Sri Lanka - Nouvelles menaces contre la presse privée

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MONTRÉAL, le 27 oct. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières appelle les autorités sri lankaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour enquêter sur les récentes menaces dont ont été victimes deux journalistes du groupe de presse Leader Publications. "Nous allons vous trancher si vous n'arrêtez pas d'écrire", menace l'auteur de cette lettre adressée à Frederica Jansz et Munza Mushtaq. Par ailleurs, des responsables de publication ont été interrogés par la police sur leurs sources, ce qui représente une nouvelle atteinte au principe d'indépendance éditoriale.

"La police doit traiter avec le plus grand sérieux ces menaces de mort écrites à l'encre rouge et envoyées à deux journalistes dont le groupe de presse a été victime de multiples attaques. Nous demandons aux services de police d'identifier et d'arrêter les auteurs de ces missives. Il est par ailleurs urgent que les autorités ordonnent aux forces de sécurité de cesser les convocations et les interpellations intempestives de journalistes, et d'enregistrer les plaintes des professionnels des médias lorsqu'ils sont agressés", a demandé l'organisation.

Le 27 octobre 2009, Frederica Jansz, rédactrice en chef de l'hebdomadaire Sunday Leader, va se rendre au commissariat de Mount Lavinia pour déposer une plainte suite à des lettres de menaces de mort. Elle et sa collègue Munza Mushtaq ont reçu, le 22 octobre, des courriers écrits à l'encre rouge (voir photo). Ces menaces pourraient être liées à la couverture par l'hebdomadaire de l'affaire de la vidéo montrant des militaires sri lankais exécutant des hommes désarmés.

Interrogée par Reporters sans frontières, Frederica Jansz a expliqué que ces lettres ressemblaient à celles reçues par l'ancien directeur de publication du Sunday Leader, Lasantha Wickrematunge, trois semaines avant son assassinat en janvier 2009. "J'ai adressé un courrier au commissariat précisant la nature de ces menaces, mais les services de police ne m'ont même pas contactée (...) Il y a plusieurs mois le directeur du Sunday Leader avait évoqué ces menaces persistantes lors d'un entretien avec le chef de l'Etat. Celui-ci avait demandé à l'un de ses collaborateurs de suivre cette affaire. Mais, depuis, rien", a expliqué la journaliste.

Frederica Jansz et Leader Publications doivent également affronter trois plaintes en justice déposées par Gotabaya Rajapaksa, secrétaire d'Etat à la Défense, dont une pour "outrage à la cour". En effet, Frederica Jansz avait publié un portrait de lui dans l'hebdomadaire alors qu'un juge avait statué que le groupe de presse ne devait rien publier concernant le frère du président. Dans cette affaire, les avocats du groupe de presse ont été accusés d'être des "traîtres" par le site Internet du ministère de la Défense. Un autre site lié au ministère de la Défense a qualifié de "prostitution" certains commentaires de Frederica Jansz dans la presse étrangère.

Dans une autre affaire, Chandana Sirimalwatta, directeur du journal Lanka Irida, a été interpellé, le 17 octobre 2009, par la police à Colombo pour l'interroger au sujet des sources d'un article sur les tensions entre le chef de l'Etat et le chef des armées, le général Fonseka. La veille, des policiers s'étaient rendus dans les locaux du journal pour arrêter le directeur.

Le 20 octobre, le Bureau d'information du gouvernement a menacé de "blacklister" les médias électroniques qui spéculent sur des tensions au sein de l'Etat.

Par ailleurs, des militants du parti au pouvoir ont agressé, le 4 octobre, des journalistes qui accompagnaient des membres de l'opposition tentant de s'approcher d'un "palais" construit avec des fonds publics par un membre de la famille du chef de l'Etat. Cinq journalistes ont été légèrement blessés. Interrogé par Reporters sans frontières, l'un des reporters a déclaré que le commissariat de police de Matara avait refusé d'enregistrer sa plainte.

Quelques jours auparavant, trois journalistes du quotidien Lanka Irida avaient été interpellés par la police, accusés de "terrorisme", près de cette demeure controversée. Ils ont été libérés sous caution, mais leurs équipements professionnels ont été confisqués.

SOURCE Actualités - Médias

Renseignements : Renseignements: Bureau de Reporters sans Frontières, (514) 521-4111, rsfcanada@rsf.org

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