Manque d'équilibre envers Éric Salvail : le Conseil de presse retient la plainte
MONTRÉAL, le 29 oct. 2026 /CNW/ -- Le Conseil de presse du Québec publie aujourd'hui six nouvelles décisions concernant des plaintes qu'on lui a soumises. Trois plaintes ont été retenues et trois autres ont été rejetées.
D2025-09-121 : Éric Salvail c. Pascale Lévesque et Le Soleil
Le Conseil de presse retient la plainte d'Éric Salvail et blâme la journaliste Pascale Lévesque et Le Soleil concernant les griefs de manque d'équilibre et d'information inexacte visant l'article « Malgré un accord, Éric Salvail refuse toujours de payer ses techniciens », mis en ligne sur le site Internet du Soleil le 25 août 2025. Le Conseil blâme également Le Soleil concernant un grief de sensationnalisme.
L'article rapporte que, près de huit ans après le retrait de son talk-show des ondes, l'animateur et producteur refuse toujours de verser aux techniciens de sa compagnie de production les 70 000 $ qu'il s'était engagé à payer dans le cadre d'une entente à l'amiable conclue en 2022 avec leur syndicat, l'AQTIS. Or, une transaction-quittance accordant un délai de 30 jours pour effectuer le paiement avait été signée le 7 août 2025, soit 18 jours avant la publication de l'article.
Sur le manque d'équilibre, le Conseil juge que la journaliste n'a pas pris les moyens raisonnables pour obtenir la version du plaignant : elle lui a laissé un message vocal sans en préciser l'objet, environ une heure avant la mise en ligne. « Cette tentative de joindre Éric Salvail est nettement insuffisante. La journaliste aurait dû, minimalement, l'informer du sujet de son article et lui accorder un délai raisonnable pour lui permettre de répondre à la demande en toute connaissance de cause », peut-on lire dans la décision.
D2025-10-133 : Koffi Mexent Kokou c. Romain Schué et Radio-Canada
Le Conseil de presse rejette la plainte de Koffi Mexent Kokou contre le journaliste Romain Schué et Radio-Canada concernant le grief d'utilisation injustifiée de procédés clandestins visant le reportage « L'arnaque amoureuse, spécialité de la "mafia africaine" », diffusé le 18 septembre 2025 dans le cadre de l'émission « Enquête ».
Le reportage d'une quarantaine de minutes porte sur les arnaques amoureuses et le vol de véhicules menés par des fraudeurs appelés « brouteurs », qui seraient liés au crime organisé africain. Le passage visé par la plainte montre comment certains d'entre eux profitent de permis d'études pour s'installer au Canada sans avoir l'intention d'étudier. Un collaborateur de l'émission a rencontré en caméra cachée le responsable d'une agence d'immigration d'Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Le Conseil estime que Radio-Canada a rempli toutes les conditions encadrant le recours aux procédés clandestins : l'intérêt public l'exigeait, une approche ouverte risquait d'échouer, des informations crédibles indiquaient la probabilité d'activités visant à aider des citoyens à contourner les lois canadiennes sur l'immigration, le public a été informé de l'usage de la caméra cachée et le plaignant a pu réagir avant la diffusion. Le discours des responsables de l'agence différait en effet selon qu'ils se savaient filmés ou non. « Cet échange autorisait le média à croire qu'une approche en caméra cachée permettrait d'obtenir une version différente de celle offerte par M. Kokou lors de l'entrevue à la caméra avec le journaliste Romain Schué », indique la décision, qui fait référence à une conversation téléphonique préalable avec une employée de l'agence.
D2025-10-131 : Charles Faribault c. David Leonardo et Journal Ville Mont-Royal
Le Conseil de presse retient la plainte de Charles Faribault et blâme le journaliste David Leonardo et le Journal Ville Mont-Royal concernant le grief de manque de respect de la vie privée visant l'article « Lors d'une réunion publique du conseil - Les candidats à Kamali se font passer pour des citoyens », publié dans l'édition du 1er octobre 2025 de l'hebdomadaire.
L'article divulgue sans raison les adresses personnelles de quatre citoyens, ce qui n'ajoute rien à la compréhension des sujets abordés lors de l'assemblée du conseil municipal et constitue une atteinte à leur vie privée.
D2025-09-116 : Sophie Zhang c. Jean-François Cloutier, Sophie Durocher et Le Journal de Montréal
Le Conseil de presse rejette la plainte de Sophie Zhang contre les journalistes Jean-François Cloutier et Sophie Durocher et le quotidien Le Journal de Montréal concernant le grief de manque de fiabilité des informations transmises par les sources visant l'article « Un étudiant aux propos extrémistes admis en médecine », mis en ligne sur le site Internet du journal le 26 août 2025.
L'article révèle qu'un diplômé du Collège Dawson a été admis en médecine à l'Université de Sherbrooke malgré les propos offensants qu'on lui attribue sur un forum en ligne rempli de commentaires misogynes, racistes, antisémites et homophobes. La plaignante estimait qu'aucune preuve crédible n'appuyait ces allégations.
Or, le Conseil conclut que rien ne permet de douter de la fiabilité des informations transmises au journaliste, en plus de souligner que la plaignante n'a pas fourni d'élément de preuve en ce sens.
D2025-07-083 : Marco Héroux c. L'Express Drummondville
Le Conseil de presse retient la plainte de Marco Héroux et blâme L'Express Drummondville concernant l'un des griefs d'informations incomplètes visant le texte « Prévention du cancer chez les pompiers », mis en ligne sur le site Internet du média le 19 juin 2025. Par ailleurs, deux autres griefs d'informations incomplètes sont rejetés.
Le média, qui avait repris quasi intégralement un communiqué de presse de la Ville de Drummondville, aurait dû mentionner un rapport de la Commission des normes, de l'équité salariale, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) de 2022 sur l'exposition des pompiers à des contaminants cancérogènes dans une caserne.
Dans un commentaire éthique, le Conseil rappelle que la reprise intégrale ou quasi intégrale d'un communiqué de presse ne soustrait pas un média à sa responsabilité déontologique à l'égard du contenu qu'il publie.
D2025-09-101 : François Gosselin Couillard c. Christian Rioux et Le Devoir
Le Conseil de presse rejette à l'unanimité la plainte de François Gosselin Couillard contre le chroniqueur Christian Rioux et le quotidien Le Devoir concernant les griefs d'informations inexactes et de discrimination visant la chronique d'opinion « Drôles de prières », publiée le 5 septembre 2025. Un grief d'information incomplète est par ailleurs rejeté à la majorité (4 sur 6).
Dans cette chronique, Christian Rioux présente son point de vue sur les prières de rue musulmanes en France, quelques jours après l'annonce d'un projet de loi du gouvernement du Québec pour les interdire sur son territoire.
Relativement au grief de discrimination, le Conseil juge que la chronique formule une critique légitime de l'idéologie d'une religion, et non des propos discriminatoires envers les personnes qui la pratiquent.
À propos
Le Conseil de presse du Québec est un organisme privé, à but non lucratif, qui œuvre depuis 1973 à la protection de la liberté de presse et à la défense du droit du public à une information de qualité. Son action s'étend à tous les médias d'information distribués ou diffusés au Québec, qu'ils soient membres ou non du Conseil, qu'ils appartiennent à la presse écrite ou électronique. Le Conseil reçoit les plaintes du public et rend des décisions relativement à la déontologie journalistique. Mécanisme d'autorégulation de la presse, le Conseil ne peut être assimilé à un tribunal civil, il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire, législatif ou coercitif; il n'impose aucune sanction autre que morale.
Le Conseil de presse remercie Cision d'avoir rendu possible l'envoi de ce communiqué.
SOURCE Conseil de presse

RENSEIGNEMENTS : Geneviève Michaud, directrice de la déontologie, Conseil de presse du Québec, [email protected]
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