Le logement d'abord devront payer une partie de leur loyer, et devront rencontrer un préposé du programme au moins une fois par semaine. Ils seront en outre encouragés à tirer profit des services sociaux, de santé et de logement offerts, et des occasions qui leur seront données en ce qui concerne le bénévolat et l'emploi. Quant aux participants du groupe témoin (non logés), ils devront aussi se présenter régulièrement à des entrevues.

Les principaux partenaires du projet pilote de Winnipeg sont : le gouvernement du Canada; le gouvernement du Manitoba; la clinique Mount Carmel; le centre Ma Mawi Wi Chi Itata; l'Aboriginal Health and Wellness Centre of Winnipeg; le programme de santé mentale communautaire de la Régie régionale de la santé de Winnipeg; Housing Plus Agency, Housing Plus Committee; l'Institut des études urbaines de l'Université de Winnipeg; le département de psychiatrie, le département des sciences de santé communautaire et le Manitoba Centre for Healthy Policy, de l'Université du Manitoba; le Main Street Project; Centraide Winnipeg; des propriétaires d'immeubles privés; et le groupe Cooperators. Ces partenaires recevront en outre l'appui d'un comité sur la culture autochtone spécialement formé pour le projet à Winnipeg.

"Cette étude nous permettra de conclure si, oui ou non, le fait de fournir un logement et des services aux gens favorise une meilleure intégration vers une vie fonctionnelle et signifiante", a déclaré Dre. Jayne Barker, directrice du projet Chez Soi/At Home. "Une autre question à l'étude est celle du coût - est-il moins coûteux de loger et de fournir des services à quelqu'un, par rapport aux coûts d'une admission en milieu hospitalier, d'une incarcération ou d'un hébergement dans un refuge?" a dit Dre. Paula Goering, chercheuse principale, projet Chez Soi/At Home.

Une étude réalisée par les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques a révélé que le modèle Le logement d'abord a donné des résultats prometteurs par rapport à l'approche traditionnelle qui préconise de soigner d'abord. En effet, les participants du projet Housing First, aux États-Unis, ont gardé leur logement plus longtemps, ont passé moins de jours à l'hôpital, et ne seraient plus à risque de consommer de la drogue et de l'alcool. D'autre part, selon Service correctionnel du Canada, le coût annuel d'une incarcération dans un établissement fédéral atteint en moyenne les 90 000 $ par détenu.

La Commission de la santé mentale du Canada est un organisme sans but lucratif créé afin de mettre en avant-scène les questions entourant la santé mentale et de contribuer à l'amélioration des conditions sociales et de l'état de santé des personnes vivant avec la maladie mentale. En février 2008, le gouvernement fédéral a accordé 110 millions de dollars à la CSMC pour qu'elle trouve des façons d'aider le nombre croissant de personnes sans-abri touchées par la maladie mentale. Les plus récentes nouvelles concernant le projet Chez Soi seront régulièrement présentées sur le site www.commissionsantementale.ca.

SOURCE Commission de la santé mentale du Canada

Renseignements : Renseignements: Pour obtenir une entrevue ou de l'information complémentaire, prière de joindre: Marcia Thomson, coordonnatrice du projet à Winnipeg: (bur.) (204) 945-4895, (cell.) (204) 781-3190, marcia.thomson2@gov.mb.ca; Nujma Bond, projet Chez Soi, communications, CSMC: (bur.) (403) 385-4033, (cell.) (403) 826-3942, nbond@mentalhealthcommission.ca; Susan King, Strategic Communications inc., pour la CSMC: (bur.) (613) 744-8282, (cell.) (613) 725-5901, susanking@sympatico.ca


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