Adoption : mieux former les professionnels et accompagner les familles au-delà du jugement
Au terme de la 5e édition du Forum Adoption Québec, qui a réuni plus de 150 intervenants sociaux et communautaires, réviseurs, médiateurs, juristes et chercheurs à Brossard, le Comité de concertation adoption Québec (COCON adoption) formule deux demandes : que les professionnels qui interviennent auprès d'enfants vulnérables soient mieux formés à reconnaître leur détresse, et que la nouvelle trajectoire de services en adoption assure un soutien continu à l'enfant et à sa famille, bien au-delà du jugement d'adoption.
MONTRÉAL, le 28 sept. 2026 /CNW/ -- Si un bébé de 18 mois ne peut pas dire qu'il souffre, il le montrera d'une façon ou d'une autre. Ces signaux répétés, que peu de gens savent lire, devraient guider les décisions qui le concernent, qu'il s'agisse de le retirer de sa famille, de le confier à une famille d'accueil ou de le rendre admissible à l'adoption. Or, les professionnels qui l'entourent, de l'intervenant de la protection de la jeunesse au juge, ne reçoivent pas tous une formation qui leur permet de les décoder. Et une fois le jugement rendu, l'enfant et sa nouvelle famille se retrouvent trop souvent seuls, alors que les besoins, eux, demeurent présents et la détresse ne fait que grandir.
« L'adoption ne se termine pas le jour du jugement. C'est un parcours de vie. L'enfant adopté aura des questions à l'adolescence, à l'âge adulte, parfois quand il deviendra parent à son tour. Nous demandons deux choses simples : que ceux qui décident de son avenir sachent reconnaître sa détresse, et que les services l'accompagnent aussi longtemps qu'il en a besoin », affirme Marie Simard, coordonnatrice du COCON adoption.
Former tous ceux qui interviennent auprès de l'enfant
Le COCON adoption souhaite que la reconnaissance de la détresse chez l'enfant devienne un savoir partagé par tous ceux qui interviennent dans son parcours : intervenants de la protection de la jeunesse, réviseurs, familles d'accueil, médiateurs, mais aussi avocats et juges. Au Forum, la Dre Rosa Mascaro, pédopsychiatre à la Pouponnière de Lille, et Delphine Collin-Vézina, professeure titulaire à l'École de travail social de l'Université McGill et directrice du Centre de recherche sur l'enfance et la famille, ont toutes deux démontré l'importance du repérage précoce des signaux corporels de détresse. Leurs interventions ont notamment illustré comment une meilleure compréhension de ces manifestations peut contribuer à intervenir plus tôt et à modifier le parcours d'un enfant.
Après le jugement : un soutien tout au long de la vie
Les résultats de la plus vaste étude jamais réalisée sur l'adoption au Québec, présentée au Forum par Geneviève Pagé, professeure titulaire au département de travail social à l'UQO, directrice scientifique de l'Équipe de recherche sur le placement et l'adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ) et titulaire de la Chaire institutionnelle de recherche CAPP-Permanence, montrent l'importance des besoins qui demeurent après l'adoption. Cette recherche, qui couvre 20 ans de données, révèle notamment un manque important de services pour les parents adoptants et les personnes adoptées à différentes étapes de leur vie.
Le COCON adoption estime que la nouvelle trajectoire de services en adoption, dont les grandes lignes ont été présentées au Forum par Geneviève Poirier, secrétaire et directrice générale du Secrétariat aux services internationaux à l'enfant (SASIE-MSSS), représente une occasion de répondre à cette réalité. Le comité souhaite qu'elle se traduise par un véritable continuum de services, qui commence avant l'adoption et se poursuive après le jugement, pour l'enfant, ses parents adoptants et ses parents d'origine.
Un réseau en pleine réorientation
Ces dernières années, certaines pratiques d'intervention et la légitimité de certaines adoptions ont été publiquement remises en question, et le réseau de la protection de la jeunesse revoit ses façons de faire. Au Forum, Lesley Hill, directrice nationale de la protection de la jeunesse, a appelé à faire une plus grande place à l'enfant dans son propre parcours. Elle a rappelé que choisir un projet de vie pour un enfant exige « énormément de doigté, d'humanisme, d'empathie, de rigueur et de temps ». La médiatrice familiale Lorraine Filion a, pour sa part, présenté la médiation comme une voie permettant de trouver des solutions qui tiennent compte des besoins de l'enfant, y compris en contexte d'adoption.
« Que plus de 150 professionnels prennent deux jours pour écouter la recherche, confronter leurs points de vue et réfléchir à leurs façons de faire est un signal important. Le Forum montre que les pratiques peuvent évoluer et que les différents acteurs du milieu ont un rôle à jouer dans cette évolution. Les enfants les plus vulnérables doivent être au cœur de cette transformation », souligne Marie Simard.
À propos du COCON adoption
Le Comité de concertation adoption Québec (COCON adoption) est une initiative de la Confédération des organismes familiaux du Québec (COFAQ). Le COCON adoption réunit l'Association Emmanuel, la Coalition des familles LGBT+, L'Hybridé, le Mouvement Retrouvailles et Parcours adoption Québec, avec l'appui de l'Équipe de recherche sur le placement et l'adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ). Il encourage l'échange, la concertation et la défense des intérêts des personnes adoptées, des parents adoptants et d'origine.
Porte-parole disponibles pour entrevue :
Marie Simard, coordonnatrice du COCON adoption
Geneviève Pagé, professeure titulaire au département de travail social à l'UQO, directrice scientifique de l'Équipe de recherche sur le placement et l'adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ) et titulaire de la Chaire institutionnelle de recherche CAPP-Permanence
SOURCE Comité de concertation adoption Québec

Renseignements et demandes d'entrevue : Maryse Lafrenière, [email protected], 514 647-9853
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