Se sortir de l'endettement : « Maintenant, je refuse toutes sortes de sollicitations, mais ce n'est pas facile de les ignorer, car ils vendent du rêve. »

MONTRÉAL, le 25 nov. 2013 /CNW Telbec/ - La 10e édition de la campagne annuelle de sensibilisation au crédit et à l'endettement « Dans la marge jusqu'au cou! » se déroule du 25 au 30 novembre à la grandeur du Québec. À cette occasion, la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) et les associations de consommateurs tiennent à rappeler qu'elles sont une ressource neutre de premier plan pour soutenir les consommateurs en matière de gestion budgétaire et de crédit. Elles unissent leur voix pour lancer un appel à la population : n'attendez pas d'être « dans la marge jusqu'au cou ».

« Dans les associations de consommateurs, il n'est pas rare de rencontrer des citoyens aux prises avec de graves difficultés financières, bien au contraire », affirme Mme Michèle Goyette, conseillère budgétaire et porte-parole de la campagne. « Trop souvent, les gens croient que tant que leurs demandes de crédit sont acceptées, ils n'ont pas de problèmes d'endettement. » Conséquemment, il est parfois déjà trop tard sur le plan financier lorsqu'une personne décide d'entrer en contact avec une association de consommateurs. Des solutions radicales s'imposent alors.

Un sondage maison, réalisé par la CACQ dans le cadre de la campagne et mené auprès de 538 répondants, révèle que la consolidation, la proposition du consommateur et la faillite sont les solutions aux dettes que 79,45 % des personnes interrogées connaissent le plus. « Malheureusement, ces trois démarches sont les plus radicales et sont inévitables en cas de dernier recours », soulève Mme Goyette. Elle explique pourtant que d'autres options moins extrêmes sont possibles pour gérer un problème d'endettement et qu'elles gagneraient à être connues. « La consultation budgétaire fait généralement réaliser aux gens l'ampleur de la situation et la planification budgétaire permet d'adopter de nouvelles habitudes de consommation. N'empêche, il faut que les consommateurs viennent nous rencontrer rapidement. Vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit! ».

« Toutefois, on ne rejette pas seulement la faute sur les consommateurs. » D'après la porte-parole de la campagne, les émetteurs de crédit renvoient la responsabilité uniquement au consommateur pour bien gérer l'utilisation du crédit, une situation que déplorent grandement les associations de consommateurs. À la CACQ, on parle de responsabilité partagée. L'émetteur de crédit doit évaluer la réelle capacité de remboursement des emprunteurs. « Ce n'est vraiment pas ce qu'on constate sur le terrain », précise la porte-parole de la campagne. Mme Goyette ajoute aussi que « les institutions financières n'ont pas comme objectif premier de faire de l'éducation aux finances personnelles, bien que le réflexe de plusieurs personnes endettées soit de rencontrer un conseiller de leur institution. » D'ailleurs, les résultats de l'enquête effectuée par la CACQ viennent appuyer ce fait. Concrètement, 48,8 % des répondants ayant déjà consulté pour des problèmes d'endettement se sont tournés vers leur conseiller financier et 55,8 % feraient appel à cette ressource en cas de besoin.

Une consommatrice a été confrontée exactement à ce type d'obstacles. C'est en désirant inciter les consommateurs à agir rapidement pour se reprendre en main financièrement que cette personne témoigne de son cheminement vers le surendettement : « Enfin un nouvel emploi stable. Voilà que je commence à accepter les offres de cartes de crédit pour m'acheter des meubles, avoir l'impression de vivre un peu mieux, mais sans me rendre compte que les dettes s'accumulent. C'est ainsi que je remplis les demandes de crédit tout en me disant que j'ai les moyens de rembourser. » Préférant rester dans l'anonymat, elle poursuit : « Arrive l'achat de ma première voiture neuve, je suis emballée! Le vendeur m'annonce que je ne passe pas au crédit, mais qu'il y a une autre institution financière qui serait prête à me financer. Par contre, ce qu'il omet de me dire, c'est que le taux d'intérêt est beaucoup plus élevé. » Les difficultés se succédant, cela a poussé la consommatrice à se poser des questions sur son problème de surconsommation. « Pas question de demander de l'aide, j'avais la fierté de me débrouiller seule depuis longtemps dans la vie. J'ai finalement pris mon courage à deux mains et j'ai demandé à rencontrer un conseiller d'une association de consommateurs près de chez moi. Je me suis malheureusement rendue à l'évidence que j'étais dans la marge jusqu'au cou et j'ai dû entreprendre les démarches menant à la faillite. » Avec du recul, elle déclare : «Quand j'y repense aujourd'hui, je constate que j'ai été très négligente, même que je me suis caché la tête dans le sable. Maintenant, je refuse toutes sortes de sollicitations, mais ce n'est pas facile de les ignorer, car ils vendent du rêve. Aujourd'hui, j'ai toujours des rêves… mais à la hauteur de mes moyens! »

Michèle Goyette invite donc la population à profiter de la campagne « Dans la marge jusqu'au cou! » pour participer aux différentes activités gratuites organisées par les associations de consommateurs. En plus du Défi crédit, auquel peuvent s'inscrire les consommateurs jusqu'au 20 décembre, des ateliers, des conférences, des cafés-causerie et d'autres activités sont offerts partout au Québec. La consommatrice ayant consulté une association de consommateurs pour ses problèmes d'endettement profite également de cette occasion pour interpeler les citoyens : « Je souhaite à tout le monde d'agir maintenant! Il n'est jamais trop tard pour se reprendre en main financièrement. »

Pour en savoir davantage sur les façons d'éviter d'être dans la marge jusqu'au cou, consultez le site Web de la campagne, au www.danslamargejusquaucou.com. Vous vivez des problèmes d'endettement? N'hésitez pas à communiquer avec les associations de consommateurs du Québec ou téléphonez sans frais au 1 877 962-2227.

Organisée par la CACQ en collaboration avec les associations de consommateurs du Québec, cette campagne est réalisée avec le soutien administratif et financier de l'Office de la protection du consommateur. Elle est également rendue possible grâce à la contribution de Zoom Média et de Protégez-Vous.

La Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) est un regroupement de plus d'une vingtaine d'associations de consommateurs, réparties à travers tout le Québec, qui vise la promotion et la défense des intérêts des consommateurs.

Membres de la CACQ 
ACEF de l'Outaouais, ACEF de la Péninsule, ACEF de Québec, ACEF des Basses-Laurentides, ACEF des Bois-Francs, ACEF du Haut-St-Laurent, ACEF du Sud-Ouest de Montréal, ACEF Rimouski-Neigette et Mitis, ACEF Rive-Sud de Montréal, APIC Côte-Nord, CRIC de Port-Cartier, CIRCCO, Fonds communautaire des Chenaux, GRAPE, SAAB de Charlevoix-Est, Service budgétaire Lac-Saint-Jean-Est, SBC de Chicoutimi, SBC de Jonquière, SBP de La Baie/Bas Saguenay, SBP des Sources, SBP de Saint-Félicien, Solutions Budget Plus.

SOURCE : Coalition des associations de consommateurs du Québec

Renseignements :

Maude Slater, agente de communication, CACQ
Téléphone : 514 362-8623 | Cell. : 819 531-4680

Les porte-parole de la campagne, Mme Michèle Goyette et M. Jean-Matthieu Fortin, sont disponibles pour des entrevues.

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