Un chauffeur d'autobus perd son emploi après avoir parlé à des journalistes

MONTRÉAL, le 31 mai 2016 /CNW Telbec/ - Alors que les députés de l'Assemblée nationale débattent du projet de loi 87 sur la protection des divulgateurs d'actes répréhensibles dans les organismes publics, un nouveau cas de sonneur d'alarme puni pour avoir parlé aux médias inquiète la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Le 13 mai, un chauffeur d'autobus qui travaillait à la Société de transport de Laval (STL) depuis près de trente ans, Richard Ouimet, a été congédié pour avoir parlé au Journal de Montréal et à la chaîne LCN de « l'enfer » dans lequel lui et ses collègues travaillaient depuis 2013. M. Ouimet est l'ex-président du syndicat des 550 chauffeurs d'autobus de la STL. Il avait dénoncé le climat de « peur » que les chauffeurs subissaient en raison d'un conflit interne portant sur leur affiliation syndicale, conflit dans lequel M. Ouimet était lui-même impliqué.

Le Journal de Montréal avait rencontré huit chauffeurs, en avril, dont six avaient demandé l'anonymat, par peur de représailles. Tous évoquaient le même climat d'intimidation. Certains affirmaient ne plus sortir de leur autobus pour manger, par crainte d'être attaqués physiquement ou verbalement par des collègues. Plusieurs avaient été témoins d'agressions physiques sur des chauffeurs, hommes et femmes confondus. M. Ouimet avait raconté au journaliste Christopher Nardi qu'un chauffeur avait foncé sur un de ses collègues avec son véhicule et que ce collègue avait eu peur pour sa vie. Il avait ensuite ouvertement critiqué la gestion de la STL sur les ondes de LCN, l'accusant de se mettre « la tête dans le sable ».

Dans sa lettre de congédiement, la STL a justifié son renvoi en expliquant qu'il avait contrevenu au code d'éthique en « entachant grandement la réputation de la société » avec ces « deux sorties publiques dans les médias ».

Est-ce de l'intérêt des citoyens de Laval, qui financent, par leurs taxes, la STL, de savoir que les chauffeurs travaillent dans un climat d'intimidation et que certains craignent pour leur sécurité physique? Bien évidemment. Est-ce que l'employé avait agi dans l'intérêt public en parlant aux journalistes du Journal de Montréal et de LCN de cette situation alarmante à la STL? Certainement. Son congédiement pour avoir parlé aux médias pourrait-il créer un effet de bâillon sur les autres chauffeurs qui subissent de l'intimidation et qui auraient voulu que le public le sache? Sans aucun doute.

Pourquoi, alors, n'existe-t-il pas de mécanisme pour protéger un tel employé de la fonction publique contre des représailles aussi dévastatrices que la perte de son gagne-pain?

Il revient au gouvernement de légiférer dans l'intérêt des citoyens, en protégeant les sonneurs d'alarme qui ont le courage de parler aux journalistes, même s'ils contreviennent au code d'éthique interne d'un organisme qui souhaite protéger sa réputation.

La FPJQ demande, depuis plusieurs années, que les lanceurs d'alertes qui se tournent vers les journalistes soient protégés. Elle l'a réitéré en février dernier, lors de sa présentation à l'Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi 87. Cette protection des divulgateurs qui parlent aux médias, la base d'une société transparente et démocratique, n'apparaissait pas, à ce moment, aux Orientations du nouveau projet de loi du gouvernement Couillard. Malheureusement, les amendements proposés par le gouvernement à la suite des audiences publiques n'offrent toujours aucune protection pour ceux qui osent parler aux journalistes. Par ailleurs, le projet de loi ne couvre pas les employés des organismes municipaux et paramunicipaux, une aberration dans un contexte où la corruption qui a gangrené les villes de Montréal et de Laval notamment, est aujourd'hui connue. Il offre uniquement une protection aux employés de certains secteurs qui chemineront dans une structure encadrée par l'État. Ceux qui parleront au vu et su de tous pourront continuer d'être punis.

La nécessité de protéger les sources journalistiques figurait parmi les recommandations du rapport Charbonneau. Le projet de loi 87 n'en tient pas compte. Il représente plutôt une occasion ratée pour le gouvernement d'agir, comme il prétend vouloir le faire depuis son arrivée au pouvoir, en faveur de la transparence et de l'imputabilité.

 

SOURCE FEDERATION PROFESSIONNELLE DES JOURNALISTES DU QUEBEC

Renseignements : Lise Millette, présidente de la FPJQ, 514-522-6142

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