L'Indice Scotia des prix des produits de base recule en mai

- Le déversement pétrolier dans le golfe du Mexique annonce une réduction de l'approvisionnement pétrolier des États-Unis

TORONTO, le 30 juin /CNW/ - Après avoir connu une progression rapide en avril, l'Indice Scotia des prix des produits de base, qui permet d'analyser les tendances des prix de 32 des principales exportations canadiennes, a perdu beaucoup de terrain en mai, reculant de 4,6 % par rapport au mois précédent, mais se maintenant à 22,1 % au-dessus du niveau qu'il avait un an plus tôt.

"L'appétit réduit des investisseurs pour le risque, combiné à la crise de la dette dans la zone euro, a entraîné un autre retour vers les valeurs sûres du Trésor en dollars américains, ce qui a fait baisser les prix des produits de base", a indiqué Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia. "Les conditions de crédit resserrées et les mesures d'austérité adoptées par les pays de la zone euro ayant les rapports dette-PIB les plus élevés menacent de ralentir la croissance mondiale; de plus, au Sommet de Toronto, les pays du G20 se sont engagés à réduire leurs déficits de moitié d'ici 2013."

Les prix des produits de base ont connu une remontée à la mi-juin après la décision de la Chine de permettre une plus grande souplesse et une appréciation modeste de sa monnaie, particulièrement en changeant le mode d'évaluation du yuan pour le faire passer d'une parité fixe avec le dollar américain à un flottement contrôlé par rapport à un ensemble de devises importantes. Les marchés financiers ont accueilli l'annonce comme un signe que Beijing est optimiste quant à l'expansion économique actuelle de la Chine et que les répercussions des problèmes de la dette en Europe demeureront limitées. Une appréciation modeste du yuan par rapport au dollar américain et à l'euro devrait contribuer à rééquilibrer les flux des échanges commerciaux mondiaux, favoriser le caractère concurrentiel des fabricants dans ces pays et aider à soutenir une reprise des activités industrielles du G7. Toutefois, le sentiment d'aversion des investisseurs pour le risque devrait probablement se maintenir.

Pétrole et gaz - La réduction du forage dans le golfe du Mexique annonce une baisse de l'approvisionnement pétrolier des États-Unis

Le pétrole et le gaz ont entraîné le déclin de l'Indice Scotia des prix des produits de base en mai (-7,9 % d'un mois à l'autre). Alors que les prix à l'exportation du gaz naturel canadien ont remonté, les prix du pétrole brut léger à Edmonton et du pétrole moyen/lourd à Hardisty, en Alberta, ont chuté de plus de 14 $ US le baril.

"Les négociants ont baissé les prix du pétrole WTI en raison d'un appétit réduit pour le risque d'un sommet de 87,15 $ US le baril au début d'avril à un creux de seulement 63 $ US au moment où l'inquiétude était la plus marquée quant à la dette souveraine de la zone euro", a souligné Mme Mohr. "Les prix ont remonté juste sous les 76 $ US à la fin de juin, partiellement en raison des perspectives préoccupantes du forage dans les eaux profondes du golfe du Mexique, après l'explosion et le déversement pétrolier au forage d'exploration Macondo de BP. Actuellement, la partie américaine du golfe du Mexique représente 30 % de la production pétrolière nationale des États-Unis, dont 80 % provient de puits en eaux profondes."

Dans son rapport, Mme Mohr souligne que le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique inaugurera une période de coûts considérablement accrus en ce qui concerne le forage dans les eaux américaines du golfe du Mexique, les activités d'exploration et de développement devant probablement revenir à des niveaux plus normaux pendant une certaine période. Même lorsque le moratoire actuel sur toutes les plateformes flottantes d'exploration et de développement sera levé, les longues procédures réglementaires et les modifications ou les rénovations requises en matière d'équipement (p. ex., des blocs obturateurs de puits) retarderont le développement. La présence possible de gisements géants dans la partie relativement non explorée des eaux américaines du golfe du Mexique représentait le principal espoir de croissance de l'approvisionnement interne des États-Unis pour l'avenir.

"Dans ces conditions, le déversement pétrolier sera susceptible d'éveiller un plus grand intérêt pour les zones de pétrole léger de Bakken dans le sud de la Saskatchewan ainsi que dans le Dakota du Nord et le Montana, les zones de pétrole compactes émergeant dans l'Ouest canadien et les sables bitumineux de l'Alberta", a déclaré Mme Mohr. "Le Canada est le premier fournisseur de pétrole des États-Unis, représentant 23,7 % des importations de pétrole aux États-Unis, devant le Mexique (13,5 %) et le Nigeria (12,9 %)."

Métaux et minéraux

Les métaux et les minéraux ont également perdu du terrain en mai (-6,3 % par rapport au mois précédent), car les prix des métaux de base ont subi une correction par rapport à leurs récents sommets, recul qui n'a été que partiellement contrebalancé par une appréciation des métaux précieux. Cependant, tout comme le pétrole, les prix du cuivre, du zinc, du nickel et de l'aluminium à la Bourse de métaux de Londres (LME) ont remonté à la mi-juin et demeurent à des niveaux rentables pour les sociétés minières. Le prix du cuivre à la LME est à un niveau lucratif de 2,99 $ US à la fin de juin.

"Les prix au comptant de l'or ont atteint un nouveau record de tous les temps à 1 265,30 $ US l'once le 25 juin, alors que les investisseurs craignaient pour l'intégrité du papier-monnaie, en raison de la dette élevée des gouvernements de la zone euro, des États-Unis et du Japon", a affirmé Mme Mohr.

Le prix du charbon à coke métallurgique de première qualité de l'Ouest canadien destiné aux marchés asiatiques devrait passer de 200 $ US la tonne (FAB Vancouver) au premier trimestre de l'exercice japonais (avril à juin) à 225 $ US au deuxième trimestre. Les principales aciéries japonaises ont déjà accepté cette hausse de prix auprès de BHP Billiton pour le charbon australien. Les dommages causés par un cyclone et les contraintes ferroviaires dans le nord-est de l'Australie ont contribué à resserrer les conditions de l'offre et de la demande à l'échelle mondiale.

"Le prix au comptant de l'uranium continue de se négocier bien bas, soit à 41,75 $ US la livre à la fin de juin", souligne Mme Mohr. "Les prix sont modérés par une baisse des besoins du secteur des services publics en Occident, les craintes d'une production accrue au Kazakhstan et la vente par troc du stock d'UF6 du département américain de l'énergie pour payer un nettoyage environnemental à une usine d'enrichissement de l'uranium de l'Ohio qui est fermée. Un ralentissement du développement au Kazakhstan d'ici plusieurs années et la fin de l'entente entre les États-Unis et la Russie sur l'uranium hautement enrichi (UHE) en 2013 devraient faire grimper les prix à moyen terme.

"Ottawa a profité du Sommet du G20 pour faire progresser son commerce de l'uranium avec l'Inde et la Chine, les deux principaux marchés en croissance", a poursuivi Mme Mohr. "Le Canada a signé un accord de coopération nucléaire bilatérale avec l'Inde, permettant l'exportation de concentrés d'uranium et de matériel nucléaire du Canada vers l'Inde, après une interruption de trente ans."

Produits forestiers

Après sa vigueur récente, l'indice des produits forestiers a reculé de 1,2 % en mai par rapport au mois précédent, alors que les prix des matériaux de construction ont chuté avec la fin de la reconstitution des stocks aux États-Unis, annulant d'autres gains dans les pâtes et papier. Le prix de la pâte kraft blanchie de résineux de l'hémisphère nord a atteint un nouveau sommet record de 1 000 $ US la tonne sur le marché américain en mai et a encore grimpé à 1 020 $ US la tonne en juin, et devrait être à son plus haut niveau.

Agriculture

Seul l'indice de l'agriculture a gagné du terrain le mois passé (+1,6 % par rapport au mois précédent), alors que la hausse des prix du homard de la Côte Atlantique et du porc a été annulée par une baisse des prix du bétail, des céréales et des oléagineux.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports économiques

Renseignements : Renseignements: Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com; ou Robyn Harper, Relations publiques, 416-933-1093 ou robyn_harper@scotiacapital.com

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