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Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haitienne (RIIOH)05 août, 2026, 05:00 ET
MONTRÉAL, le 5 août 2026 /CNW/ -- À la suite des révélations concernant des actes et comportements à caractère raciste et haineux impliquant seize (16) policiers du poste de quartier 39 (PDQ 39) de Montréal-Nord, le Regroupement des intervenants et intervenantes d'origine haïtienne (RIIOH) dévoile cinq recommandations concrètes visant à contribuer au rétablissement de la confiance entre la population, les institutions policières et les pouvoirs publics.
Pour le RIIOH, cette situation dépasse la seule question des mesures disciplinaires individuelles. Elle soulève des enjeux fondamentaux concernant la confiance citoyenne, l'imputabilité des institutions et la lutte contre le profilage racial et toutes les formes de discrimination.
Le RIIOH estime que la gravité de la situation exige maintenant des mesures structurantes, indépendantes et durables.
RECOMMANDATION 1 - Un commandant civil pour le PDQ 39
Le RIIOH propose un projet-pilote de cinq ans permettant de confier la direction administrative et stratégique du PDQ 39 à une personne civile possédant une solide expérience en gestion publique, en gouvernance, en relations communautaires et en gestion de situations de crise.
Cette proposition vise à introduire une perspective complémentaire à l'expertise policière et à favoriser une nouvelle culture de gouvernance, de transparence et de proximité avec la population.
Le Québec dispose déjà d'un exemple de gouvernance faisant appel à une personne provenant de la haute fonction publique à la tête d'un important corps policier : Johanne Beausoleil dirige la Sûreté du Québec. Le RIIOH estime que cette expérience permet d'envisager, à titre expérimental, un modèle de gouvernance civile adapté à une situation locale de crise de confiance.
Le projet-pilote devrait être assorti d'objectifs précis et d'une évaluation indépendante portant notamment sur l'évolution de la confiance citoyenne, les relations avec les organismes communautaires et les plaintes liées au profilage racial.
RECOMMANDATION 2 - Une vigie citoyenne indépendante
Le RIIOH demande la création d'un comité indépendant de vigie citoyenne propre à Montréal-Nord, doté d'un mandat clair de suivi, de documentation et de reddition de comptes.
Le comité devrait notamment permettre :
- la publication régulière de données permettant de suivre les interpellations et les plaintes liées au profilage racial, dans le respect des lois applicables;
- une représentation significative des résidents et des organismes communautaires;
- un véritable mandat de suivi et de recommandation;
- la publication annuelle d'un bilan public.
La confiance ne se décrète pas : elle se construit par la transparence, la preuve et l'obligation de rendre des comptes.
RECOMMANDATION 3 - Arrimer sécurité publique, développement social et économique
Le RIIOH demande à la Ville de Montréal d'adopter une approche de « sécurité par le développement », reconnaissant que la sécurité ne dépend pas uniquement de l'intervention policière.
Cette approche devrait notamment favoriser :
- un investissement accru dans les organismes communautaires et les services de proximité;
- l'employabilité, la persévérance scolaire, la diplomation et l'engagement des jeunes;
- la vitalité commerciale et l'entrepreneuriat local;
- la prévention et la médiation;
- une gouvernance intégrée réunissant sécurité publique, développement territorial et action communautaire.
La sécurité durable ne peut être dissociée de la dignité, de l'inclusion, de l'emploi, de l'éducation et des possibilités offertes aux citoyens.
RECOMMANDATION 4 - Des sanctions à la hauteur des faits établis
Le RIIOH demande que toute personne reconnue responsable, au terme des processus applicables, de gestes racistes ou haineux graves fasse l'objet de sanctions proportionnelles à la gravité des faits.
Lorsque les faits établis sont incompatibles avec l'exercice de la fonction policière et que le cadre légal le permet, les sanctions doivent pouvoir aller jusqu'à la destitution.
Le RIIOH estime qu'aucune institution ne peut restaurer la confiance du public si des comportements graves sont banalisés, minimisés ou demeurent sans conséquence.
RECOMMANDATION 5 - Un mécanisme indépendant de signalement et d'accompagnement
Le RIIOH demande la mise en place, en collaboration avec les organismes communautaires de Montréal-Nord, d'un mécanisme local, indépendant, accessible et sécuritaire de signalement et d'accompagnement.
Ce mécanisme que le RIIOH est prêt à coordonner et réaliser permettrait aux personnes qui s'estiment victimes ou témoins de profilage racial, de discrimination, d'actes à caractère haineux ou de comportements policiers répréhensibles :
- d'être informées de leurs droits et recours;
- d'être accompagnées dans leurs démarches;
- de signaler une situation dans un environnement sécuritaire et confidentiel;
- d'être orientées vers les ressources appropriées;
- d'assurer un suivi de leurs démarches.
UNE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE
Le RIIOH réaffirme que la lutte contre le racisme, le profilage racial et toute forme de discrimination exige l'engagement concerté des services policiers, des élus, des gouvernements, des institutions publiques, des organismes communautaires et de la population.
Notre objectif n'est pas d'opposer la population à la police mais de contribuer à bâtir une police en laquelle la population peut avoir confiance.
Le RIIOH invite donc le SPVM, la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que les acteurs communautaires à considérer ces recommandations comme une base de travail pour une démarche durable de rétablissement de la confiance.
La confiance citoyenne ne se rétablit pas uniquement par des paroles mais surtout par des changements visibles, mesurables et durables.
UNE DÉMARCHE DE DIALOGUE
Ces recommandations s'inscrivent dans une démarche de dialogue entreprise par le RIIOH à la suite de sa conférence de presse du mois de juin.
Comme il s'y était engagé, le RIIOH a rencontré à deux reprises M. Fady Dagher, directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), afin de présenter ses préoccupations et d'échanger sur des pistes de solution.
Le RIIOH a également tenu une séance de travail avec Mme Madwa-Nika Cadet, députée de Bourassa-Sauvé à l'Assemblée nationale du Québec. D'autres rencontres sont prévues avec des élus, des représentants institutionnels, des organisations communautaires et des décideurs du milieu.
Le RIIOH remercie particulièrement M. Fo Niemi, directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), et M. Slim Hammami, coordinateur du travail de rue au Café-jeunesse multiculturel, pour leur accompagnement et leur contribution à ces démarches.
SOURCE Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haitienne (RIIOH)

Pour des entrevues : Sheilla Fortuné, Adm.A., Co-porte-parole du RIIOH, 514 464-5067; Isabelle Alexandre, Co-porte-parole du RIIOH, 514 559-1233; Pour information : [email protected]
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