Sclérose en plaques et insuffisance vasculaire céphalorachidienne chronique
(IVCC): Le Collège des médecins du Québec encourage la poursuite des
protocoles de recherche mis en place en Amérique du Nord

MONTRÉAL, le 23 juin /CNW Telbec/ - Depuis la publication en décembre 2009 de données préliminaires sur le lien possible entre l'insuffisance vasculaire céphalorachidienne chronique (IVCC) et la sclérose en plaques par l'équipe du professeur Paolo Zamboni à l'Université de Ferrare en Italie, une vague internationale d'intérêt sans précédent a déferlé dans les milieux concernés par cette maladie, en particulier, et de façon bien légitime, de la part des patients qui en sont atteints.

Rapidement, ces données préliminaires ont incité d'autres équipes de recherche, notamment à Buffalo aux États-Unis, à commencer des études pour pousser plus loin l'évaluation de cette hypothèse d'investigation et de traitement.

L'intérêt de l'hypothèse proposée par le professeur Zamboni est suffisamment élevé pour que plusieurs patients prennent pour acquis qu'il s'agit maintenant d'un traitement reconnu par la communauté médicale et réclament des médecins et des autorités de santé d'avoir dorénavant accès aux investigations et aux traitements proposés.

Le Québec et le Canada n'ont pas fait exception à ce mouvement. Au cours du printemps dernier, de nombreux patients atteints ont réclamé et réclament toujours d'avoir accès aux examens et aux traitements qui en découlent. Des médecins, sous l'effet de ces pressions, avaient commencé à offrir certains services avant de se raviser et d'attendre les orientations des experts dans le domaine.

Le comité exécutif du Collège des médecins du Québec, interpellé à cet égard, a pris la décision à la fin avril dernier, de demander l'avis des experts de l'Association des radiologistes du Québec pour les aspects touchant les examens d'investigation (échographie et résonance magnétique) et de l'Association des neurologues du Québec pour les aspects touchant les liens entre l'IVCC, la sclérose en plaques et les traitements proposés.

Les deux associations constatent que les études actuellement disponibles sont préliminaires et qu'elles doivent être validées par des études contrôlées. En effet, ces études n'ont pas de groupes contrôle et ne sont pas effectuées à double insu. Elles ne permettent donc pas de confirmer l'hypothèse proposée par l'équipe du professeur Zamboni. De plus, les études actuelles ne sont pas suffisamment larges (quelques dizaines de patients au lieu des centaines de patients qui seraient requis) pour éliminer l'effet du hasard. En conséquence, la recherche de l'IVCC et son traitement dans le but de traiter la sclérose en plaques reste actuellement une hypothèse de recherche qu'il faut confirmer avant qu'elle soit considérée par la communauté médicale comme une investigation et un traitement reconnus.

Sur l'aspect de l'investigation, les examens proposés ne sont pas standardisés. Les techniques d'échographies et la résonance magnétique ainsi que les normes d'interprétation de ces examens pour cette indication ne sont pas définies et méritent de faire l'objet de protocoles de recherche plus poussés avant de pouvoir être offerts à large échelle. En effet, plusieurs types d'appareils différents ont été utilisés et il n'y a pas d'interprétation normalisée actuellement établie, comme cela nous a été confirmé par l'Association des radiologistes du Québec.

Le professeur Zamboni reconnaissait lui-même les limites de son étude :

    
    "La principale faiblesse de notre étude est qu'elle n'est pas à double
    insu. Il est fort possible qu'un biais puisse jouer un rôle important
    dans l'interprétation des résultats, biais provoqué par l'espoir de
    trouver un moyen de traiter cette maladie chronique. Ces données
    serviront de base à la conception d'un essai multicentrique, aléatoire et
    comparatif dans lequel les évaluateurs des résultats neurologiques ne
    sauront pas quels patients ont reçu le traitement".
    

Devant ces faits, le Collège des médecins du Québec reprend les avis de ses experts québécois et l'opinion du professeur Zamboni à l'effet que l'hypothèse d'un lien entre l'IVCC et la sclérose en plaques est suffisamment intéressante pour mériter l'élaboration rapide de protocoles de recherche plus poussés permettant de confirmer ce lien, s'il y en a un, d'établir les normes d'investigation et de traitement et, si l'hypothèse s'avère fondée, de rendre accessible le plus rapidement possible ce nouveau traitement aux patients qui souffrent de la maladie et qui pourraient en bénéficier.

En effet, lorsque des traitements ne sont pas encore reconnus par la communauté médicale, la voie d'accès à privilégier pour de tels traitements est celui de la recherche, qui permet à la fois d'offrir l'investigation et le traitement aux patients, tout en le faisant en toute sécurité et selon des normes approuvées par les comités d'éthique de la recherche. C'est la voie que préconise de façon générale le Collège des médecins du Québec dans son énoncé de position publié en 2006 intitulé "Le médecin et les traitements non reconnus", accessible dans le site Web du Collège.

Le Collège des médecins du Québec comprend l'impatience des personnes atteintes de cette maladie et salue l'action de la Société canadienne de la sclérose en plaques et de la National MS Society d'avoir récemment investi 2,4 millions de dollars dans sept projets de recherche, dont quatre au Canada, sur le lien entre l'IVCC et la sclérose en plaques. Ces projets de recherche constituent un passage obligé vers l'accès aux investigations et aux traitements proposés par le professeur Zamboni pour les patients atteints de la sclérose en plaques en Amérique du Nord.

Le rôle primordial du Collège des médecins du Québec est de protéger le public et de s'assurer de la qualité de la médecine.

SOURCE Collège des médecins du Québec

Renseignements : Renseignements: Mme Leslie Labranche, Coordonnatrice aux relations publiques, Collège des médecins du Québec, Ligne médias: 514 933-4179, Cellulaire: 514 915-2170


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