Une découverte importante associée aux troubles d'anxiété et aux traumatismes - Des chercheurs de l'IRCM découvrent le rôle essentiel d'une protéine dans le cerveau

MONTRÉAL, le 4 déc. 2013 /CNW Telbec/ - Une équipe de chercheurs Montréalais à l'IRCM dirigée par le Dr Nabil G. Seidah, en collaboration avec l'équipe du Dr William C. Wetsel à la Duke University aux États-Unis, a découvert que la protéine PC7 joue un rôle essentiel dans le cerveau en ayant un effet sur certains types de performances cognitives telles l'anxiété, l'apprentissage et la mémoire émotionnelle. Leurs résultats, publiés dans les revues scientifiques Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) et Nature, pourraient avoir un impact important sur l'équilibre du comportement relié aux troubles d'anxiété et aux traumatismes.

Les scientifiques ont trouvé que la PC7, le septième membre de la famille des proprotéines convertases responsable de la transformation d'une protéine inactive en son état actif, joue un rôle essentiel dans certaines parties du cerveau, dont l'hippocampe et l'amygdale, qui sont importantes pour la mémoire et les réactions émotionnelles et qui sont associées aux réponses comportementales liées à l'anxiété.

« Nous avons découvert la famile des proprotéines convertases dans mon laboratoire et, depuis 1996, nous étudions soigneusement le plus ancien membre de la famille, la PC7. Au départ, nous ne trouvions pas d'anomalies visibles dans les souris dépourvues de cette protéine. Puis, après quatre années de recherche sur ces souris, nous avons constaté qu'elles avaient complètment perdu toute anxiété, y compris la réaction instinctive qui se produit en réponse à une menace perçue pour la survie » a dit le Dr Seidah, directeur de l'unité de recherche en biochimie neuroendocrinienne à l'IRCM.

Les résultats des différents tests de comportement chez les souris dépourvues de PC7 ont révélé que, bien que la mémoire spatiale demeurait intacte, les mémoires épisodique et émotionnelle étaient sévèrement affaiblies. La mémoire épisodique, soit la capacité de se souvenir des événements vécus, peut déclencher un changement du comportement à la suite d'un événement.

« Nous avons examiné la mémoire épisodique avec des tests comme la transmission sociale des préférences alimentaires (STFP). Afin d'évaluer la STFP, une souris de démonstration, après avoir mangé des aliments aromatisés, a été retournée dans sa cage pour interagir avec ses compagnons. Plus tard, nous avons évalué la préférence des compagnons de cage entre les aliments de la démonstration et de nouveaux aliments. Les souris dépourvues de PC7 ne semblaient pas préférer les aliments de la démonstration. Ceci est une indication importante de leur capacité réduite à détecter et à se rappeler des signaux olfactifs sur l'haleine et les moustaches de la souris de démonstration lors de leur interaction sociale dans la cage » a expliqué le Dr Wetsel, professeur agrégé au Duke Institute for Brain Sciences et premier auteur de l'étude.

L'article publié dans PNAS démontre que les souris dépourvues de PC7 avaient aussi des niveaux réduits d'une protéine nommée BDNF, membre de la famille des neurotrophines qui est formée de protéines régulant le développement, la fonction et la survie des neurones. La BDNF est active dans l'hippocampe et l'amygdale et est essentielle à la mémoire émotionnelle, à la mémoire à long terme et à l'apprentissage.

« Les niveaux réduits de BDNF expliquent en partie pourquoi les souris ont montré des déficiences d'apprentissage et de mémoire » a dit le Dr Seidah. « Par ailleurs, lorsque nous avons traité les souris avec du DHF, un composé chimique qui se lie aux récepteurs de la BDNF, nous avons trouvé que les niveaux de BDNF augmentaient et que le comportement se normalisait » a ajouté le Dr Wetsel.

Les résultats d'une deuxième étude, publiée dans Nature, démontrent qu'un manque de PC7 entraîne également un excès de dopamine dans le cerveau. La dopamine joue des rôles importants dans la motivation, la cognition et la récompense et le système de la dopamine est associé à plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques. Dans cette étude, le bio-informaticien Jérémy Besnard de la University of Dundee au Royaume-Uni a transformé la structure de médicaments existants (et sécuritaires) afin qu'ils puissent être utilisés contre d'autres maladies. Il a validé sa nouvelle approche en modifiant un médicament utilisé contre la maladie d'Alzheimer afin de bloquer l'action de la dopamine dans le cerveau.

« Nous avons testé l'effet de ce nouveau médicament chez les souris dépourvues de PC7 et nous avons trouvé qu'il réussissait à réduire les niveaux de dopamine, ce qui prouve qu'un manque de PC7 entraîne effectivement un excès de dopamine dans le cerveau » a dit le Dr Seidah.

« Ensemble, ces résultats indiquent que la suppression de la PC7 chez les souris pourrait avoir un effet considérable sur certains types de performances cognitives. Nous croyons qu'un médicament ciblant la PC7 pourrait augmenter les niveaux de dopamine et de BDNF dans le cerveau et ainsi normaliser le comportement. Cette découverte pourrait s'avérer importante pour de nombreux troubles associés à l'anxiété et aux traumatismes, tels que le trouble bipolaire et le trouble de stress post-traumatique » a conclu le Dr Seidah.

À propos du projet de recherche
Les projets de recherche à l'IRCM ont été financés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Programme des chaires de recherche du Canada. L'étude publiée dans PNAS a été menée en collaboration avec l'équipe du Dr Wetsel aux États-Unis, l'équipe du Dr Seidah à l'IRCM (qui comprend Annik Prat et Johann Guillemot) et le Dr Daniel B. Constam en Suisse.

Pour plus d'information, veuillez consultez le sommaire de l'article publié en ligne par PNAS : http://www.pnas.org/content/early/2013/10/04/1314698110.abstract?sid=4b20e37c-a84a-47f5-9aa5-903880e0c1e1.

Pour plus de details sur l'article publié dans Nature, veuillez consulter l'abrégé en ligne : http://www.nature.com/nature/journal/v492/n7428/full/nature11691.html.

À propos de Nabil G. Seidah
Nabil G. Seidah a obtenu son doctorat en chimie de la Georgetown University à Washington, DC (États-Unis). Il est professeur titulaire de recherche IRCM, directeur de l'unité de recherche en biochimie neuroendocrinienne et directeur de l'axe de recherche sur les maladies cardiovasculaires et métaboliques à l'IRCM. Le Dr Seidah est professeur-chercheur titulaire au Département de médecine (accréditations en biologie moléculaire et en biochimie) de l'Université de Montréal. Il est aussi professeur associé au Département de médecine (Division de la médecine expérimentale) de l'Université McGill. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en protéolyse des précurseurs. En plus d'être récipiendaire du Prix du Québec Wilder-Penfield 2011, le Dr Seidah est également Membre de l'Ordre du Canada, Officier de l'Ordre national du Québec et Membre de la Société Royale du Canada. Pour plus d'information, visitez le www.ircm.qc.ca/seidah.

À propos de l'IRCM
Créé en 1967, l'Institut de recherches cliniques de Montréal (www.ircm.qc.ca) regroupe aujourd'hui 36 unités de recherche spécialisées dans des domaines aussi variés que l'immunité et les infections virales, les maladies cardiovasculaires et métaboliques, le cancer, la neurobiologie et le développement, la biologie intégrative des systèmes et la chimie médicinale, et la recherche clinique. Il compte aussi quatre cliniques spécialisées, huit plateaux technologiques et trois plateformes de recherche dotées d'équipement à la fine pointe de la technologie. Plus de 425 personnes y travaillent. L'IRCM est une institution autonome affiliée à l'Université de Montréal et sa clinique est associée au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). L'Institut entretient également une association de longue date avec l'Université McGill. L'IRCM est financé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec.

SOURCE : Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)

Renseignements :

Pour plus d'informations ou pour une entrevue avec le Dr Seidah, veuillez communiquer avec :

Julie Langelier
Chargée de communication (IRCM)
julie.langelier@ircm.qc.ca
(514) 987-5555

Lucette Thériault
Directrice des communications (IRCM)
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