Crise des infrastructures publiques en eau au Québec : l'IRÉC appelle à agir dans l'intérêt général
MONTRÉAL, le 29 sept. 2026 /CNW/ -- Dans le contexte de la crise des infrastructures publiques en eau, l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) publie aujourd'hui un important rapport qui pose un regard inédit sur l'exploitation privée de ces infrastructures. En analysant 292 contrats octroyés par 125 municipalités entre 2015 et 2025, l'IRÉC constate une dépendance accrue des administrations municipales envers les services dispensés par le secteur privé pour les infrastructures en eau. Cela soulève d'importants enjeux d'intérêt général concernant la maîtrise et les coûts de ces infrastructures.
Relever le niveau de compétences des administrations publiques
Le premier enjeu concerne la baisse de l'expertise relative à la gestion des infrastructures en eau au sein des administrations municipales, qui est le corollaire d'une dépendance accrue envers le recours au secteur privé. "Cette baisse de l'expertise publique, qui survient avec la spécialisation des entreprises dans le traitement des eaux, soulève des questions essentielles sur l'évaluation des coûts et des risques associés à la gestion de ces infrastructures", affirme Nadia Lemieux, chercheuse et auteure du rapport.
Un marché très concentré
Un second enjeu est lié à la faible concurrence constatée dans le marché des services privés en eau. Ainsi, une seule entreprise, soit le Groupe HELIOS (via ses filiales Aquatech et Simo Management), a signé 86 % de la valeur totale des contrats (170 M$ sur 197,6 M$) et près des deux tiers des contrats d'exploitation. De plus, 33 % des contrats sont octroyés sans appel d'offres et 40 % des appels d'offres publics ne reçoivent qu'une seule soumission conforme.
"Cette forte concentration place les municipalités dans une position de vulnérabilité systémique lors des renouvellements de contrats. En l'absence de réelle alternative, le marché se transforme en un oligopole de fait", de préciser madame Lemieux.
Réaffirmer la maîtrise publique : un impératif de gouvernance
L'IRÉC soutient qu'un réinvestissement financier massif sera inutile sans un renforcement de la maîtrise publique du secteur. Ces recommandations répondent directement à l'incapacité documentée du MAMH (rapport de la Commissaire au développement durable, mai 2026) à soutenir adéquatement les villes.
Afin de renverser cette tendance, l'étude formule trois recommandations :
- Renforcer l'expertise publique au sein des administrations municipales pour préserver la capacité d'agir dans l'intérêt général ;
- Favoriser la mutualisation des services à l'échelle régionale afin d'aider les municipalités à faire face aux défis techniques et financiers ;
- Doter le ministère des Affaires municipales de mécanismes de suivi des contrats de services professionnels pour l'exploitation des infrastructures municipales des eaux.
À propos de l'IRÉC
L'Institut de recherche en économie contemporaine est un organisme scientifique indépendant voué à l'enrichissement du débat public par la production de recherches rigoureuses et par la conduite d'activités d'animation et de formation favorisant le développement des compétences dans le domaine économique. L'IRÉC s'intéresse à l'ensemble de l'économie et mène des travaux destinés à contribuer à la construction du bien commun. Ses approches visent à renouveler le modèle québécois par la promotion d'alternatives crédibles. Les enjeux de la transition écologique de l'économie retiennent tout particulièrement son attention.
SOURCE Institut de recherche en économie contemporaine

Demandes média : Laurence Beauchemin, Coordonnatrice aux communications et à l'administration, Institut de recherche en économie contemporaine, Téléphone : 514-380-8916 / textos : 579-373-8916, [email protected]
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