Toute première politique de souveraineté alimentaire : les attentes des producteurs agricoles

QUÉBEC, le 20 mars 2013 /CNW Telbec/ - L'Union des producteurs agricoles réclame depuis longtemps une politique de souveraineté alimentaire. « Selon nous, les États doivent reconnaître la spécificité de l'aliment et de l'agriculture dans leur politique nationale. Le projet actuellement en préparation au Québec s'inscrit dans cette voie et il va sans dire que l'Union des producteurs agricoles appuie la démarche », a déclaré le président général de l'Union, M. Marcel Groleau.

Les partenaires de la filière agroalimentaire seront réunis en séance de travail, le 22 mars prochain, à Québec, en prévision de l'adoption de la première politique de souveraineté alimentaire du Québec.

La population mondiale atteindra 9 milliards de personnes en 2050. Nous devrons tous relever le défi alimentaire que pose cette croissance démographique, d'abord sur nos marchés pour offrir à  nos concitoyens ce qu'il y a de meilleur et de mieux. Produire PLUS, produire MEILLEUR et produire MIEUX, voilà notre ambition, trois cibles permettant de se positionner sur tous les marchés.

PLUS de produits du Québec

L'agriculture et la transformation alimentaire représentent un secteur clé de notre économie avec ses 193 000 emplois, sa contribution de 16,3 milliards $ au produit intérieur brut (PIB), et ses 3,4 milliards $ en revenus de taxation et de parafiscalité. « Le secteur agroalimentaire constitue une impressionnante locomotive économique pour le Québec et ses régions. Pour maintenir son effet de levier et demeurer compétitif sur les marchés, surtout dans un climat nordique, il doit compter sur des programmes comparables à ce qu'offrent les autres pays. Les récentes coupures du gouvernement fédéral dans la gestion des risques des entreprises agricoles sont inquiétantes, notamment pour des secteurs comme la production maraîchère, l'acériculture, la production en serre et l'horticulture. Tous des secteurs offrant un grand potentiel de développement. Une politique de souveraineté alimentaire québécoise doit veiller à ce que tous les secteurs puissent compter sur des programmes pour faire face aux risques inhérents à l'agriculture.

La politique québécoise de souveraineté alimentaire devra insuffler un vent de confiance et d'optimisme, propice à de nouveaux investissements, et intéresser nos jeunes à faire carrière en agriculture comme en transformation alimentaire. Les plans de développement sectoriels et les plans de développements de la zone agricole (PDZA) sont de puissants outils pour stimuler la croissance, la cohésion et la coordination des différentes productions. Il faut que le soutien à leur réalisation soit offert à tous les secteurs de production et à toutes les MRC du Québec.

Produire MEILLEUR jusque dans nos assiettes

Les normes québécoises de qualité, de salubrité et de traçabilité figurent parmi les plus exigeantes. Les producteurs et l'industrie ont investi depuis nombre d'années pour s'y conformer et assurer à nos consommateurs des aliments de grande qualité. Le logo Aliments du Québec est le gage de cette authenticité. Il est grand temps d'investir davantage dans le déploiement et la promotion de notre logo, comme le fait l'Ontario avec sa campagne Food Land.

Nous savons que la part qu'occupent les produits issus de l'agriculture québécoise dans nos assiettes est d'environ 33 %. La première ministre s'est donnée comme objectif d'augmenter cette proportion de façon ambitieuse. Chaque point de pourcentage de plus d'agriculture québécoise dans nos assiettes se traduit par une augmentation d'environ 75 millions $ des ventes de nos producteurs pour le marché québécois, autant de retombées pour l'économie de nos régions. Les Québécois doivent avoir accès à nos produits. Les consommateurs sont les premiers à se plaindre de la difficulté à identifier les aliments québécois dans les chaînes de distribution alimentaire. Il est essentiel que la traçabilité de nos produits soit appliquée de la terre à la table et que la provenance des produits soit bien indiquée si on veut que les Québécois fassent « Toujours le bon choix », comme le dit le slogan d'Aliments du Québec.

Le gouvernement doit exiger que chaque distributeur alimentaire sur le territoire québécois  développe et adopte une politique favorisant l'achat local. Le gouvernement devra en faire autant pour le marché institutionnel. Les écoles, hôpitaux et autres institutions gouvernementales doivent se doter de politique d'achat local. Les déclarations répétées de Mme Marois et de M. Gendron à ce sujet nous permettent d'espérer des initiatives intéressantes pour augmenter le nombre et la visibilité des produits québécois sur nos tablettes et dans nos assiettes », a déclaré le président général de l'Union, qui est en attente à cet égard.

MIEUX protéger nos ressources et nos terres

La protection des ressources que sont l'eau et les terres agricoles est essentielle à la pérennité du secteur agroalimentaire québécois. À cet égard, l'Union préconise la mise en place de mesures pour soutenir les agriculteurs dans la réalisation de projets collectifs de gestion de l'eau à l'échelle des bassins versants. Les interventions doivent être  concertées  et comprises par les producteurs qui seront interpellés au premier plan. Le soutien financier  des mesures exigées est primordial pour assurer qu'on cesse d'exiger toujours plus de nos producteurs que de ceux des pays voisins, faute de règle de réciprocité.

L'UPA croit aussi que la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA) doit être appliquée de façon cohérente et rigoureuse par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Les demandes de dézonage n'ont jamais été aussi importantes. L'an dernier, c'est près de 4 000 hectares de terres agricoles que le Québec a perdus, principalement au profit de l'étalement urbain.

À cela s'ajoute maintenant le phénomène d'accaparement des terres agricoles qui risque de prendre de l'importance compte tenu de la rareté de cette ressource.  Dans la dernière année, deux rapports de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) ont apporté un éclairage saisissant sur le phénomène d'accaparement des terres agricoles en identifiant, notamment, les pratiques spéculatives de plusieurs acteurs financiers ici même au Québec. Il est donc nécessaire d'agir pour freiner ce phénomène, qu'il soit d'origines domestique ou étrangère, et d'assurer que les producteurs agricoles, mais surtout la relève, aient accès à la propriété des terres dans le futur.

« Cette vocation nourricière et le défi d'en assurer la continuité motive fortement les agriculteurs de demain », a commenté le président de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), M. Alain Audet, précisant que les jeunes de la relève sont optimistes en raison, notamment, des belles perspectives d'avenir offertes par le secteur agricole. Ces derniers doivent toutefois pouvoir compter sur des programmes d'envergure favorisant l'établissement de la relève et le transfert des fermes.

Vers une véritable souveraineté alimentaire

La spécificité du secteur agricole et alimentaire est une chose connue, mais pas toujours reconnue. Par l'adoption d'une politique de souveraineté alimentaire, le Québec envoie un message clair : cessons de considérer l'aliment comme un simple objet. Reconnaissons sa spécificité. Un pays ne pourra jamais céder sa souveraineté en matière de sécurité alimentaire, malgré toutes les ententes commerciales signées. On l'a vu lors de la crise alimentaire de 2008.

« Nous demandons donc au Québec la mise en place d'un Secrétariat à la spécificité alimentaire. Ce secrétariat aura la responsabilité de proposer une convention internationale sur l'agriculture et l'aliment et d'en faire la promotion. Il faut ouvrir un véritable débat sur la sécurité alimentaire, l'environnement et la protection des ressources essentielles à la production alimentaire. Dans le dossier de la diversité culturelle, le Québec a fait la différence et nous croyons qu'il peut à nouveau prendre le leadership dans le dossier de la spécificité alimentaire », a déclaré le président de l'UPA.

« Le gouvernement du Québec doit développer le réflexe de travailler avec les intervenants du secteur et, ainsi, bénéficier de leur expertise. La mobilisation de l'ensemble des agriculteurs autour du projet de politique de souveraineté alimentaire est un atout de taille pour le gouvernement. Cette capacité de mobilisation représente l'une des plus grandes forces de notre organisation. Elle en est même sa raison d'être », a conclu Marcel Groleau.

SOURCE : Union des producteurs agricoles

Renseignements :

Source :
Éliane Hamel
Directrice, Service des communications
Union des producteurs agricoles
Téléphone : 450 679-0540, poste 8235

Information :
Patrice Juneau
Conseiller aux affaires publiques
Union des producteurs agricoles
Téléphone : 450 679-0540, poste 8591


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