Nouvelles fournies par
L'Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)13 oct, 2026, 14:05 ET
Des affirmations inexactes sur la position du gouvernement, le financement du système de consigne et les responsabilités des producteurs nécessitent d'importantes rectifications.
MONTRÉAL, le 13 oct. 2026 /CNW/ -- L'Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)/Consignaction tient à rétablir les faits à la suite de la publication, ce matin dans La Presse, de l'article « Une usine financée par les consommateurs », signé par le journaliste Jean-Thomas Léveillé.
Ce texte présente des affirmations et des conclusions qui omettent d'importants paramètres du projet, nuisent à la compréhension du fonctionnement du système de consigne modernisé et font fi des obligations réglementaires qui incombent aux producteurs de boissons.
Position gouvernementale
Contrairement à ce que laisse entendre l'article, le gouvernement du Québec ne s'est jamais opposé à ce que les producteurs se dotent d'une usine de conditionnement du verre visant à atteindre leurs obligations réglementaires.
Depuis plusieurs mois, lors des nombreux échanges entre l'AQRCB et les autorités gouvernementales, tant au niveau politique qu'à celui de la fonction publique, il a été clairement indiqué que la réglementation n'avait aucunement la vocation d'empêcher les producteurs de se doter de leurs propres installations de conditionnement mais plutôt de favoriser le recours aux entreprises québécoises déjà présentes dans l'écosystème de récupération et de valorisation du verre. L'AQRCB partage cette volonté.
C'est d'ailleurs dans cet esprit que le projet d'usine a été développé avec Machinex, une entreprise québécoise reconnue pour son expertise dans ce genre d'opérations, et impliquera d'autres acteurs existants, notamment 2M Ressources et Owens-Illinois (O-I).
Le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP)
La modernisation de la consigne repose sur un principe fondamental établi par le gouvernement du Québec : la responsabilité élargie des producteurs (REP).
Ce principe implique que les producteurs de contenants de boissons soient les seuls responsables de l'ensemble de la boucle de circularité des contenants qu'ils mettent en marché, de leur récupération jusqu'à leur conditionnement, leur valorisation et leur recyclage. Ainsi, les matières premières récupérées, dont le verre, leur appartiennent, et les producteurs demeurent responsables du respect des obligations réglementaires qui s'y rattachent, sans pouvoir s'y soustraire en les déléguant à un tiers.
C'est dans ce contexte que ce projet d'usine a été approuvé par le conseil d'administration composé de producteurs, dont la représentativité couvre tous les secteurs de l'industrie.
La contribution des producteurs : pilier de la REP
L'article laisse également planer une confusion sur la question des « écofrais » et sur la façon dont le système de consigne est financé. Il est important de préciser que l'AQRCB ne facture aucun frais aux consommateurs et ne décide pas du prix des boissons vendues au Québec.
Le financement du système repose essentiellement sur trois sources de revenus : les consignes non réclamées, la vente des matières récupérées et les contributions des producteurs. Par conséquent, plus le système de consigne fonctionne, et c'est ce qui est souhaité, plus son financement doit s'adapter.
En effet, lorsque les consommateurs retournent davantage de contenants, ils récupèrent leur consigne. Il s'agit de l'objectif attendu, mais il implique néanmoins que les sommes provenant des consignes non réclamées diminuent.
À cela s'ajoute une autre réalité : récupérer davantage de contenants coûte plus cher. Il faut les collecter, les trier, les transporter, et les conditionner. Avec l'augmentation du taux de récupération et l'élargissement de la consigne à de nouvelles catégories de contenants, ces opérations prennent encore plus d'ampleur.
C'est précisément pour cette raison que le gouvernement du Québec a fait le choix de confier aux producteurs la responsabilité du financement du système, conformément au principe de la responsabilité élargie des producteurs.
La révision des contributions financières a été étudiée et approuvée par le conseil d'administration de l'AQRCB et tient compte de l'évolution des coûts et des besoins de financement de l'ensemble du système.
Prétendre que cette hausse s'explique simplement par le projet d'usine de conditionnement du verre est donc un raccourci qui ne tient pas compte de la réalité du fonctionnement de la consigne modernisée.
Enfin, chaque producteur demeure libre de déterminer comment il assume ses obligations financières : en absorbant les coûts à l'interne ou en choisissant de les intégrer au prix de vente de ses produits.
Ces décisions relèvent exclusivement des producteurs. L'AQRCB n'intervient ni dans leur stratégie commerciale ni dans l'établissement de leurs prix.
Contenants à remplissage multiple
L'article fait également un lien qui n'a pas lieu d'être entre les contributions financières associées aux contenants à remplissage multiple (CRM), notamment les bouteilles de bière réutilisables, et le projet d'usine de conditionnement du verre.
Il s'agit pourtant de deux questions bien différentes.
La réglementation québécoise vise à encourager l'utilisation des contenants à remplissage multiple (CRM). Et ce, même si leur récupération et leur traitement entraînent des coûts plus importants.
Contrairement aux contenants à remplissage unique (CRU), les CRM nécessitent des opérations particulières de manutention, de tri, d'entreposage et de transport qui font augmenter les coûts du système.
Malgré cela, le conseil d'administration de l'AQRCB a fait le choix de maintenir des contributions comparables pour les deux catégories de contenants. L'objectif est de ne pas pénaliser les contenants réutilisables et de continuer à encourager leur utilisation.
Cette décision n'est donc aucunement liée au financement de la future usine. Elle découle plutôt de la volonté de favoriser le réemploi, conformément aux orientations du gouvernement du Québec, tout en tenant compte des coûts générés pour le système.
Un projet qui mérite d'être présenté dans son ensemble
Enfin, l'AQRCB déplore que l'article ne présente qu'un côté de la médaille et ne rapporte pas que plusieurs acteurs soutiennent ce projet.
Des entreprises comme Machinex et O-I, ainsi que la Ville de Sorel-Tracy, font partie des acteurs favorables au projet et dont les positions n'ont pas été relatées. On omet également de mentionner que cette décision a été prise par les producteurs afin de s'assurer du respect de leurs obligations règlementaires.
L'article ne précise pas non plus qu'aucune entreprise au Québec n'a actuellement la capacité de conditionner les 175 000 tonnes de verre consignés, selon les spécifications requises, le 1er mars prochain. Toutes les entreprises nommées devraient, dans le meilleur des cas, investir massivement dans leurs installations. Toutefois, l'AQRCB ne peut pas dépendre d'un tiers, de ses capacités d'investissements et de promesses d'augmentation de capacité pour assurer le respect de ses obligations règlementaires.
Le développement d'une filière québécoise performante de conditionnement et de valorisation du verre soulève des enjeux industriels, économiques et environnementaux importants. Ceux-ci méritent un traitement qui présente l'ensemble des perspectives, plutôt qu'une lecture essentiellement centrée sur les critiques du projet.
La modernisation de la consigne représente une transformation majeure de la gestion des contenants de boissons au Québec. Elle doit pouvoir faire l'objet d'un débat public rigoureux, éclairé et fondé sur l'ensemble des faits.
À propos de l'AQRCB/Consignaction
L'Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB) est l'organisme de gestion désigné responsable de l'élaboration, de la mise en œuvre, du financement et de la gestion du système de consigne modernisé au Québec, selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP). Consignaction est sa marque officielle auprès du grand public et des parties prenantes.
SOURCE L'Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)

Renseignements : Elisabeth Larocque-de Freitas, (514) 652-6887, [email protected]
Partager cet article