De plus en plus de travailleurs ont perdu le contrôle de leurs finances et se dirigent à toute vitesse vers des difficultés financières
Une enquête menée par l'Institut national de la paie (INP) révèle que près de la moitié des travailleurs canadiens sont désormais considérés comme étant en situation de stress financier, n'ayant aucune marge de manœuvre en cas d'urgence. Parallèlement, ce stress coûte aux employeurs environ 74,3 milliards de dollars en perte de productivité.
TORONTO, le 22 sept. 2026 /CNW/ -- Les signaux d'alerte du stress financier ne sont désormais plus lointains ni discrets : pour de nombreux travailleurs, le stress financier est devenu une réalité immédiate, implacable et déstabilisante, alimenté par la hausse des coûts, l'endettement croissant et l'incertitude économique. De plus en plus d'entre eux se rendent compte qu'ils n'ont plus guère de marge de manœuvre pour ralentir, rectifier le tir ou se remettre sur pied dès qu'une seule dépense imprévue menace de les faire dévier davantage de leur trajectoire.
L'édition 2026 du sondage annuel de l'INP auprès des travailleurs canadiens révèle une crise du bien-être financier qui ne cesse de s'aggraver partout au pays. Près de la moitié des travailleurs canadiens (44 %) sont désormais considérés comme étant en situation de stress financier, une grappe qui est passée d'environ un tiers des travailleurs par le passé à près de la moitié aujourd'hui. Plus inquiétant encore, cette grappe représente désormais plus du double de celle des personnes financièrement à l'aise.
Il en résulte un sentiment accru de perte de contrôle. Environ un travailleur sur quatre (28 % des Canadiens et 22% des Québécois), vit d'une paie à l'autre et estime qu'il aurait de la difficulté à honorer ses obligations financières si le versement de sa paie était retardé d'une semaine seulement. La moyenne nationale, qui se situait à 26 % l'année dernière, est ainsi passée à son plus haut niveau en cinq ans. Les dépenses d'épicerie et autres dépenses courantes des ménages constituent désormais la principale source de stress financier, citée par 55 % des répondants à travers le pays et 39 % au Québec. Le niveau d'endettement personnel préoccupe également près de la moitié des travailleurs canadiens (46 %), tandis que les travailleurs Québécois sont un peu plus confortables de ce point de vue (26 %).
Parallèlement, il semble que moins de travailleurs disposent de la marge de manœuvre financière nécessaire pour faire face à une dépense imprévue ou à une variation soudaine de leurs revenus. La proportion de Canadiens qui tentent d'épargner davantage est passée de 51 % à 43 %, dont 31 % disent réussir à accroître leur épargne. Les Québécois, quant à eux, épargnent en-deçà de la moyenne nationale (38 %). La moitié des travailleurs canadiens (51 %) et quatre travailleurs québécois sur dix (43 %) disent également dépenser la totalité ou plus que leur salaire net, une forte hausse par rapport à 2025. Les résultats indiquent néanmoins une voie concrète à suivre : des améliorations modestes dans les habitudes d'épargne telles que la réduction des dettes et la préparation aux imprévus peuvent aider les travailleurs à se sentir plus en contrôle.
« Pour un nombre croissant de travailleurs, le stress financier n'est plus une simple alerte, mais une crise en continu, indique Peter Tzanetakis, président et chef de la direction de l'Institut national de la paie. Quand les individus dépensent tout ce qu'ils gagnent, qu'ils comptent sur le crédit pour combler le vide et qu'ils sont incapables de se constituer ou de maintenir une épargne, même un petit imprévu peut leur sembler être une catastrophe inévitable. »
Il est possible de reprendre le contrôle sur ses finances
Bien que les résultats du sondage de 2026 mettent en lumière un problème important qui ne cesse de s'aggraver, ils indiquent également qu'une voie de sortie se trace à l'horizon. Les données montrent continuellement que les travailleurs qui épargnent régulièrement sont bien plus susceptibles de jouir d'une situation financière confortable que de subir du stress financier, ce qui souligne la nécessité urgente d'aider davantage de travailleurs à renforcer leur résilience financière avant que leur situation ne s'aggrave davantage.
L'une des façons les plus efficaces de renforcer sa résilience consiste à se payer d'abord, en mettant automatiquement de l'argent de côté avant même de pouvoir le dépenser. Les données suggèrent que les travailleurs semblent prêts à adopter des solutions d'épargne prélevée directement sur leur chèque de paie. Si seulement 23 % des répondants à travers le pays, et 27 % des travailleurs québécois, ont actuellement accès à un programme Payez-vous d'abord, environ les trois quarts en tirent parti lorsqu'un tel programme leur est proposé, et près de la moitié, (48 % nationalement et 43 % au Québec), apprécieraient un programme d'épargne d'urgence parrainé par leur employeur.
Pas besoin de mesures concrètes compliquées pour faire une différence. Les Canadiens peuvent commencer en se concentrant sur de petits gestes qui procurent une plus grande marge de manœuvre financière :
- Se constituer d'abord un petit coussin de liquidités, puis, avec le temps, bâtir un fonds d'urgence plus solide.
- Automatiser les bonnes décisions, notamment en épargnant directement à la source sur la paie lorsque c'est possible.
- Verser les augmentations de salaire, les remboursements, les primes ou autres rentrées d'argent imprévues dans un compte d'épargne avant qu'ils ne soient absorbés par les dépenses courantes.
- Accorder la priorité au remboursement des dettes coûteuses.
- Demander de l'aide lorsque les décisions financières deviennent difficiles à gérer.
« C'est là que les employeurs peuvent aider les travailleurs à reprendre le contrôle de la situation avant que la tension ne devienne encore plus insoutenable, ajoute M. Tzanetakis. L'accompagnement en matière de bien-être financier ne devrait pas être considéré comme un simple atout. Lorsque le stress nuit au rendement, à la résilience, aux relations et réduit l'espoir, aider les employés à redresser le cap est à la fois une priorité sur le plan humain et un impératif d'affaires. »
Les employeurs peuvent tirer parti de l'expertise des professionnels de la paie pour automatiser l'épargne. Dans le cadre d'un programme Payez-vous d'abord, un petit montant est versé dans un compte d'épargne à partir de chaque paie avant que le reste du salaire ne soit versé, ce qui aide les employés à transformer leurs bonnes intentions en habitudes d'épargne régulières.
Les Canadiens et Québécois qui souhaitent améliorer leur bien-être financier peuvent également commencer par utiliser l'Évaluateur de santé financière de l'Institut national de la paie, une ressource conçue pour aider les utilisateurs à mieux comprendre leur résilience financière et à prendre des mesures concrètes visant à améliorer leur bien-être financier.
L'inaction fait monter la pression
La nécessité d'agir n'en demeure pas moins urgente. Autrement, l'endettement croissant -- déjà un facteur majeur de stress financier -- conjugué à des pressions externes pourrait faire dérailler bien des travailleurs encore davantage de leur trajectoire.
De fait, 37 % des répondants canadiens et 30 % des Québécois disent avoir plus de dettes que les années précédentes - un endettement qui nuit à la capacité d'épargne de 42 % et 39 % d'entre eux, respectivement. Trois Canadiens sur dix se disent même submergés par leurs dettes, contre seulement un Québécois sur cinq.
De nombreux travailleurs disent avoir également l'impression d'avancer à l'aveuglette dans un contexte économique incertain. Seulement 18 % des sondés au Canada, comme au Québec, estiment que l'augmentation de leur revenu suit le rythme de la hausse du coût de la vie. Six Canadiens sur dix et près de la moitié des Québécois admettent que la hausse du coût de la vie et l'incertitude économique les ont rendues plus prudents en ce qui a trait à leurs finances, leur occasionnant par exemple de reporter ou annuler un achat important.
« Il est important, surtout en ces temps incertains, de se rappeler que le bien-être financier ne se résume pas uniquement au revenu, affirme Chuck Grace, fondateur du Laboratoire canadien sur le bien-être financier. Les données continuent de montrer que le fait d'adopter des habitudes d'épargne régulières est essentiel pour se constituer une réserve en cas d'urgence. Sans ces habitudes, les Canadiens disposent de moyens réduits pour se protéger contre les pressions extérieures telles que l'inflation, la hausse des taux d'intérêt et les droits de douane, ce qui conduit bon nombre d'entre eux à s'enfoncer davantage dans l'endettement, à puiser dans leur épargne à long terme et à se retrouver pris au dépourvu face à l'avenir. »
Difficile de se débarrasser de ce stress
Les répercussions de ces difficultés financières se font sentir sur les lieux de travail partout au pays. On estime que le stress financier coûte aux employeurs et à l'économie canadienne 74,3 milliards de dollars en perte de productivité. Près d'un travailleur canadien sur quatre pense que le stress financier nuit à son rendement au travail, une proportion qui s'élève à 53 % chez l'ensemble des travailleurs au pays se trouvant dans la grappe souffrant de stress financier.
Près d'un tiers des travailleurs canadiens consacrent plus de 30 minutes par journée de travail à gérer leurs finances personnelles ou à y réfléchir. Pour les travailleurs touchés, les difficultés financières se traduisent par une baisse de motivation, une diminution de la productivité, des absences pour raisons personnelles ou pour cause de maladie, ainsi que des relations de travail tendues. Pour les employeurs, ces coûts prennent davantage ancrage dans les avantages sociaux et les programmes d'aide aux employés.
Le stress financier accompagne également les employés à la maison, ce qui met à rude épreuve leurs relations avec leur famille et leurs proches et nuit à leur santé mentale. Nombre de travailleurs canadiens (45 %) et québécois (30 %) disent éprouver des sentiments d'anxiété ou de dépression liés au stress financier, ou encore font état de troubles du sommeil (38 % nationalement et 28 % au Québec) et de difficultés de concentration (38 % et 24 %, respectivement).
L'incidence est à la fois relationnelle et personnelle. Près de trois Canadiens sur dix (29 %) et un cinquième des Québécois (18 %) estiment que les difficultés financières les ont amenés à passer moins de temps avec leurs proches et à se sentir davantage isolés socialement.
Le sentiment de faire fausse route
Peut-être le plus préoccupant est l'ampleur de l'effondrement de l'optimisme. Seulement un travailleur canadien sur quatre (26 %) se dit optimiste quant à l'avenir - une proportion encore plus basse dans la belle province (22 %). La plupart des Canadiens et Québécois (57 % et 66 %) se trouvent actuellement dans un état d'incertitude : ils ne sont ni optimistes ni pessimistes envers leur futur. Pour les ménages canadiens souffrant de stress financier, les perspectives sont particulièrement sombres avec les trois quarts d'entre eux se disant très pessimistes.
De nombreux travailleurs ont également le sentiment que l'avenir est façonné par des facteurs hors de leur contrôle. Les craintes liées à la récession (52 % nationalement, 44 % au Québec), les enjeux mondiaux (53 % et 45 %) et les droits de douane (49 % et 43 %) figurent parmi les principales préoccupations économiques des sondés, ce qui renforce l'impression que les ménages se préparent à faire face à des pressions accrues tout en disposant de moyens réduits pour se protéger financièrement.
« Même si la situation est grave, les travailleurs ne sont pas impuissants, conclut M. Tzanetakis. De petits gestes significatifs, surtout lorsqu'ils passent par la paie, peuvent aider les travailleurs à renforcer leur résilience, à reprendre le contrôle de leur situation et à commencer à sortir d'une crise financière. »
À propos de l'Institut national de la paie
L'Institut national de la paie fait la promotion du service de paie au Canada comme élément indispensable à la santé des entreprises au Canada, notamment en établissant LA norme professionnelle d'excellence et en transmettant son expertise essentielle. L'Institut fournit les connaissances et les ressources dont plus de 45 000 professionnels de la paie ont besoin pour réaliser leur potentiel, dont 1,4 million d'employeurs dépendent pour le paiement annuel de 1,35 billion de dollars en salaires et en avantages imposables, et dont les administrations publiques dépendent pour recevoir 469 milliards de dollars en retenues obligatoires qui servent chaque année à financer des programmes essentiels. Les accréditations accordées par l'Institut, les seules de ce type pour le service de paie au Canada, sont reconnues comme la référence en matière d'expertise et de professionnalisme.
À propos du Laboratoire canadien sur le bien-être financier
Basé à l'Université Western, le Laboratoire canadien du bien-être financier a pour mission de concevoir des solutions fondées sur la finance quantitative et l'analyse de données afin d'aider les ménages canadiens à renforcer leur résilience financière. La résilience et le bien-être financiers sont des sujets complexes, étudiés dans de nombreuses disciplines. Le Laboratoire exploite un large éventail de données historiques et en temps réel très détaillées, en recourant à des analyses avancées et à l'apprentissage automatique pour mettre au jour de nouvelles tendances et de nouveaux renseignements.
À propos du sondage annuel 2026 de l'INP auprès des travailleurs canadiens
Le 18e sondage annuel de l'Institut national de la paie auprès des travailleurs canadiens a recueilli les réponses de 2 196 travailleurs canadiens, dont 74 % occupaient un emploi à temps plein. Le sondage a été réalisé en ligne par Framework Analytics Inc. au moyen d'un panel Web, du 22 au 30 juin 2026. L'enquête présente une marge d'erreur de plus ou moins 2,1 %, 19 fois sur 20. Toutefois, comme une méthodologie non probabiliste a été utilisée, il n'est pas possible d'exprimer une marge d'erreur définitive. Les données ont été légèrement pondérées afin que l'échantillon reflète le profil établi par Statistique Canada quant à la répartition des travailleurs canadiens selon le sexe, l'âge et la région géographique. Veuillez noter que les calculs et les valeurs numériques présentés dans ce document sont sujets à l'arrondissement. Par conséquent, le total des pourcentages pourrait ne pas correspondre exactement à 100 %.
SOURCE National Payroll Institute

Relations avec les médias: Catherine Buteau, Earnscliffe, [email protected], 514-777-4183
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