Budget Bachand - Les services publics en mangent toute une !

QUÉBEC, le 30 mars /CNW Telbec/ - Alors que le ministre des Finances estime que la performance économique du Québec se compare avantageusement à celle de l'Ontario, par exemple, et qu'il prévoit une augmentation du produit intérieur brut (PIB) supérieure à celle des années antérieures pour les cinq prochaines années, il dépose un budget où les services publics, principalement ceux de la fonction publique, subiront d'importantes compressions.

Malgré la période de relative prospérité annoncée par ce budget, le gouvernement annonce son intention d'accélérer le démantèlement des services publics. Cette orientation est calquée sur celle des membres du comité consultatif sur les finances publiques embauchés par le ministre des Finances pour le conseiller pendant qu'il préparait son budget. Dès l'an prochain, le ministre des Finances compte en effet ramener à 2,2 % par année la croissance des budgets de programmes, soit à peine au rythme de l'inflation et à un rythme deux fois plus lent que la croissance de l'économie. Précisons que les dépenses de programmes avaient crû de 4,6 % en moyenne au cours des dernières années.

Pourtant l'économie est loin de la catastrophe annoncée. Le ministère des Finances prévoit une croissance moyenne réelle de l'économie de 2,3 % par année d'ici 2014. C'est un peu moins que ce que prévoient les prévisionnistes privés en moyenne (2,4 %), mais c'est supérieur à la tendance des trois dernières décennies (2,1 %). La croissance nominale de l'économie, incluant l'inflation, augmentera de 4,2 % par année (4,3 % selon la moyenne des prévisionnistes), pour une hausse totale de 23 %, ou de 70 milliards de dollars. Cette croissance de la taille de l'économie donne une bonne indication du potentiel fiscal de l'État à l'exclusion de toute modification au régime fiscal. Notons que la croissance prévue de la dette imputable aux déficits budgétaires sera plus lente que celle de l'économie, d'où une diminution du taux d'endettement.

Le ministre des Finances met l'emphase sur la dette brute du Québec, ce qui contribue à dramatiser la situation économique du Québec. Or, les experts reconnaissent que la mesure de la dette nette, qui soustrait de la dette les actifs financiers de l'État, donne habituellement une meilleure indication de l'ampleur de l'endettement d'un gouvernement(1). Il est vrai qu'à l'analyse de la dette nette on constate que la dette du Québec se situe dans le milieu de peloton, à un niveau comparable à celui de l'Ontario et sous celui de cinq des sept pays du G7, incluant les États-Unis.

À ses propres employées et employés, qui ont vu leur rémunération reculer décennie après décennie depuis près de 30 ans, le gouvernement Charest promet de poursuivre l'érosion de leur rémunération au cours des prochaines années, en réaffirmant des offres qui réduiront de 10% environ leur pouvoir d'achat d'ici 2014. Ce faisant, il prétend s'attaquer aux problématiques d'attraction et de rétention de son personnel !

Le ministre des Finances reconnaît que les économies découlant de la réduction de l'effectif peuvent être plus que compensées par l'octroi de contrats professionnels plus coûteux donnés à l'externe. Il reconnaît aussi que cette approche risque de compromettre l'offre de service gouvernementale en région. Malgré cela, il invite la population à endosser le gel de la masse salariale des ministères et organismes et la poursuite de la réduction de l'effectif dont dépendent les services à la population. "Dans l'ensemble, le budget Bachand est le dernier acte d'une campagne de propagande orchestrée par un front commun patronal-gouvernemental pour faire croire à la population que l'intérêt public passe par la dévalorisation du travail effectué par le personnel des écoles, des hôpitaux ou des ministères et organismes, et que les services publics sont pratiquement devenus un danger pour les finances publiques", déclare, amèrement déçu, le président du Syndicat de professionnelles et de professionnels du gouvernement du Québec, Gilles Dussault.

Le SPGQ est le plus grand syndicat de professionnelles et professionnels du Québec. Il représente quelque 21 000 personnes, soit plus de 18 000 de la fonction publique et environ 3000 provenant des sociétés d'État, des réseaux de l'éducation et de la santé du Québec, regroupées dans 37 unités de négociation.

    
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    (1) À ce sujet, voir Point de vue économique, Desjardins Études
    économiques, 23 mars 2010.
    

SOURCE Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Renseignements : Renseignements: Michel Monette, relations de presse SPGQ, cellulaire: (418) 254-9218.


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