MONTREAL, le 2 nov. 2026 /CNW/ -- À la suite des événements révélés le 29 octobre 2026 concernant un policier ayant travaillé au poste de quartier 39 (PDQ 39), visé par une enquête criminelle relativement à de graves manquements présumés dans l'exercice de ses fonctions et à une possible entrave à la justice dans le cadre d'une intervention en contexte de violence conjugale, la Table Femmes Osez au Féminin (TFOF) exprime ses inquiétudes et réclame des mesures immédiates.
Notre première préoccupation : qu'en est-il de la sécurité des victimes, du traitement de leurs dossiers et de l'accompagnement qui leur est offert?
Les victimes doivent pouvoir compter sur des interventions rigoureuses, impartiales et sécuritaires. Elles ne doivent jamais avoir à douter de la qualité de leur accompagnement ni de la prise en charge de leur situation.
Montréal-Nord : un territoire fortement touché, zéro financement !
Le portrait réalisé par l'équipe de recherche Trajetvi, publié en 2019, révélait qu'à Montréal-Nord, le taux de violence conjugale signalée à la police était près de deux fois plus élevé que dans le reste de Montréal (7,12 contre 3,75 pour 1 000 femmes), soit près du double de la moyenne montréalaise. Depuis, l'arrondissement n'a jamais été déclassé du 1er rang en violence conjugale sur 28 PDQ du territoire de Montréal.
Malgré ce constat, les organismes communautaires qui accompagnent quotidiennement les femmes et les familles n'ont aucun financement dédié pour répondre aux besoins en violence conjugale.
Comment expliquer également que Montréal-Nord se soit doté d'un plan d'action territorial en violence conjugale et violence dans les relations intimes (VC-VRI), fruit d'une importante mobilisation communautaire et institutionnelle, sans disposer d'un financement récurrent à la hauteur de l'ensemble des actions à déployer?
La TFOF réclame trois actions prioritaires
Bien entendu, lorsque des gestes répréhensibles sont établis, des sanctions proportionnelles à leur gravité doivent être appliquées, dans le respect des règles de justice et de la présomption d'innocence mais, ça ne s'arrête pas là.
1. Protéger les victimes et garantir un traitement rigoureux de leurs dossiers
La TFOF demande que les mécanismes de traitement des dossiers et des plaintes soient examinés avec rigueur, que les situations préoccupantes soient prises au sérieux et que les victimes puissent bénéficier d'un accompagnement confidentiel, sécuritaire et adapté à leurs besoins.
2. Une rencontre des plus hautes instances pour construire une réponse concertée
Une rencontre avec le commandant du PDQ 39 est prévue. La TFOF exige cependant que la Mairesse de Montréal et le Directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) y participent, de même que les partenaires concernés de la santé publique.
Dans un second temps nous croyons essentiel de rencontrer le Ministre de la sécurité intérieure, la Ministre responsable de la condition féminine, et la Ministre de la santé mentale et des services sociaux.
Ces rencontres doivent permettre de réunir les décideurs et les partenaires directement concernés afin de définir une réponse concertée, cohérente et durable. Nous voulons des engagements clairs pour renforcer la protection des victimes, assurer un traitement rigoureux de leurs dossiers et améliorer les mécanismes d'intervention et d'accompagnement à Montréal-Nord.
3. Un financement à la hauteur de la gravité de l'enjeu
Les centres de femmes sont en première ligne. Ils accueillent, accompagnent, orientent et soutiennent quotidiennement des femmes et des familles confrontées à la violence conjugale. Pourtant, ces groupes ne disposent pas du financement nécessaire pour répondre adéquatement à l'ensemble de ces besoins.
La TFOF réclame un financement récurrent et proportionnel à l'ampleur de la problématique afin de soutenir les organismes, de renforcer les services, de développer la prévention et d'assurer un véritable continuum de services.
Les organismes communautaires ne peuvent être tenus responsables de combler seuls les failles d'un système qui doit protéger les victimes.
Nous prenons acte des déclarations de nos élu.e.s et des préoccupations exprimées à la suite de '' l'affaire du PDQ 39 ''. Mais les paroles ne protègent pas les femmes. Ce qu'il faut, ce sont des engagements fermes, des ressources à la hauteur des besoins et des actions concrètes. La sécurité des femmes est un droit fondamental non négociable, pas un privilège réservé à certains quartiers. L'urgence d'agir est maintenant !
SOURCE Table Femmes Osez au Féminin (TFOF)

Relations médias : Sophie Lemay -- Directrice de Halte-Femmes Montréal-Nord, (514) 299-6385; Sonia Para Jordán -- Coordonnatrice du Plan d'action en VC-VRI, (438) 828-8031
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