Tarifs américains : près d'une entreprise sur deux touchée même sans lien commercial direct avec les États-Unis, selon la CCMM et la FCCQ
MONTREAL, le 8 oct. 2026 /CNW/ -- La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) dévoilent les résultats d'un nouveau coup de sonde conjoint sur les effets de la guerre tarifaire, les mesures d'aide en place et les politiques de renforcement de la compétitivité à prioriser dans ce contexte.
Près de la moitié des répondants, soit 45 %, se disent touchés par le ralentissement économique ou l'incertitude générale, même sans lien commercial direct avec les États-Unis. Par ailleurs, 26 % déclarent importer des produits américains affectés par les contre-tarifs canadiens. Ces résultats témoignent des effets plus larges de l'incertitude commerciale et de la riposte canadienne sur l'environnement d'affaires.
« Les effets de l'incertitude commerciale se font sentir dans l'ensemble du Grand Montréal, y compris chez des entreprises qui ne font pas directement affaire avec les États-Unis. Dans ce contexte, les gouvernements doivent éviter d'ajouter des coûts à nos entreprises et agir rapidement sur les leviers qu'ils contrôlent : protéger les intrants essentiels, simplifier l'accès aux mesures de soutien et réduire le fardeau réglementaire. Notre priorité doit être de préserver leur capacité d'investir, de s'adapter et de croître », a déclaré Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
« Les effets de la guerre tarifaire frappent durement le secteur manufacturier, mais affectent aussi en aval des secteurs comme la construction, les services et le commerce de détail. Le prochain gouvernement du Québec devra donc utiliser les leviers à sa disposition pour réduire la pression sur nos entreprises, en commençant par réduire leur fardeau règlementaire. C'est la demande numéro un des entreprises sondées. Elles pointent du doigt la Loi 25, les règles fiscales et d'appels d'offres, les procédures complexes de recrutement de main-d'œuvre internationale : autant de règles à simplifier. Il en va de la capacité de nos entreprises et de nos régions à demeurer résilientes et compétitives », a souligné Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Protéger les intrants essentiels pour préserver la compétitivité
Les contre-tarifs canadiens exercent une pression supplémentaire sur les entreprises. Près des deux tiers des répondants, soit 65 %, constatent ou anticipent une hausse de leurs coûts d'approvisionnement, directement ou par l'intermédiaire de leurs fournisseurs canadiens, en raison de cette riposte. Par ailleurs, 49 % jugent qu'une exemption ou une remise de droits de douane leur serait nécessaire.
Près de la moitié des répondants (48 %) appuient la riposte sous condition d'exemptions ou de remises rapides pour les intrants essentiels, souhaitent une riposte plus limitée et temporaire ou privilégient la négociation et le soutien sans contre-tarifs. Par ailleurs, 36 % appuient la réponse annoncée. Ces résultats soulignent l'importance de protéger les entreprises qui dépendent d'intrants essentiels difficiles à remplacer à court terme.
Les résultats mettent également en évidence un enjeu d'accès aux programmes d'aide financière gouvernementaux disponibles : près du tiers des répondants (32 %) indiquent ne pas suffisamment les connaître, alors que plus du quart (26 %) ont déterminé qu'elles n'y sont pas admissibles ou que ces programmes ne répondent pas à leurs besoins. Seulement 8 % rapportent y avoir déjà eu accès.
Alléger le fardeau réglementaire pour renforcer la compétitivité
La réduction du fardeau réglementaire et administratif arrive en tête des leviers identifiés pour renforcer dans ce contexte la compétitivité et la résilience des entreprises à long terme, citée par 48 % des répondants parmi leurs principales priorités. Suivent la diversification des marchés (34%) et l'allégement du fardeau fiscal (32%).
Cette priorité est d'autant plus marquée que 63 % des répondants estiment que leur fardeau réglementaire et administratif s'est accru au cours des cinq dernières années. Les obligations relatives à la Loi 25 sur la protection des renseignements personnels, les interactions ardues avec le gouvernement (permis, renouvellements, paiements, demandes, etc.), les exigences de conformité fiscale auprès de Revenu Québec ou de l'ARC, la complexité des programmes de crédits fiscaux et de financement, puis l'inadéquation des appels d'offres gouvernementaux à la réalité des PME sont les irritants les plus cités.
Dans un environnement commercial plus instable, l'allègement du fardeau réglementaire constitue un levier sur lequel les gouvernements peuvent agir directement. Les entreprises souhaitent que les gouvernements revoient et simplifient les règles qui peuvent limiter leur capacité à investir, à s'adapter et à croître. Une meilleure accessibilité aux programmes de soutien, la diversification des marchés et le renforcement de notre compétitivité fiscale peuvent également accroître la marge de manœuvre des entreprises face à l'incertitude commerciale.
Ces priorités s'inscrivent dans la continuité du livre blanc de la CCMM et des Priorités économiques - Québec2030 de la FCCQ, qui font de l'allègement réglementaire et fiscal une priorité pour renforcer la compétitivité de l'environnement d'affaires.
Faits saillants du coup de sonde
- 45 % des répondants déclarent être touchés par le ralentissement ou l'incertitude générale sans avoir de lien commercial direct avec les États-Unis.
- 65 % des répondants constatent ou anticipent une hausse de leurs coûts d'approvisionnement liée aux contre-tarifs canadiens, directement ou par l'intermédiaire de leurs fournisseurs canadiens.
- 49 % jugent qu'une exemption ou une remise de droits de douane leur est nécessaire.
- 32 % déclarent ne pas suffisamment connaître les programmes gouvernementaux disponibles dans le contexte tarifaire.
- 48 % citent la réduction du fardeau réglementaire et administratif parmi les leviers qui contribueraient le plus à renforcer leur compétitivité et leur résilience.
- 63 % estiment que le fardeau réglementaire et administratif imposé à leur entreprise a augmenté au cours des cinq dernières années.
Consultez les résultats du coup de sonde conjoint de la CCMM et de la FCCQ sur notre site Web.
À propos de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM)
Forte d'un réseau de près de 8 000 membres, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain agit sur trois fronts. Elle porte la voix du milieu des affaires de la métropole, offre des services spécialisés aux entreprises et à leurs employés et mène des initiatives d'impact pour renforcer l'environnement d'affaires. Depuis 200 ans, elle intervient dans des dossiers déterminants pour la prospérité des entreprises et de la métropole. Avec l'appui de ses spécialistes, la Chambre vise à accélérer la création et la croissance des entreprises de toutes tailles, ici et à l'international.
À propos de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)
Grâce à son regroupement de 120 chambres de commerce et près de 1000 entreprises membres, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) représente plus de 40 000 entreprises exerçant leurs activités dans tous les secteurs de l'économie et sur l'ensemble du territoire québécois. Plus important réseau de gens d'affaires du Québec, la FCCQ est à la fois une fédération de chambres de commerce et une chambre de commerce provinciale. Ses membres, qu'ils soient chambres ou entreprises, poursuivent tous le même but : favoriser un environnement d'affaires innovant et concurrentiel.
X : @chambremontreal
Pour poursuivre la discussion : #ccmm
SOURCE Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Source : Ariane Joazard-Bélizaire, Directrice, communications et affaires publiques, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Tél. 514 688-2789, [email protected]
Partager cet article