Protection accrue contre la fumée secondaire à l'entrée des édifices accueillant le public

MONTRÉAL, le 18 nov. 2016 /CNW Telbec/ - Dans un peu plus d'une semaine, soit à compter de minuit une le samedi 26 novembre prochain, il sera interdit de fumer dans un rayon de 9 mètres de toute porte, prise d'air ou fenêtre qui peut s'ouvrir communiquant avec un lieu fermé qui accueille le public. Ce changement, de même que plusieurs autres mesures d'envergure visant la réduction du tabagisme et de ses méfaits, découlent de la mise en œuvre graduelle de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme qui a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 26 novembre 2015.

« La fumée de tabac aux alentours des entrées d'édifices faisait l'objet d'innombrables plaintes du public. D'ailleurs, les données démontraient que l'exposition aux entrées d'édifices constitue l'une des dernières situations quotidiennes d'exposition à la fumée de tabac, lors de laquelle les gens n'ont d'ailleurs souvent pas le choix que de respirer cette fumée cancérigène, » note François Damphousse, directeur du bureau du Québec de l'Association pour les droits des non-fumeurs.

Depuis 2006, la zone sans fumée à 9 mètres des portes s'applique aux édifices des milieux scolaires et de l'enseignement, de même qu'aux établissements de santé. Dorénavant, cette zone s'appliquera également aux entrées de l'ensemble des édifices accueillant le public, autres que les résidences privées. « La norme sociale tend manifestement vers l'élimination de l'exposition involontaire à la fumée secondaire dans les lieux publics. Déjà, de nombreuses propriétés du domaine privé ont interdit de fumer dans un rayon de 9 mètres de leurs portes d'entrée, bien avant que la nouvelle loi ne les y ait obligées. C'est notamment le cas de grands centres commerciaux comme le Carrefour Laval et de nombreuses tours à bureaux au centre-ville de Montréal, » explique Claire Harvey, porte-parole du Conseil québécois sur le tabac et la santé.

Selon l'enquête la plus représentative de Statistique Canada sur la question (2014), le quart des jeunes Québécois âgés de 12 à 19 ans (25,2 %) déclaraient avoir été exposés à la fumée secondaire dans les lieux publics, alors que ce taux était de 11,5 % pour l'ensemble de la population.

« Aucune raison valable ne justifie de laisser des jeunes, des travailleurs et des clients non-fumeurs être exposés à la fumée de tabac secondaire alors que la littérature scientifique a clairement démontré que cette fumée est nocive, y compris dans certains lieux extérieurs où le public et les travailleurs sont accueillis par des panaches de fumée à l'entrée de certains édifices, » précise Mélanie Champagne, directrice, Questions d'intérêt public de la Société canadienne du cancer - Division du Québec.

« Contrairement à la croyance populaire, la fumée secondaire à l'extérieur peut représenter un risque pour la santé puisqu'elle ne se dissipe pas toujours aussi rapidement qu'on ne le pense. Cette mesure ne répond pas à un simple caprice de la part de parents, mais bien à un risque réel de voir provoquées des crises d'asthme chez les jeunes devant traverser un groupe de fumeurs stationné juste devant les portes d'une bibliothèque, d'un centre aquatique ou même d'un restaurant, » explique Dominique Massie, directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec.

Selon Francine Forget Marin, directrice, Affaires santé et recherche à la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC, Québec, « l'arrivée des nouvelles dispositions réduira l'exposition à la fumée de tabac, ce qui aura des répercussions positives sur la santé cardiovasculaire de nos concitoyens. Il est tout-à-fait pertinent de réduire cette exposition puisque ces entrées sont des voies de passage obligatoires pour le public qui souhaite accéder à des commerces, services et lieux de travail. »

« Il y avait quelque chose de complètement incohérent à voir passer des jeunes ou des étudiants-athlètes à travers la fumée aux portes des arénas et des stades. Comme toutes les interdictions de fumer, celle qui vise les entrées d'immeubles envoie également un message fort de dénormalisation du tabagisme. Cette mesure protège ainsi non seulement la santé des personnes qui doivent traverser ces lieux, mais contribue aussi à réduire le tabagisme des générations futures, » se réjouit Stéphane Boudreau, directeur général adjoint du Réseau du sport étudiant du Québec.

Pour Capsana, qui œuvre auprès du public et des entreprises pour encourager et accompagner les fumeurs à cesser de fumer, cet élargissement des interdictions de fumer aux entrées des édifices où le public a accès sera, pour plusieurs fumeurs, une motivation de plus à se libérer du tabac. « Puisque cette nouvelle mesure touchera de nombreux milieux de travail, nous invitons les organisations à profiter de l'occasion pour soutenir leurs employés qui veulent arrêter de fumer en leur proposant des services d'aide, » ajoute Guy Desrosiers, chef de la direction chez Capsana, l'organisation initiatrice du Défi J'arrête, j'y gagne ! et de Famille sans fumée.

Neuf provinces et territoires interdisent l'usage du tabac aux entrées de tous les lieux de travail et lieux publics, soient l'Alberta, le Yukon, la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick, l'Ile-du-Prince-Édouard, la Saskatchewan, les Territoires-du-Nord-Ouest et le Nunavut. Comme le Québec, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard interdisent aussi de fumer autour des fenêtres des milieux de travail.

Selon les directives du ministère de la Santé et des Services sociaux, l'application de la mesure est plus simple que certains seraient portés à le croire. En effet, « si le rayon de 9 mètres ou une partie de celui-ci excède la limite du terrain sur lequel le lieu est situé, l'interdiction de fumer s'applique uniquement jusqu'à cette limite. Par exemple, l'interdiction de fumer n'est pas applicable si une porte ou une fenêtre communiquant avec un lieu donne directement sur un trottoir municipal, » peut-on lire dans le bulletin d'information en lien avec cet article de la nouvelle Loi.

« Avec l'introduction de cette mesure, tout ce qu'on dit aux fumeurs, en fait qu'à ceux qui ne le faisaient pas déjà, c'est d'aller fumer un peu plus loin qu'aux entrées des édifices. Certains diront qu'on déplace le problème, mais la réalité est que la distance entre le fumeur et le non-fumeur est déterminante quant au risque d'exposition pour ce dernier. De façon générale, les fumeurs se sont démontrés compréhensifs et respectueux face à la mise en œuvre de nouvelles interdictions de fumer, et nous n'avons aucune raison de croire que ce sera différent cette fois-ci, » conclut Flory Doucas, porte-parole et codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Pour voir le communiqué en PDF, avec références, image et annexe complète sur la Loi, cliquer ici :
http://www.cqct.qc.ca/Communiques_docs/2016/PRSS_16_11_18_EntreeEnVigueur_9m.pdf

Entrevues :

- François Damphousse, Association pour les droits des non-fumeurs, (514) 843-3250


- Mélanie Champagne, Société canadienne du cancer - Division du Québec, 514-255-5151


- Dominique Massie, Association pulmonaire du Québec, 514 975-5382


- Claire Harvey, Conseil québécois sur le tabac et la santé, 514 948-5317 #229


- Francine Forget Marin, Fondation des maladies du cœur et de l'AVC, 514 871-8038, poste 291


- Stéphane Boudreau, Réseau du sport étudiant du Québec, 514-746-5815


- Guy Desrosiers, Capsana, 514 985-2466, poste 231


- Flory Doucas, Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, 514-515-6780

 

SOURCE Coalition québécoise pour le contrôle du tabac


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