Affaire Kielburger c. Canadaland Inc. : Canadaland et Jesse Brown condamnés à verser 885 000 $ et à présenter des excuses publiques en raison d'une fausse allégation qui constitue un élément central de leur reportage sur WE Charity et la famille Kielburger
EnglishLe règlement résout la poursuite en diffamation concernant une fausse allégation publiée dans le balado The White Saviors, dans l'un des plus importants règlements pour diffamation rendus publics contre un média canadien depuis des années.
TORONTO, le 9 juin 2026 /CNW/ - Canadaland Inc. et son fondateur Jesse Brown ont accepté de payer 885 000 $ en dommages et frais à Theresa Kielburger -- 82 ans, enseignante torontoise à la retraite et mère des cofondateurs de WE Charity -- pour mettre fin à sa poursuite en diffamation.
La poursuite reposait sur la principale revendication de Canadaland dans la série de balados The White Saviors, selon laquelle madame Kielburger avait reçu des centaines de milliers de dollars en dons de bienfaisance et les avait déposés dans un compte bancaire familial. Cette allégation constituait la pierre angulaire de la théorie plus large de Canadaland, selon laquelle la famille Kielburger aurait profité personnellement et de manière inappropriée de WE Charity. L'allégation a maintenant été officiellement retirée.
Le tribunal a établi que M. Brown possédait les documents prouvant le contraire, mais ne les avait jamais évoqués. Il n'a jamais communiqué avec Mme Kielburger avant la publication.
« Theresa Kielburger a passé sa vie à aider les gens. « Elle a élevé les fils qui ont bâti l'un des organismes de bienfaisance pour enfants les plus reconnus au Canada », a déclaré Peter Downard, conseiller juridique de madame Kielburger. « Le règlement lui offre la reconnaissance et la réparation auxquelles elle avait droit. »
« M. Brown s'en est pris à madame Kielburger de manière irresponsable, alors qu'elle a toujours été une véritable force pour le bien dans le monde », a ajouté William McDowell, co-avocat de madame Kielburger. Nous nous félicitons de cette reconnaissance publique qui lui a enfin été rendue. »
Modalités du règlement
En vertu des modalités du règlement, M. Brown a comparu devant le tribunal et a lu une rétractation complète et des excuses à voix haute. Les excuses complètes doivent être affichées de façon visible et permanente sur le site Web de Canadaland et sur chaque plateforme de médias sociaux et de baladodiffusion où l'épisode est diffusé. Une rétractation audio doit également être insérée dans l'épisode original du balado, remplaçant les versions existantes sur toutes les plateformes.
Le règlement de 775 000 $, ajouté aux 110 000 $ déjà imposés à la suite de l'échec de la requête en rejet en vertu des dispositions anti-SLAPP de M. Brown, porte à 885 000 $ le total versé par Canadaland et M. Brown.
Rétraction de Canadaland
Au cœur de la poursuite figurait l'allégation relayée par M. Brown dans le balado The White Saviors, en août 2021, selon laquelle Theresa Kielburger aurait personnellement versé des centaines de milliers de dollars provenant de dons d'organismes de bienfaisance dans le compte bancaire de sa famille. Dans ses excuses, M. Brown a déclaré ce qui suit devant le tribunal : « Ces allégations étaient infondées. Nous n'aurions pas dû les publier. »
Cette affirmation, dénuée de fondement, circulait déjà auparavant. Elle avait été publiée pour la première fois en 1996 par le magazine Saturday Night. Craig Kielburger a intenté une action en justice ; Saturday Night a conclu un règlement à l'amiable en 1999, pour un montant de 319 000 $. Vingt-cinq ans plus tard, Canadaland a republié la même allégation comme pierre angulaire de toute une série de balados. La famille Kielburger figure désormais à deux reprises au dossier public comme ayant fait l'objet de la même accusation infondée. Dans les deux cas, les éditeurs responsables ont payé des dommages-intérêts substantiels.
Canadaland n'a jamais communiqué avec madame Kielburger avant la diffusion. Interrogé au tribunal sur l'absence de demande de réaction, M. Brown a répondu qu'il « n'avait pas sollicité le point de vue de la demanderesse, pour la même raison qu'il n'avait pas demandé celui de sa propre mère ». M. Brown était également en possession de lettres du comptable de l'organisme de bienfaisance et de la Fédération du travail de l'Ontario qui réfutaient explicitement l'allégation, et aucune de ces lettres n'a été mentionnée dans le balado.
Conclusions du tribunal
En mai 2024, le juge E.M. Morgan, de la Cour supérieure de justice de l'Ontario, a rejeté la requête en rejet en vertu des dispositions anti-SLAPP de Canadaland (une tentative de rejet de l'affaire avant le procès) et a ordonné à Canadaland de verser 110 000 $ en frais judiciaires.
Dans ses motifs, le juge Morgan a conclu ce qui suit : « Rien n'indique que M. Brown et Canadaland puissent se prévaloir d'une défense valable. » Le tribunal a également conclu que « le cynisme de l'explication de M. Brown ne fait pas qu'accentuer la portée diffamatoire de ses propos, mais peut être qualifié d'arbitraire et d'oppressif », qu'elle suggérait « que les sentiments de la demanderesse sont sans valeur » et que les propos en cause relevaient « davantage d'une attaque personnelle contre le caractère de la demanderesse que d'un exercice légitime du journalisme.
Canadaland se présente comme le média canadien responsable, dont l'objectif déclaré est d'imposer des normes plus élevées aux autres journalistes. Les conclusions du tribunal dépeignent un média qui a repris une allégation dont la fausseté était connue, ignoré des documents en sa possession qui la contredisaient et omis de solliciter la version de la principale intéressée. Ce sont précisément les dérives que Canadaland affirme vouloir dénoncer chez les autres.
Des excuses complètes
M. Brown a lu la déclaration suivante en audience publique. Celle-ci est affichée en permanence sur toutes les plateformes de Canadaland :
« Le 20 août 2021, Canadaland a publié The Children's Crusade, le premier épisode d'une série de balados intitulée The White Saviors. Dans cet épisode, nous avons déclaré que Theresa Kielburger avait placé des centaines de milliers de dollars en dons à un organisme de bienfaisance pour enfants dans un compte bancaire familial. Cette allégation n'était pas fondée. Nous avons eu tort de la publier. Canadaland retire entièrement sa déclaration au sujet de madame Kielburger. Nous lui présentons nos excuses sans réserve pour le préjudice causé par notre publication. Canadaland a accepté de payer des dommages-intérêts importants à madame Kielburger. »
Documents généraux : Motifs du juge Morgan dans Kielburger c. Canadaland Inc., 2024 ONSC 2622;
À propos de WE Charity
WE Charity est un organisme canadien de développement international et d'autonomisation des jeunes cofondé en 1995 par Craig et Marc Kielburger. À son apogée, les événements WE Day mobilisaient chaque année plus de deux millions de jeunes, au Canada, aux États‑Unis et ailleurs dans le monde, autour d'initiatives d'engagement communautaire.
SOURCE WE Charity

Personnes-ressources pour les médias : Jackie Pilon, relations publiques, WE Charity, [email protected]
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