Une étude révèle qu'un nombre croissant de nouveaux médecins spécialistes n'arrivent pas à se trouver un emploi au Canada

Il faudra améliorer la planification des effectifs de la santé à l'échelle nationale

OTTAWA, le 10 oct. 2013 /CNW/ - Une étude de premier plan menée par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada indique qu'un nombre croissant de médecins et chirurgiens spécialistes récemment certifiés ont du mal à trouver au Canada un emploi correspondant à leurs compétences et leur formation poussée, et ce, malgré les longs délais d'attente pour subir une chirurgie ou obtenir un rendez-vous avec des spécialistes de la médecine.

« Nous parlons de pénuries de médecins depuis tant d'années, mais voilà que de nouvelles données émergent depuis quelque temps, indiquant qu'un nombre grandissant de spécialistes et surspécialistes n'arrivent pas à se trouver du travail », affirme Danielle Fréchette, chercheuse en chef de l'étude et directrice exécutive du Bureau des politiques de la santé, des communications et des relations externes, au Collège royal. « Selon nous, cette grave situation méritait d'être examinée de plus près afin d'en déterminer l'étendue ainsi que les causes sous-jacentes. »

Cette enquête nationale de deux ans intitulée « Trop de médecins ou pas assez? Quelle est la réalité sous-jacente au chômage des spécialistes au Canada? » se fonde sur 50 entrevues approfondies menées auprès de médecins, de directeurs d'hôpitaux, d'experts en matière de système de santé, de résidents et d'autres parties intéressées, ainsi que sur un sondage en ligne auquel ont répondu des médecins spécialistes ayant obtenu leur certificat en 2011 et 2012.

Parmi les 4233 nouveaux spécialistes et surspécialistes canadiens de cette cohorte, 1371 (32,4 %) ont participé à l'enquête. Or, 208 répondants (16 %) ont indiqué que, après avoir consacré au moins huit années à leur formation médicale spécialisée, ils étaient incapables de se trouver un emploi. De ce groupe, 9 % ont choisi de poursuivre leur formation, en participant notamment à des stages rémunérés, tandis que 7 % ont dit être restés sans emploi.

Un autre groupe de 414 répondants (31,2 %) a dit avoir choisi de ne pas intégrer le marché de l'emploi; ces médecins ont plutôt approfondi leur formation, étant convaincus de pouvoir ainsi améliorer leurs perspectives d'emploi.

L'enquête a également révélé que les difficultés d'emploi semblent avoir augmenté en 2012, par rapport à 2011. Le nombre de répondants ayant déclaré avoir éprouvé des difficultés s'est accru de 4 % de 2011 à 2012 (passant de 13 à 17 %) pour les spécialistes, et de 6 % pour les surspécialistes (15 à 21 %).

L'enquête a également permis de cerner trois facteurs souvent indissociables qui contribuent au problème du chômage chez les spécialistes de la médecine. Le premier facteur est l'économie; la faiblesse des marchés a en effet forcé de nombreux médecins à retarder leur départ vers la retraite, et les ressources hospitalières nécessaires à la pratique des spécialistes — les salles d'opération et les lits d'hôpital, par exemple — ont été réduites afin de diminuer les coûts. Or, cela a une incidence directe sur l'emploi chez les médecins.

L'évolution du secteur de la santé a été cernée comme étant le deuxième facteur, notamment l'émergence des modèles de prestation interprofessionnelle des soins davantage axés sur l'intervention de prestataires autres que les médecins, et le désalignement entre la planification des effectifs de la santé, les modèles de prestation des soins et les quotas d'admission des programmes de résidence.

Quant au troisième facteur, il s'agit de questions de nature personnelle et contextuelle, comme un manque de conseils et d'orientation en matière de carrière, et le fait que les nouveaux spécialistes de la médecine sont aujourd'hui plus âgés et que, par conséquent, ils ont souvent déjà une famille et sont donc moins enclins à s'établir ailleurs pour un emploi.

« Il faudra approfondir la recherche et la consultation sur cette question si l'on veut comprendre la dynamique de ce nouveau problème », affirme le Dr Andrew Padmos, directeur général du Collège royal. « Nous aimerions en venir à la création d'une agence nationale ou d'un groupe de réflexion qui encouragera la recherche afin d'éclairer la planification de la main-d'œuvre médicale dans toutes les régions, à l'échelle pancanadienne. »

« En février, le Collège royal franchira une nouvelle étape dans cette direction, explique le Dr Padmos, et tiendra un sommet national qui réunira des intervenants du réseau canadien de la santé afin de mettre en commun leurs connaissances, perspectives, idées et données en matière d'emploi en médecine spécialisée, de manière à trouver des solutions durables à ce grave problème. »

Le rapport Trop de médecins ou pas assez? Quelle est la réalité sous-jacente au chômage des spécialistes au Canada? peut être consulté en ligne, à l'adresse www.collegeroyal.ca/emploi_des_medecins.

Le Collège royal en bref
Le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (www.collegeroyal.ca) est le foyer de la médecine spécialisée au Canada, définissant les normes en matière de formation médicale postdoctorale, appuyant le perfectionnement professionnel continu de ses 44 000 membres, et façonnant l'innovation dans le secteur de la santé d'un bout à l'autre du pays.

SOURCE : Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada

Renseignements :

Jean-Paul Brasseur, tél. 613-830-4766, jp.brasseur@sympatico.ca

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