Itinérance au Québec - Le Collectif québécois pour la prévention de l'itinérance appelle à faire de la prévention une priorité nationale
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Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance27 mai, 2026, 06:01 ET
MONTRÉAL, le 27 mai 2026 /CNW/ - Alors que l'itinérance continue de croître au Québec et que les impacts se font sentir de plus en plus à travers la province, le Collectif québécois pour la prévention de l'itinérance (CQPI) et ses partenaires annoncent aujourd'hui une proposition de réforme juridique ambitieuse visant à transformer en profondeur l'action de l'État : passer d'une logique de gestion de crise à une approche structurée de prévention axée sur des résultats concrets.
À l'heure actuelle, la majorité des investissements publics est consacrée aux services d'urgences et à une aide insuffisante de relogement. Bien qu'essentiels, ceux-ci ne traitent pas les causes profondes de l'itinérance. Face à la multiplication des campements, à l'augmentation des tensions de cohabitation et à la pression croissante sur les municipalités, les organismes communautaires et les services publics, le CQPI appelle à un virage clair : intervenir plus tôt, sur les causes structurelles de l'itinérance, plutôt que d'agir une fois que les risques se sont réalisés.
Une crise qui coûte cher humainement et économiquement
Les données sont sans équivoque : le statu quo entraîne des coûts humains et financiers considérables. Le coût annuel pour l'État est estimé à 72 000 $ par personne et à l'échelle du Québec, cela représente près de 1 milliard de dollars par année pour gérer l'itinérance visible, sans en réduire les causes durablement. À cela s'ajoutent 4,2 milliards de dollars en pertes économiques liées à la crise du logement et jusqu'à 2 milliards de dollars en coûts supplémentaires pour le système de santé.
« L'itinérance n'est pas une fatalité, c'est le résultat de décisions politiques que l'on peut changer. La prévention n'est pas seulement une approche humaine et socialement nécessaire : c'est un choix rationnel et économiquement responsable », souligne Pearl Eliadis, avocate, professeure agrégée (professionnelle) à l'École de politiques publiques Max Bell de l'Université McGill et présidente du projet de réforme législative du CQPI.
Une réforme pour un impact durable
Depuis septembre 2024, plus de 30 juristes, chercheur•e•s, organisations nationales et partenaires autochtones collaborent pour doter le Québec d'une réforme législative cohérente, intersectorielle et axée sur des résultats mesurables. Cette réforme repose sur trois grands principes : la mise en œuvre progressive du droit au logement, des obligations claires pour l'État et l'introduction de recours opposables aux individus. Elle s'articule autour de quatre leviers structurants :
- Reconnaître explicitement le droit au logement en l'inscrivant dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et ancrer ainsi durablement la prévention de l'itinérance dans les politiques publiques en imposant une ligne directrice claire pour toute décision gouvernementale future.
- Développer massivement le logement social en fixant un objectif légal de 20 % de logements sociaux d'ici 2040, soutenu par un plan et de la visibilité financière pour appuyer sa réalisation en collaboration avec les municipalités.
- Prévenir les évictions et améliorer l'accès à la justice pour les locataires, notamment par la mise en place d'un registre public de loyer, la révision de certaines règles en matière de reprise de logement pour éviter les abus et l'introduction de nouvelles pratiques pour repérer et accompagner les locataires à risque d'itinérance au tribunal administratif du logement (TAL).
- Éviter les sorties vers la rue depuis les établissements publics (Centres jeunesse, prisons, hôpitaux, etc.) en instaurant un devoir d'assistance institutionnelle qui permet d'intervenir en amont et en aval pour que le passage au sein des services publics devienne une opportunité de trouver une stabilité plutôt qu'un pas de plus vers la rue (ou un retour en établissement).
Un projet de société rassembleur à portée de main
Dans un contexte où la population exprime clairement son insatisfaction face aux solutions temporaires et attend des réponses structurantes, le CQPI estime que cette réforme constitue une occasion concrète pour les formations politiques québécoises de proposer une vision cohérente, pragmatique et axée sur des résultats.
« Le Québec s'est déjà doté de grands projets de société structurants par le passé pour améliorer la vie des citoyens et leur offrir de meilleures chances de s'épanouir, comme la création des centres de la petite enfance (CPE). La prévention de l'itinérance peut s'inscrire dans cette tradition. Le Québec a tout en main pour réaliser cette réforme. Il s'agit d'un choix collectif : investir en amont pour réduire durablement la précarité, améliorer les trajectoires de vie et alléger la pression sur nos systèmes publics, les municipalités et le milieu communautaire. Il appartient désormais aux responsables politiques de porter cette réforme », affirme Art Campbell, directeur du CQPI.
Pour plus d'informations, visitez le site du CQPI.
À propos du Collectif québécois pour la prévention de l'itinérance
Le Collectif québécois pour la prévention de l'itinérance (CQPI) a pour ambition de faire de la prévention de l'itinérance une priorité nationale au Québec. Pour ce faire, il réunit des experts issus des milieux universitaires, communautaires et de la fonction publique afin d'élaborer et promouvoir des recommandations de politiques publiques et de réformes juridiques, de faciliter la mobilisation et le partage de connaissances entre les acteurs concernés et d'accompagner le gouvernement provincial dans cette transition.
SOURCE Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance

Pour renseignements : Sandrine Gagné, [email protected], 438 873-2909
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