Élections générales du 5 octobre 2026 - 130 organismes exigent des engagements contre le logement cher
MONTRÉAL, le 11 sept. 2026 /CNW/ -- Alors que l'inabordabilité du logement figure parmi les principales préoccupations de la population et que les besoins des locataires restent largement ignorés, la Coalition contre le logement cher (COLOC) -- qui réunit près de 130 organisations -- interpelle l'ensemble des partis. À quelques jours des premiers débats des chefs, elle les somme de s'engager sur trois mesures incontournables pour s'attaquer réellement à la crise : un véritable contrôle des loyers, le développement massif du logement social et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne. Cinq de ses membres, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), l'Union étudiante du Québec (UEQ), le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC), portaient sa parole ce matin lors d'une conférence de presse.
Des logements vides trop chers
La Coalition met en garde les partis contre une lecture trop rapide des dernières données du marché locatif. La hausse du taux d'inoccupation n'a pas apporté de soulagement aux ménages locataires, particulièrement ceux à faible et modeste revenus. Malgré la croissance de l'offre, le loyer moyen a augmenté de près de 30 % au Québec, entre 2022 (dernières élections) et 2025. L'itinérance visible a augmenté de 20 % durant la même période, pour atteindre 12 077 personnes en avril 2025. Deux mois après le 1er juillet 2026, 1646 ménages locataires étaient toujours sans-logis ou suivis activement par un service d'aide à la recherche de logement. Pour la COLOC, augmenter l'offre sans assurer des loyers répondant à la capacité de payer des locataires ne réglera pas la crise : elle risque d'y contribuer, puisque chaque logement à coût élevé, construit avec ou sans argent public, tire la moyenne des loyers vers le haut.
Répondre d'abord aux besoins
Au Québec, le prix médian d'une maison unifamiliale atteint près de 512 000 $, et celui d'une copropriété, 400 000 $. La moitié des locataires du Québec, soit 741 322 ménages, ont des revenus inférieurs ou égaux à 48 400 $ par année. C'est de huit à plus de dix fois leur revenu annuel. Aucun incitatif d'accès à la propriété ne comblera un tel écart : il profite surtout aux ménages qui en étaient déjà les plus proches. Au Québec, on compte environ 40 000 ménages primoacquérants par année : une goutte d'eau face à l'ampleur de la crise du logement.
Selon la Coalition, la priorité est de répondre aux besoins des locataires les plus précaires. Miser sur un effet de ruissellement, soit l'idée que libérer des logements loués fera baisser les loyers, ne garantit rien pour les locataires. À chaque changement de locataire, les propriétaires en profitent au contraire pour augmenter drastiquement le loyer. En témoignent les augmentations de 17,2 % en moyenne pour les 4 et demi, à Montréal, en 2025.
Déjà en 2021, près d'un ménage locataire sur dix consacrait la moitié de son revenu pour se loger, avec un revenu annuel médian de seulement 16 800 $. Dans ces conditions, impossible d'épargner une mise de fonds : plusieurs s'endettent simplement pour boucler leurs fins de mois. Contrôler les loyers et développer le logement social redonne aux locataires la marge de manœuvre qui leur permet de manger, de se soigner, de subvenir aux besoins de leurs enfants, sans s'endetter davantage.
Protéger les locataires
La Coalition contre le logement cher identifie trois leviers permettant de réellement protéger les locataires.
Le contrôle obligatoire des loyers s'attaque directement aux hausses de loyers, qui expliquent une bonne partie du bond important enregistré depuis 2022. C'est le seul moyen d'arrêter cette spirale de hausses faramineuses.
Le développement massif du logement social sous forme de logements publics de type HLM, de coopératives et d'OSBL d'habitation répond à une diversité de besoins. Comme ses loyers ne suivent pas les prix du marché privé, il demeure réellement accessible financièrement dès le premier jour et pour toujours.
La reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne aura l'avantage de soumettre les gouvernements à l'obligation de le mettre en œuvre. Parmi les composantes majeures du droit au logement tel que défini par l'ONU figure la participation des locataires dans l'élaboration des politiques les concernant. Cette composante seule pourrait changer la donne en matière de politiques structurantes.
Selon la COLOC, ne pas mettre ses mesures en place n'est pas sans conséquences. La précarisation des locataires pèse sur le système de santé, alourdit la charge des refuges, des organismes communautaires et complique la sortie de certaines situations de violence conjugale. Financer le logement social, contrôler les loyers et reconnaître le droit au logement maintenant coûte moins cher que de gérer les conséquences du mal-logement année après année.
Les locataires n'attendront pas le 5 octobre
La Coalition invite les chef•fes des principaux partis à se prononcer sur ces trois mesures lors des débats à venir. Dans la dernière ligne droite de la campagne, les membres de la COLOC répondront à l'appel du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MEPACQ), en organisant des actions dans le cadre de la Riposte populaire contre la vie chère, le climat précaire et les attaques autoritaires, du 25 septembre au 3 octobre 2026, partout au Québec. Suite aux élections, quel que soit le gouvernement élu, il aura devant lui une coalition de près de 130 organisations qui exigera des résultats.
Citations
« La crise du logement cher n'est plus l'affaire des grands centres. Partout au Québec, les organismes communautaires absorbent difficilement le choc des loyers qui explosent. Ce qui manque, ce n'est pas l'engagement du milieu, c'est la volonté politique d'agir à la hauteur de la crise. » -- Marie-Line Audet, directrice générale de Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC)
« La cherté du logement est un enjeu cardinal pour les personnes aîné•es, qui représentent plus d'un ménage locataire sur quatre. Leur revenu médian, de 34 400 $, est le plus bas de toutes les catégories d'âge de locataires. Et plus le taux d'effort grimpe, plus leur loyer est élevé comparé aux autres groupes d'âge. Payer trop cher pour se loger les oblige à couper dans l'épicerie ou les médicaments. » -- Johanne Noël, représentante de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR)
« Les jeunes de 15 à 24 ans font partie des locataires les plus pauvres. Déjà en 2021, un sur dix était en situation d'extrême précarité, engloutissant 80 % ou plus de ses revenus pour se loger, avec un revenu médian de 7 450 $ par an. Depuis, les loyers ont explosé. Pour les personnes étudiantes c'est très compliqué. L'insécurité alimentaire et l'itinérance cachée progressent sur nos campus. Se loger ne devrait pas être un obstacle à étudier. » -- Loïc Goyette, président de l'Union étudiante du Québec (UEQ)
« Un contrôle universel des loyers est urgent et impératif pour assurer la protection des locataires maintenant. Ce contrôle passe par le plafonnement du taux d'augmentation des loyers, l'instauration d'un registre public des loyers, et l'extension de son application aux logements neufs. Les locataires ne peuvent plus attendre. Ignoré•es dans toutes les consultations publiques et les débats, ces exigences sont simples et voulues par la majorité des électeurs et électrices.» -- Benoit Rullier, Coordonnateur du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
« On ne sortira pas de cette crise sans un investissement massif dans le logement social. C'est le seul type de logement qui offre une alternative pour bon nombre de locataires en pleine crise du logement cher. C'est un maillon essentiel de notre filet social. Ça prend un financement suffisant et des programmes adéquats. Financer le logement social, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement durable. » -- Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
À propos de la Coalition contre le logement cher
Lancée en avril 2026 à l'appel du FRAPRU et du RCLALQ, la Coalition contre le logement cher réunit près de 130 groupes membres -- dont une trentaine de regroupements nationaux -- issus des milieux logement, syndical, communautaire, féministe, étudiant et de l'itinérance qui démontre que la crise de l'abordabilité du logement est un dossier transversal.
SOURCE Coalition contre le logement cher (COLOC)

Renseignements et demandes d'entrevues : Céline Magontier, (514) 850-1431
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