Tourisme médical : un vrai remède ou une pilule amère?

FAITS SAILLANTS  

  • Le tourisme médical, qu'il émane de personnes cherchant à se faire soigner ou de pays souhaitant fournir ces soins, suscite depuis quelques années un engouement croissant à l'échelle mondiale.
  • En procédant à quelques essais prudents, nous pourrions mieux déterminer si le tourisme médical constitue un atout ou un inconvénient pour le Canada.
  • Le nombre de Canadiens se rendant à l'étranger pour recevoir un traitement médical (447 M$ de dépenses en 2013) est supérieur à celui des touristes étrangers qui viennent se faire soigner au Canada (150 M$ de dépenses pour la même année).

OTTAWA, le 9 avril 2015 /CNW/ - Le tourisme médical, qu'il émane de personnes cherchant à se faire soigner ou de pays souhaitant fournir ces soins, suscite un intérêt grandissant à l'échelle mondiale depuis quelques années. En théorie, le tourisme médical pourrait stimuler l'économie canadienne et générer des recettes qui contribueraient à subventionner les soins de santé publics. Toutefois, le Canada doit agir lentement et prudemment afin d'examiner les avantages et les risques qu'il y aurait à encourager le commerce de ce type de services.

Dans un nouveau rapport intitulé Les hôpitaux canadiens devraient-ils s'ouvrir au tourisme médical?, le Conference Board du Canada examine la situation actuelle du tourisme médical au Canada et à l'étranger, ainsi que les possibles avantages et risques qui y sont associés, comme une augmentation des temps d'attente et la création d'un système à deux vitesses pour les hôpitaux et le système de santé canadiens.

« Le Canada, qui investit plus de 200 G$ par an dans les soins de santé, s'est forgé une expertise et une expérience considérables dans un vaste éventail de domaines. Cet investissement massif pourrait servir à développer notre économie et à générer des recettes qui seraient réinjectées dans notre système de soins de santé, soutient Louis Thériault, vice-président, Politiques publiques (Conference Board du Canada). Cependant, pour que le Canada continue de développer son secteur du tourisme médical, il faut s'assurer d'y parvenir sans compromettre l'accès des Canadiens aux soins de santé. »

« L'une des questions essentielles est de savoir si le tourisme médical peut améliorer l'accès aux soins de santé et la qualité des soins fournis au Canada, tant pour les Canadiens que pour les patients étrangers », indique le Dr Ronald Labonté, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la mondialisation et l'équité en santé à l'Université d'Ottawa, et coauteur du rapport susmentionné.

Selon Patients Without Borders, environ 11 millions de personnes voyagent à l'étranger afin de se faire soigner. Le marché mondial s'accroît à un rythme de 15 à 25 % par an et sa valeur est estimée entre 38,5 G$ et 55 G$. De nombreux pays d'Asie ayant fait activement la promotion du tourisme médical depuis dix ans sont devenus les principales destinations des touristes médicaux, tandis que des pays d'Amérique latine et du Moyen-Orient ont développé des installations hospitalières spécialement destinées à attirer des patients d'autres pays.

À l'heure actuelle, le nombre de Canadiens se rendant à l'étranger pour recevoir un traitement médical (447 M$ de dépenses en 2013) est supérieur à celui des touristes étrangers qui viennent se faire soigner au Canada (150 M$ de dépenses pour la même année). Par rapport à d'autres pays, ces chiffres restent relativement faibles. Le Canada a la possibilité de devenir une destination privilégiée pour les patients des États-Unis grâce à la langue, la proximité et la sécurité. Cependant, il devra agir de manière judicieuse et prudente s'il décide de lancer et de développer ce secteur.

En général, un pays a trois grandes raisons de développer le secteur du tourisme médical : stimuler son économie, générer des recettes pour l'amélioration des soins de santé et accroître l'efficience.

De leur côté, les détracteurs du tourisme médical au Canada affirment que cela augmenterait les temps d'attente, placerait le Canada sur la pente dangereuse de la privatisation et d'un système à deux vitesses, et irait à l'encontre des valeurs canadiennes comme l'équité et l'universalité en encourageant la commercialisation des soins de santé.

Si l'on tient compte des avantages et des inconvénients avancés à propos du tourisme médical, l'ouverture des hôpitaux canadiens aux patients étrangers pourrait être envisageable, à condition de respecter les principes suivants :

  • Les Canadiens doivent avoir l'absolue priorité pour l'accès aux soins;
  • Les hôpitaux doivent établir des domaines précis dans lesquels ils ont la capacité d'étendre leurs services;
  • Il faut se concentrer sur les domaines dans lesquels le Canada possède un avantage concurrentiel;
  • Les patients étrangers doivent payer plus cher que les Canadiens;
  • Les lignes directrices doivent être respectées et l'accès aux soins fournis par le système de santé doit être amélioré;
  • Le nombre de patients traités et les recettes perçues doivent faire l'objet de rapports.

 

Ce rapport est publié par l'Alliance canadienne pour des soins de santé durables du Conference Board du Canada. Créée en 2011, l'Alliance canadienne pour des soins de santé durables est un programme de recherche et de dialogue qui étudie divers aspects des enjeux associés aux soins de santé au Canada, dont le financement, la santé en milieu de travail et les institutions, afin de produire des analyses qualitatives et quantitatives prospectives et de proposer des solutions qui contribueront à la durabilité du système de santé canadien.

Le Conference Board du Canada animera un webinaire le 5 mai 2015 à 11 h (HAE) sur le thème Medical Tourism: An Opportunity for Canada? (Le tourisme médical : un débouché pour le Canada?).

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SOURCE Le Conference Board du Canada

Renseignements : Sara-Lynne Levine, Relations avec les médias, Le Conference Board du Canada, Tél. : 613-526-3090, poste 294, Courriel : corpcomm@conferenceboard.ca ou Juline Ranger, codirectrice, Communications, Le Conference Board du Canada, Tél. : 613-526-3090, poste 431, Courriel : corpcomm@conferenceboard.ca ; Pour les personnes intéressées par des entrevues de qualité professionnelle pour leur station, leur réseau ou leur site Internet, le Conference Board du Canada est maintenant équipé d'un studio qui permet des entrevues en duplex (frais de ligne facturés). Nous pouvons aussi vous envoyer sur demande des séquences préenregistrées. Si vous souhaitez que votre nom soit retiré de notre liste d'envoi, veuillez adresser un courriel à corpcomm@conferenceboard.ca.


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