WINNEWAY AKI, QC, le 16 juill. 2026 /CNW/ -- Depuis plus d'un siècle, les familles de Winneway vivent dans une communauté dont le statut juridique n'a jamais été officiellement reconnu. Au fil des générations, des maisons, des bâtiments communautaires et des infrastructures publiques ont été construits sans que les droits de la communauté sur ces terres n'aient été régularisés. Estimant que cette situation est le résultat de décisions prises par le Canada, le Québec et la congrégation religieuse des Oblats, la Première Nation de Long Point, au Témiscamingue, a déposé une poursuite devant la Cour supérieure du Québec afin d'obtenir justice.
À l'origine de cette situation se trouvent deux déplacements forcés. Dans les années 1920, la communauté est d'abord contrainte de quitter son territoire traditionnel en raison des inondations causées par le développement hydroélectrique. Quelques années plus tard, elle est déplacée une seconde fois vers son emplacement actuel. Pour permettre cette réinstallation, le gouvernement du Québec, avec la participation du gouvernement du Canada, choisit de concéder les terrains aux Oblats plutôt qu'à la communauté elle-même.
« Nos Aînés nous ont transmis le souvenir d'une époque où notre peuple a été forcé de quitter ses terres après les inondations causées par les barrages. La montée des eaux a mis à nu plus d'une centaine de cercueils, dont certains ont été emportés par le courant. Des membres de notre communauté ont été contraints d'exhumer et de manipuler les dépouilles de leurs propres ancêtres, contre leurs croyances, laissant un traumatisme profond. Cette blessure ne s'est jamais refermée. Elle continue de se transmettre de génération en génération et fait toujours partie de notre mémoire collective », explique l'Aîné Jimmy Hunter.
Au fil des décennies, tout s'est déroulé comme si la communauté de Winneway était une réserve au sens de la Loi sur les Indiens, alors qu'elle n'en a jamais obtenu le statut juridique. Aujourd'hui, cette situation place la communauté dans une position aussi exceptionnelle que préoccupante.
La précarité juridique dans laquelle vivent les familles de Winneway depuis des décennies a pris une dimension bien réelle en 2023, lorsque les Oblats ont abandonné les terrains sur lesquels est implantée une partie de la communauté. Ces terrains ont ensuite été intégrés au domaine de l'État québécois sans que le statut des maisons, des bâtiments communautaires et des infrastructures qui s'y trouvent ne soit clarifié, faisant naître une profonde incertitude pour les membres de la communauté.
Selon la Première Nation de Long Point, cette situation découle directement des décisions prises par le Canada, le Québec et les Oblats, ainsi que de leur incapacité à la corriger malgré des décennies d'engagements et d'assurances qu'une solution finirait par être trouvée.
« Depuis près de 100 ans, notre communauté fait preuve de patience. Nous sommes toujours prêts à négocier, mais la négociation ne peut pas devenir un prétexte pour repousser indéfiniment les décisions. Le temps est venu de régler cette injustice », déclare le Chef Steeve Mathias.
Selon le recours judiciaire entrepris par la communauté, il est allégué que le Canada et le Québec ont violé leurs obligations fiduciaires ainsi que le principe de l'honneur de la Couronne en ayant agi de la sorte. Par conséquent, la Première Nation de Long Point, demande notamment au tribunal :
- de reconnaître les responsabilités respectives du Canada, du Québec et des Oblats à l'égard de la situation juridique actuelle de Winneway;
- de déclarer que le Canada et le Québec ont manqué à leurs obligations fiduciaires et à l'honneur de la Couronne;
- d'ordonner au Canada, au Québec et aux Oblats de prendre les mesures nécessaires afin de régulariser le statut juridique à Winneway;
- d'ordonner au Canada et au Québec de travailler de bonne foi avec la Première Nation de Long Point afin de mettre en œuvre une solution durable;
- d'accorder une indemnisation pour les préjudices subis.
« Cette démarche ne vise pas à raviver le passé. Elle cherche plutôt à mettre fin à une situation exceptionnelle qui perdure depuis beaucoup trop longtemps. Notre communauté mérite enfin la même sécurité juridique dont bénéficient la plupart des autres communautés au Québec et au Canada », a conclu le chef Steeve Mathias. « Il s'agit d'une condition essentielle pour poursuivre notre développement et exercer pleinement notre gouvernance. »
À propos de la Première Nation de Long Point
La Première Nation de Long Point est une communauté anicinabe située au cœur du territoire traditionnel non cédé connu sous le nom d'Anicinabe akì. La majorité de ses membres résident à Winneway, sur la rive sud de la rivière Winneway, dans la région du Témiscamingue.
SOURCE Première Nation de Long Point

Pour les demandes médias: Sandra Ataman, [email protected], 819-859-0280
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