Éducation à la sexualité : Non à l'improvisation!

MONTRÉAL, le 15 déc. /CNW Telbec/ - La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) partage la volonté exprimée par la population de développer chez les jeunes un comportement responsable à l'égard de la sexualité. Ainsi, la FAE a fait sienne la revendication de réintroduire le cours d'éducation à la sexualité à l'école jugeant qu'elle peut appuyer les parents dans leur rôle d'éducateurs sur cette question. Cependant, cela ne peut se faire de manière improvisée et hâtive.

Les enseignantes et enseignants veulent être consultés et être respectés

À l'école, les premières personnes intervenant auprès des élèves sont les enseignantes et enseignants. Elles désirent avoir leur mot à dire sur les fondements de ce cours et sur les outils pédagogiques qui seront mis à leur disposition. Pour la FAE, il est essentiel de faire appel à l'expertise du personnel enseignant. Il faut impérativement éviter d'appliquer de manière hâtive le cours d'éducation à la sexualité sans avoir au préalable déterminé le cadre de son enseignement.

« Les profs ne veulent pas être les victimes d'une application à la hâte qui risquerait de créer un autre cafouillage. Ça fait plus de dix ans qu'on improvise en éducation en leur demandant constamment de compenser les lacunes du système. Ça va faire! Il y a des limites à ne pas franchir. On ne créera pas un désastre pour en corriger un autre. Il y en a qui sont, peut-être, pressés de voir s'articuler ce cours, mais on doit prendre le temps de bien le structurer. Si le ministère compte le ramener, il faut, bien évidemment, prendre en compte l'opinion et l'expertise des enseignantes et enseignants. Mais plus encore, s'assurer que les profs ont tout ce qu'il faut pour faire correctement leur travail », de déclarer le président de la FAE, monsieur Pierre St-Germain.

Du matériel et une préparation adéquate des enseignantes et enseignants

Le cours d'éducation à la sexualité doit s'appuyer sur une solide expertise qui n'est pas au rendez-vous dans les conditions actuelles parce qu'une partie de celle-ci s'est perdue ces dernières années. De plus, les nouveaux profs ne sont pas formés sur ces questions. Pour la FAE, il est primordial de bien préparer le cadre dans lequel les enseignantes et enseignants auront à assumer la responsabilité de cet enseignement. Plusieurs aspects devront être considérés avant de mettre en place un tel cours. Des questions qui nécessitent des réponses claires comme le précise Pierre St-Germain.

« On ne peut pas se lancer dans n'importe quoi et improviser un cours sous prétexte que certains groupes allèguent qu'il y a urgence à aller de l'avant avec l'éducation à la sexualité. Il faut prendre en compte certaines considérations apparaissant incontournables. À titre d'exemple : Qui enseignera ce ou ces cours? À quel niveau les donnera-t-on? Parle-t-on d'une nouvelle matière ou sera-t-elle intégrée dans une autre? Si oui, laquelle? Combien de temps y accordera-t-on? Au détriment de quoi? Si on parle d'une matière, on parle d'un programme. Comment évaluera-t-on les connaissances et les « compétences » en cette matière? Plusieurs parlent de mettre certaines valeurs importantes de l'avant. Lesquelles? Celles du Vatican? De la société moderne? Fera-t-on la promotion de l'abstinence ou des méthodes de contraception courantes? Comment concilier les valeurs multiples qui ont cours dans notre société multiculturelle? Quelle place sera laissée aux différents modèles de sexualité? Certains souhaitent l'implication des conseils d'établissement. Comment cela est-il compatible avec un programme national? Y aura-t-il des ressources professionnelles qui seront associées, par exemple des sexologues, des infirmières ou d'autres ressources externes? Voilà autant de questions qui nécessitent des réponses réfléchies et qui démontrent qu'en ce domaine on ne peut se permettre d'improviser et de refiler toute la responsabilité aux profs. Même si nous croyons que ce cours a sa place dans le curriculum de la formation des élèves du Québec, cela ne doit pas nous autoriser à agir avec hâte et sans préparation adéquate. Nous mettons en garde la ministre de l'Éducation de répondre précipitamment à ces demandes sans prendre les mesures qui respectent le personnel enseignant et son travail. »

En attendant que les enseignantes et enseignants spécialisés en la question aient les moyens et les outils pour faire ce nouveau travail, la FAE estime qu'il appartient aux parents de continuer d'assumer leurs responsabilités en cette matière. Si le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport considère subitement qu'il y a urgence, la FAE suggère aux responsables scolaires d'organiser dans le cadre d'activités parascolaires, à l'heure du dîner par exemple, des activités de sensibilisation afin de répondre temporairement aux besoins des élèves et des parents.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

SOURCE Fédération autonome de l'enseignement (FAE)

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Source :     Fédération autonome de l'enseignement
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