Jean-Talon Est, la rue qui résiste : malgré les chantiers, les commerces restent ouverts
Pendant qu'on promet de revitaliser l'Est, la rue qui accueillera la ligne bleue a perdu 90 % de ses passants. Plus d'une trentaine d'organisations se mobilisent pour qu'elle survive aux chantiers. La SDC Jean-Talon Est pose une question à tout Montréal : est-ce ainsi qu'on veut revitaliser l'Est ?
MONTRÉAL, le 28 oct. 2026 /CNW/ -- Au milieu du chantier de la ligne bleue, devant les palissades, la Société de développement commercial (SDC) Jean-Talon Est et plus d'une trentaine d'acteurs de Saint-Léonard ont pris la parole ce matin pour défendre la vitalité de la rue Jean-Talon Est pendant les travaux. Commerçants, table de quartier, milieu économique de l'Est, partenaires communautaires et culturels : tous portent un même message. Jean-Talon Est résiste, mais elle ne pourra pas tenir seule jusqu'en 2031.
Une rue coupée de sa clientèle
Depuis octobre 2024, le chantier du prolongement de la ligne bleue entrave les intersections Pie-IX, Viau, Lacordaire et Langelier. Au même moment, la STM a retiré le service d'autobus de tout le territoire de la SDC pour la durée des travaux en détournant la ligne 141 vers la rue Bélanger, à 800 mètres au sud. Dans la foulée, Bixi a retiré l'une des trois stations de l'artère et la Ville a mis de côté le REV Lacordaire. Les effets sont documentés :
- le compteur piéton de la SDC est passé d'un peu plus de 1 000 à moins de 100 passages par jour, soit une baisse de plus de 90 % ;
- le tracé de la ligne 141, qui transporte quelque 600 000 usagers par mois, ne dessert plus les commerces de l'artère ; la ligne elle-même a perdu 170 000 déplacements mensuels, et la navette 814 n'en récupère qu'environ 7 000 ;
- les commerces sondés rapportent une baisse moyenne de leur chiffre d'affaires de plus de 25 %, et 51 des 110 répondants ont réduit leurs heures ou leur personnel.
Certains commerces ont déjà fermé. Le 29 septembre dernier, la STM a indiqué à la SDC qu'elle ne pouvait pas améliorer son offre de service sur Jean-Talon Est. Ni la population du quartier ni les commerçants n'ont été consultés.
Malgré les défis, Jean-Talon Est reste ouverte. Les commerçants continuent d'accueillir leur clientèle comme à l'habitude. La SDC invite toute la population montréalaise à venir sur Jean-Talon Est pendant les travaux : chaque visite compte.
Ce sont des services qu'on retire
Dans un quartier où les personnes aînées, les familles et les personnes nouvellement arrivées se déplacent en transport collectif, c'est l'accès à la pharmacie, à l'épicerie, à la banque et au restaurant du coin qui est en jeu. Quand un commerce de proximité ferme, c'est un service qui disparaît pour celles et ceux qui y habitent.
« On planifie avec soin le quartier du futur, et c'est très bien. Mais revitaliser l'Est, c'est d'abord prendre soin des citoyens qui l'habitent aujourd'hui et qui ont besoin de ces services de proximité maintenant », rappelle Pierre Frisko, directeur général de la SDC Jean-Talon Est.
« Nous attendons ce métro depuis plus de trente ans et nous voulons qu'il soit une réussite. Mais une rue survit à des travaux ; elle ne survit pas à une clientèle qui ne peut plus s'y rendre. Aujourd'hui, nous ne sommes pas seuls : une trentaine d'organisations sont à nos côtés », déclare Paul Micheletti, président du conseil d'administration de la SDC Jean-Talon Est.
Une question montréalaise
Québec et Ottawa investissent des milliards de dollars dans la ligne bleue pour revitaliser l'Est de Montréal. Trois stations doivent ouvrir vers 2031, dont Mary-Two-Axe-Earley et Césira-Parisotto sur le territoire de la SDC, et le réaménagement complet de l'artère, un projet de 133 M$ sur 3,5 km, doit débuter en 2028. Une rue vidée de ses commerces à l'arrivée du métro compromettrait les retombées de ces investissements.
Le problème n'est ni l'argent ni la vision : c'est que personne ne répond de l'ensemble. En 2022, l'arrondissement s'engageait par écrit à créer un comité réunissant la Ville, la STM, l'arrondissement et la SDC pour piloter la transition de la rue. Ce comité n'a jamais été mis en place.
Le milieu, lui, n'a pas attendu. Avec le projet Vitalité, lancé en 2024 en prévision des grands chantiers, la SDC et ses partenaires veulent doter Jean-Talon Est d'un plan de maintien de l'artère pendant sept années de chantier. Les solutions trouvées ici pourraient profiter aux prochaines artères touchées par de grands chantiers.
« Jean-Talon Est peut devenir un modèle… ou l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Le choix se fait maintenant. Les solutions existent, elles sont documentées et la plupart peuvent être déployées rapidement », affirme Pierre Frisko.
La SDC Jean-Talon Est propose quatre solutions
- Quelqu'un doit répondre de l'ensemble. Une seule table de coordination réunissant la Ville, l'arrondissement, la STM et le milieu, où les personnes présentes ont le pouvoir de décider.
- L'accès passe avant tout. La rue doit rester accessible en tout temps : à pied, en transport collectif local, pour les livraisons et pour le stationnement de courte durée. La SDC demande un service d'autobus qui relie le secteur Jean-Talon Est à la station Saint-Michel.
- Donner aux gens une raison de venir. L'espace libéré par les travaux peut accueillir des placettes, de l'animation et de l'art. Le chantier lui-même peut devenir une attraction.
- Un chantier propre et habillé. Des palissades qui informent et embellissent, des abords nettoyés chaque jour, une signalisation claire et pertinente.
Bâtir l'avenir ensemble.
À propos de la SDC Jean-Talon Est
La Société de développement commercial Jean-Talon Est regroupe les gens d'affaires de la principale artère commerciale de Saint-Léonard, au cœur de l'un des quartiers les plus denses et les plus diversifiés de l'Est de Montréal. Elle porte le projet Vitalité, une démarche lancée en 2024 et articulée autour de trois pôles (commerce, communauté et culture) pour faire des grands chantiers de la ligne bleue et du réaménagement un levier de vitalité. Plus d'une trentaine d'organisations locales y participent.
SOURCE SDC Jean-Talon Est

Renseignements et demandes d'entrevue : Pierre Frisko, directeur général, 438 275-9385, [email protected]
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